Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Coffee company et autres lieux secondaires

J’évoquais hier une exposition honnête qui ne justifiait pas, en revanche, de se déplacer à Groningen. J’en évoquerais cinq autres dans ce billet, dont l’ampleur limitée ne mérite pas un billet pour chacune, qui se tenaient toutes dans des lieux de vie plutôt que dans des galeries. Pour une fois, je n’ai pas cherché les sites web des auteurs.

Coffee company c’est un cafe et il n’était pas indispensable d’y aller pour voir 5 photos de voyage de Harry Bos dans les Balkans (j’ai cru que c’était en Italie) installées dans le couloir menant aux wc. Chez Boekhandel Van der velde (une librairie), il n’était pas nécessaire d’aller voir de jolis paysages naturels de carte postale par Huib Ebbinge qui occupaient le 1er étage partagés avec des poteries contemporaines et des livres d’art.

Wallstreet studio n’a rien à voir avec la Bourse mais avec une rue chaude (sex shop et prostituées en vitrine – enfin bon, il y a une vitrine et un sex-shop, on est à Groningen, pas à Amsterdam). La "galerie" (une sorte de garage) abritait le travail de Walburgis Meijers: de toutes petites photos abstraites tres colorees avec pleins de ronds. Très joli. Drukkerij De Marge montrait 5 photos panoramiques de châteaux par Rein Paalman. Joli aussi.

Chez Aat#, on se retrouvait même chez l’habitant, Ada w. Sluiter, qui montrait ses photos de voyage en Afrique (un an à vélo), une dame bien sympathique par ailleurs qui porte des dreadlocks et accueille le visiteur en français (c’est toujours appréciable).

Enfin, chez Prentwerk art & artbooks, où l’on vend et achète de la musique de jazz, de vieux disques, de vieux livres d’art et de photos  on trouve les oeuvres de Wolfgang Eichler (des prostituées ?) en tirage de 100 donc à seulement 275 euros (son site ici).

Bref, une sorte de Off de Noorderlicht, bien aimable mais pas indispensable à voir non plus.

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Pictura

Voici venue l’heure du dernier article sur Noorderlicht 2009 et ce n’est pas l’exposition la plus modeste (en nombre), au contraire, avec presque 20 auteurs.

Comme sur d’autres sites, on croit que c’est petit de prime abord mais c’est une erreur. Il s’agit encore de photos d’étudiants de divers domaines de la photographie, cette fois le travail de fin d’année de la FotoAcademie d’Amsterdam. Je ne mentionne ici que les auteurs ayant un site web individuel en état de marche où figure autre chose qu’une carte de visite. L’ensemble des diplômés et de leur travaux sont de toute façon visibles sur un site collectif, ici.

Esther Buitenhuis (site ici) bâtit des compositions géométriques abstraites en diasec tandis que Gneomar van Nispen (site ici) aboutit à un résultat proche en figeant des fluides colorés en mouvement. Marjolein de Rijk (site ici) montrait des portraits aux nombreuses superpositions, très retravaillés. Marc Driessen (site web ici) montrait de banales scènes de rue. Marc Kruse (site ici) nous gratifie de photo sombres et voilées où on distingue à peine un corps féminin. Angeline Swinkels (site ici) montre  3 photos dans une communauté de hippies (enfin on dirait) et Feiko Koster (ici), un genre de gothique revisitant la bible. Katinka Schreuder (site ici) montre des panoramiques de rue où passent des gens avec des surimpressions ou reflets adroits. Paulien Kluver (site ici) montrait untrès grand portait dans l’escalier.

Karin Kohnstamm (site ici) exposait trois portraits ravissants assortis à des fleurs et Kim Mandemaker (site ici) des portraits de mode très réussis.

Tout cela au final n’est guère convainquant et les sites web ne le sont pas plus: c’est très étrange d’être si dubitatif avec le recul alors que sur le coup, l’ensemble m’avait plutôt séduit. Il est vrai que les sites web sont très approximatifs et véhiculent une impression d’amateurisme vieillot.

Deux auteurs m’ont rappelé d’autres photographes.  Eelco Hofstra (site ici) montrait un travail proche de celui de Metzger avec des vues de voiture de nuit, immobile, feux allumés sauf qu’il s’agit là de création publicitaire. Et dans le travail de Marianne Berkhoff (site ici), avec ses poulets et dindes seules ou en groupe, on se croirait (un peu) chez Petitprez, que je préfère toutefois.

Les 4 derniers m’ont semblé plus intéressants.

Peter Paul Schouten(site ici)  montrait des espace géométriques presque blancs habités parfois d’une frêle silhouette humaine floue. C’est pas mal mais le site web, pourtant pas en flash, ne permet pas de lier les images.

Dans la même veine "du blanc",  Nadine van Den Berg (site ici) montre des paysages urbains… très blancs où evolue un personnage en blanc.

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Cbk Trompsingel

Pour cette dernière ligne droite à Groningen, nous allons évoquer l’exposition War machines (curator: Wim Melis) qui fait partie du programme principal et se déroule chez Cbk Trompsingel (à coté de l’église c’est Cbk filiaal dont j’ai parlé dans ce billet ici):

Le site est immense et s’étend, dans une loggia, avec des oeuvres sans rapport avec l’exposition qui sont accrochées ou simplement stockées sur la tranche avec un prix: voir ainsi des oeuvres présentées comme des marchandises ordinaires est plutôt original mais ce n’est pas là le cœur du sujet (de surcroit, je n’ai pas trouvé de site web pour les photographes exposés à l’étage sauf celui de Philip Provily).

L’exposition décline à merveille son titre et ce ne sont que des machines de guerre qui nous sont montrées, avec une prédilection pour les missiles et bombes et l’exposition ne s’est pas limitée à la seule photographie même si c’est le principal medium retenu par les auteurs présenté. C’est Robert Hirsch (site ici) qui se montrait le plus audacieux avec une installation regroupant un microscope et une multitude de petites images avec une légende au dos. A l’autre extrémité du spectre, deux japonais (6 photos) montraient Hiroshima et Nagasaki (ruines fumantes et cadavres) dans une petite pièce isolée: c’est là la seule incursion "historique",  l’ensemble présenté est résolument contemporain.

Gabriel Jones (son site très complet ici) hésite entre paysage et nature morte avec ses restes de missiles abandonnés en pleine nature (série irhann). Il fait partie des 1ers photographes que j’ai découvert quand j’ai commencé à m’intéresser au sujet, il s’agissait de sa série SOMEWHERE ON TIME.

P.w. Voigt (site ici) exposait un extrait de série strangelove: un meeting aérien, un avion sous l’eau, une maquette de bombe et, surtout, des photos de missiles en élévation accrochés sur les 4 faces d’un "totem". Un travail sur la perception du public des armes en temps de paix.

Après les missiles décédés (Jones) et les bien vivants (Voigt), c’est au tour de missiles empaillés vus par Paul Shambroom (site ici) qui nous les montre aux Etats-Unis, utilisés comme décoration ou mémorial.

Simon Roberts montre 3 photos extraites d’un vaste travail sur l’armée rouge qui montrent un "parc a armes" ou l’on peut se photographier a cote d’un missile. Cet auteur a été beaucoup exposé pour son projet we english. Son site principal (ici) renvoie à des sites par projet. Il est représenté par Klompching à New York et The photographer’s Gallery à Londres, deux galeries qu’on aime bien.

Simon Norfolk (site ici) exosait une partie de sa série full spectrum dominance avec des missiles, des vues interieures des bases et une salle de commande ancienne, et surtout des trajectoires de missiles tirés depuis la Californie, à fins de tests, sur les iles Marshall.

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Fotogalerie Groningen

Après plusieurs semaines d’interruption, revoici revenu le temps de puiser dans les expositions visitées il y a quelques mois à commencer par Noorderlicht (ici) qui se tenait à Groningen en octobre 2009. Nous allons évoquer ici une exposition qui se tenait à la Fotogalerie Groningen à deux pas de l’Église, centre névralgique du festival. Il s’agit de photos des enseignants des écoles photos (Fotoacademie et Fotoschool), il ne s’agit donc pas d’une exposition phare.

Après avoir actionné la porte sans résultat, une bonne âme ouvre (il suffit de pousser parait-il). A gauche, un bar et des photos un peu éparses sur les murs mais il y a plusieurs étages et au final la visite vaut le coup. Certaines photos sont a vendre mais, pas de chance, pas celles qui me plaisaient (ou du moins il n’y avait pas de prix).

Parmi les 13 auteurs, 8 m’ont semblé un peu trop "amateur" mais les 5 derniers ne manquent pas d’intérêt.

Henny Berno Stern montrait une fille qui pose, les contours la photo sont frottés, bof. Nienke Wind nous gratifiait d’illustrations de "l’Inde eternelle", banal. Les autres auteurs disposent d’un sit web.

Arjan Verschoor (site inutilisable ici) montrait  6 petits portraits noir et blanc cadrés de prés. Gerard Kingma (site commercial extrêmement fourni ici) exposait  3 vues campagnardes en grand noir et blanc brumeux. Du côté de Hellen van Dijk (son site ici, qui fleure bon l’amateur), on voyait deux vues de nature assez banales (450 euros). On reste dans l’amateur avec les trois suivants.

Olaf Otto (site amateur ici) montrait des portrait de jeunes femmes en noir et blanc ornés de textes calligraphiés et d’un cadre ancien rococo mais comme je ne comprends pas le néerlandais, j’en suis resté là. Jenne Hoekstra (site amateur ici) montrait  un homme nu en position fœtale, le visage couvert d’un masque branché sur 2 cuves, bizarre. Je passe sur Corinne Hormann dont le travail est exposé ailleurs à Noorderlicht et que j’ai déjà évoqué (ici).

Je garde pour la fin les cinq auteurs dont le travail m’a le plus séduit.

Ingeborg Lukkien (son site ici) est photographe de mode et montrait de magnifique hybridation de femme et de fleurs, une alliance un brin éculée mais un resultat agréable.

Sabina Theijs (son site ici, bien fait mais en néerlandais) montrait In search of americans, des portraits de voyageurs à  la maison (affalés dans un fauteuil avec un stock de souliers par exemple) et sur le terrain. Une série amusante qui donne aussi un peu à réfléchir. Comptez 950 euros quand même.

Suzanne Blanchard (son site ici réserve une place à son activité de création) montrait sleepers (power naps sur son site), des photos d’indiens surpris dans la rue en train de faire la sieste. La série est à 900 euros et l’unité à 250. C’est un vrai sujet les dormeurs: au Casino Luxembourg il s’agissait de dormeurs en Afrique par Sada Tangara (ici) et à Groningen même ce sont les soldats endormis qui étaient photographiés par Tim Hetherington (ici).

Marijke van Ruiten (site minimaliste un peu intriguant ici) montrait de petites photos intimistes dans un cadre ancien énorme qui donne un effet de hublot: c’est finalement plus ce rapport entre photo et cadre qui m’a plu.

Cissie van der Ven montrait ce qui est resté à mes yeux comme le plus intéressant, de grands tirages mats très verts avec une femme dans une attitude étrange (je suis d’accord, on voit ce genre de photos un peu partout mais ça n’enlève rien au charme de ces photos). Son site web (ici) est fort bien fait, complet, organisé en projets et séries et sans Flash ce qui permet d’avoir l’illustration ci-dessous (vue lors de l’exposition – série Luchtbal).

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Cinq galeries commerciales

Nous approchons de la fin de la série d’articles consacrée à Noorderlicht 2009, festival de photographie qui s’est achevé à Groningen en octobre. On a évoqué ici de nombreux lieux d’exposition les plus divers mais plusieurs galeries (d’art) étaient aussi associées au festival.

Sign (ici)est une petite galerie qui ne fait pas que de la photo où vous serez bien accueillis (en anglais). On pouvait voir une courte série de photos de Brigida Mendes, toutes sur le même modèle: ciel bleu, bestioles miniatures ou statuettes marrantes (une paysanne qui picole, un petit garçon qui pousse sa crotte), dans un décor de pacotille: (terre nue et bâche en plastique figurant l’eau). L’humour ça me plait bien. Par contre, je n’ai pas vu le travail de Philippe van Wolputte qui était annoncé.

Fotogalerie Lichtzone (ici, site bien illustré mais en néerlandais) est comme son nom l’indique une galerie dédiée à la photographie. En l’espèce, il s’agissait de paysages, plutôt classiques: paysages a la frontière de l’eau et du ciel pour Rein Paalman (water & reflections – 300 a 800 euros) et paysages avec un magnifique horizon (the empty land).

La Galerie Sand (ici, site web excellent bien qu’en néerlandais uniquement), presque en face de la précédente, abandonne le parquet en rez-de-chaussée pour un espace contemporain sur deux niveaux avec deux gamines décoratives et la propriétaire pour faire l’accueil (à la parisienne, dans le plus mauvais sens du terme, un je-ne-sais-quoi d’insolence bourgeoise).  Il y a comme des pistolets en brindilles (Karel Fonteynepistoleros) mais surtout (en nombre) le travail d’étudiants des fotoacademies de Groningen et Rotterdam (du moins c’est ce que je croyais avoir compris car en fin de compte, les auteurs mentionnés ci-dessous ne sont plus étudiants , pour certains, depuis longtemps).

Étaient ainsi exposés: Katja Effting (ici), Robin de Puy (des portraits, ici), Sanne Thunissen (guerre de petits soldats, ici), Monja de Ridder (montage toile ancienne et photo actuelle du port), Marion van Damme (ici), Remco Muntz (ici), Xiao Xiao, Petra van der Veer (ici) et Milan Gies (ici). J’ai indiqué leur site web (s’il existe) qui la plupart du temps vaut le coup d’oeil.

Enfin, vous trouverez sur le site de la galerie un photographe qui n’était pas exposé mais dont le travail me plait bien, David Stewart (son site ici).

La Galerie noord (site ici) est fort modeste et montrait 4 auteurs. Maureen van Haaster (ici) exposait une impression sur vinyle, une fleur et des surimpressions circulaires (250 euros). Sur son site web vous verrez de belles fleurs qui semblent être sa spécialité.  Piera Campo montrait 3 grands formats dans des tons rouilles (pied d’enfant, paysage, petits pieds au dessus de l’eau) à 970 euros chacun. Dorien Dolsma (ici) montrait des petits formats carré (350 euros): une fille aux fesses rouges, un chien sur un canape dehors, un cheval, etc. Elise te Pas montrait petits noir et blanc où des ouvertures laissent apparaitre une image sans rapport (150 euros). Ce n’est pas mal fait.

La dernière galerie était extrêmement loin du centre (4 km à pied pour y aller !) et difficile à trouver en bordure d’une grande route et d’un canal. Il s’agit de Galerie  Paviljoen Van Starkenborgh (site web ici).

Je passe sur Hans Sas (ici) dont l’ensemble très divers n’ pas suscité chez moi de grande réaction.  Corinne Hörmann (ici) montrait, pour sa part, papa tu anuka, une série de magnifiques paysages littoraux pris au raz de l’eau en Nouvelle Zélande (1 650 eur).

Arnoud Bakker (ici) montrait des tirages grandeur nature de femmes debout avec des traces de perforation de film des deux cotes, des tirages plus petits colles par deux et encadres, des portraits féminins très sombres  et des paysages. Ce n’est pas très convainquant contrairement à son livre qui était également exposé. Son site est très bien réalisé et permet de mieux se figurer son travail (ci-dessous).


Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Galerie Een Hoog – Boekhandel Godert walter

La Galerie Een Hoog est située chez Boekhandel Godert walter, une librairie, comme vous l’aurez deviné grâce à une parfaite maitrise du néerlandais.

Le lieu ne paie pas de mine vu de l’extérieur. Une fois entré, ce n’est pas bien mieux. En fin de compte, c’est à l’étage de cette librairie à l’ancienne que cela se passe et une dame vous indiquera la direction. On y accède par un escalier de meunier que rien ne laisse soupçonner.

Rob Hornstra et Arnold van Bruggen montraient the brown room. On quitte, du coup, l’univers évoqué dans les billets récents, qui vont du travail d’étudiant au semi-pro en passant par l’amateur, car ces deux-là sont fameux et n’ont pas grand chose à démontrer. Rob Hornstra (son site ici) est d’ailleurs représenté par la galerie Flatland (ici) qui s’occupe aussi, entre autres, de Erwin Olaf et Ruud Van Empel.

La pièce était petite mais donnait un aperçu intéressant avec un ensemble de photos de toutes tailles, essentiellement petites néanmoins, réalisées en Russie surtout et en Georgie. On y voit des intérieurs délabrés, quelques enfants, beaucoup de photos de panneaux de photos (la Russie ayant été fan des "tableaux d’honneur") et aussi des textes, encadrés comme des photos. Il y avait aussi des vitrines montrant les livres de l’auteur et des cartes. Parmi les photos, il y en avait une d’une vieille femme avec plein de médailles que je suis sûr d’avoir vue à la MEP (en effet, j’ai même fait un billet ici avec la dame en illustration ;o)

Un journal gratuit vantait aussi the sotchi project (ici) et demandait des sous (ici): je relaie bien volontiers cet appel de fonds destiné à couvrir les dépenses des photographes qui souhaitent couvrir les changements induits par les JO (d’hiver) qui s’y dérouleront en 2014. Les sponsors ont droit à de petits cadeaux (ou des plus gros s’ils font de plus gros chèques). C’est un fonctionnement en quelque sorte "en souscription", à l’ancienne et c’est une bonne idée, non ?

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Photolab

Après quelques articles parisiens, nous voilà repartis dans nos modestes aventures à  Groningen à l’occasion de Noorderlicht 2009.

Cette fois, nous retrouvons le chemin d’une exposition d’envergure, Photolab qui réunit pas moins de 70 photographes pour "A la recherche du bonheur" et trois autres pour "Belgrade m’appartient". Autant dire qu’on ne va pas dérouler la liste complète. Les lieux sont ingrats et l’organisation a eu la bonne idée de mettre des rideaux pour masquer ce qui est laid et de s’en servir aussi pour guider le promeneur: c’est plutôt malin (et économique).

Dans Belgrade belongs to me, Boogie, Dirk-Jan Visser et Mark Nozeman présentent chacun leur vision de la ville. Boogie montre une multitude de petits noir et blanc accrochés sans fioriture, une image sale avec des gosses en arme, ds trucs décrépis, des vieux. C’est glauque. Mark Nozeman (son site est à voir, ici) prend un tout autre parti pris en montrant surtout les jeunes, propres sur eux, gothiques ou punks, qui pourraient être de Paris ou de New York. Ceci dit il montre aussi des intérieurs kitsch ou vraiment merdiques. Dirk-Jan Visser (son site ici où je n’ai pas trouvé les photos présentées) montre des noir et blanc de nuit essentiellement avec des jeunes qui chantent, des jeunes dans leur quotidien glauque et désœuvrés.

Tout cela ne donne pas une image très favorable de Belgrade tandis que que se tenait une autre exposition dans les mêmes lieux intitulée "A la poursuite du bonheur". Dans cette exposition, une multitude d’auteurs et une seule photo pour chacun.

Il y a quelques noms que je connaissais comme Alejandro Chaskielberg (billet ici), Benjamin Lowy (billet ici), Nina Berman (son site ici), Tanya Leshkina (billet ici), Richard Pak (billet ici),  Paula Muhr (billet ici) et Sébastien Loubatié avec ses superbes serviettes (son site amusant ici). Pour le reste j’avais relevé 10 noms dont le travail me paraissait intéressant mais vérification faite sur leur site web respectif, aucun n’a retenu finalement mon attention. Il reste à jeter à œil sur la cinquantaine d’autres que je ne connaissais pas et qui ne m’avaient pas marqué: peut-être une perle s’y trouve-t-elle ?

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Galerie anderwereld, nul50, USVA Fotogalerie

Nous revoilà à Groningen pour Noorderlicht 2009. J’ai évoqué récemment les expositions officielles les plus attractives mais d’autres, plus modestes, coexistent.

La galerie anderwereld (site ici d’où proviennent les illustrations ci-dessous) ne m’a laissé aucun souvenir et ce n’est que grâce à mes notes que j’ai pu retrouver ce que j’y avais vu. Pour commencer, Manuel Geerinck (1 300 à 2 500 euros) exposait de très curieuses photos qui flirtent avec l’abstraction. Réflexion faite, son travail me dit quelque chose car je l’ai déjà vu chez Pascal Polar à Bruxelles (ici).

Le travail de Hein de Graf m’a moins convaincu encore (1 500 euros) avec ses grands formats noir et blanc de visages avec des coulures sur les bords présentés par paires, tête-bêche. Bof.

nul50 (site ici) m’ a laissé un souvenir plus net car il s’agit d’un magasin d’objets design (!)  tout près de la fameuse église Aa. Les textes étant exclusivement en néerlandais, j’avoue que je n’ai pas été très aidé pour comprendre le contexte. Pour autant, bien que modeste et faisait appel à des photographes locaux, l’exposition n’était pas si mal et les photos sympas.  Marieke de Rooij présentait ainsi des vendeurs dans des magasins d’antiquités en Toscane dans sa série In Toscane Te Koop (En Toscane à vendre). On voit un type différent chaque fois dans un intérieur supposé toscan. C’est pas mal du tout en fait. Bien que sonorisé, en flash et en néerlandais :( son site est très bien fait (ici) et vous pourrez voire sa trombine sur son blog (ici). Jana Bathoorn montrait elle aussi des intérieurs ce qui reste cohérent pour un accrochage dans un magasin de design mais cette fois il s’agit de celui  d’europeens expatriés au Mozambique. Jana est hélas absente du web.

Dernier site auquel cet article se consacre, également visité le 2ème jour à Groningen, la USVA Fotogalerie (site de l’USVA essentiellement en néerlandais, ici). Installée dans les anciens locaux de la banque ABN il s’agit du centre culturel de l’Université . Pour mémoire, Groningen est une ville particulièrement jeune, la plus jeune des Pays-Bas en fait, et étudiante  (1 habitant sur 4 va à la fac et 1 habitant sur 2 a moins de 35 ans). L’USVA c’est en gros la Fondation universitaire des activités de formation (Universitaire Stichting Vormings Activiteiten). Les étudiants peuvent y apprendre entre autres choses la danse ou la peinture. Ce n’est pas très facile à trouver car il faut aller au bout du couloir et descendre l’escalier. Teun Voeten y montrait ses photos de guerre en noir et blanc qui pour le coup font pale figure au regard du choc des photos du conflit israélo-palestinien montrées à l’église, c’est dommage car ce photographe n’est pas n’importe qui et passe un peu inaperçu dans ce contexte. Le site du photographe, très bien fait, est ici et mérite d’être vu si le photojournalisme et le grand reportage vous intéressent.

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Cbk filiaal

L’exposition qui se tenait chez Cbk filiaal à Groningen dans le cadre de Noorderlicht 2009 faisait partie du cœur des expositions et se trouvait là-aussi à proximité immédiate de l’église de Aa.

En revanche, son ampleur était limitée avec seulement trois auteurs présentés.

Wouter Den Bakker (série hipster intifada) montrait sur 3 lcd des images défilantes de gens portant des keffieh (hommes politiques, combattants, etc) puis venaient de jeunes hollandais(es) portant le même vêtement.

Jiang Jian (projet archives of orphans) documente la vie d’orphelins chinois, tous les 5 ans. J’ai déjà vu son travail à Lyon ( billet ici) mais il ne s’agissait pas des mêmes images. On voit le certificat de naissance, la photo en pied sur fond noir et le jeune en photo couleur souvent dans sa famille. Un texte explique le parcours de l’orphelin.

Avec Susan Meiselas (Reframing history, Nicaragua 2004), on franchit encore une étape dans la notoriété tant cette photographe est renommée. On retrouvera ses images sur son site ici. Elle montre de grandes toiles ou figurent ses photo de 78-79 et des vidéos d’interviews récentes ainsi que la réaction des indigènes à la vue des toiles qui ont été exposées dans des lieux publics au Nicaragua. C’est un projet intéressant que de revisiter ainsi son propre travail et de replonger ainsi la jeune génération face à son passé. ce travail a semble-t-il été exposé à Arles en 2006 (ci-dessous), époque à laquelle je n’étais pas encore passionné par le sujet.

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Noorderlicht Fotogalerie

Nous revoilà à Groningen pour Noorderlicht 2009 et tout près encore de l’église de Aa, à la Noorderlicht Fotogalerie. Cette exposition fait partie du programme officiel et se déroule en un lieu semblable à une galerie des plus classique. Elle s’intitule Multivocal Histories et a pour curateur Bas Vroege, directeur de Paradox.

On peut y acheter aussi des ouvrages de photographie ainsi que le catalogue de Noorderlicht 2009.

Taco Hidde Bakker (son site web ici) montrait un projet (Grozny Memories) concernant la ville de Grozny, détruite par la guerre. Il s’agit d’affiches résultant d’agrandissements pixelisés de photos couleurs des années 50 doublées d’un texte. Andrea Stultiens (son site ici d’où est tirée l’illustration ci-dessous) montrait un travail également assez conceptuel (uganda, the kaddu Wasswa archive) avec des photos du personnage, de ses photos et aussi des facs similés de ses écrits. Pour ma part, la portée de ce travail qui m’a semblé documentaire et de peu d’intérêt, m’a échappée.

Julian Germain avait choisi de montrer le déclin de la ville sidérurgique britannique de Consett (série steelworks visible ici sur son site web). Comme Taco Hidde Bakker et Andrea Stultiens, l’artiste utilise ses photos mais aussi des photos banales tirées de la presse (locale) ou de ses archives familiales. Certains cadres sont en acier en hommage au passé siderurgique de la ville et c’est presque ce que j’ai trouvé de plus intéressant dans ce travail.

Avec Anastasia Khoroshilova (série out of context) on reste dans une approche conceptuelle de la photographie mais il me semble plus facile d’adhérer au projet. On pourra lire l’excellent article d’Olivier Vargin ici qui ne porte pas sur la série exposée (bien que réalisée en 2005, 3 ans avant l’article en question) dont les commentaires restent d’actualité. Le site d’Anastasia est également très bien fait (ici) avec quelques illustrations de la série vue à Groningen. L’exposition était plutôt saisissante puisque se tenant dans un… couloir de la galerie: sur un mur, des enfants survivants  de Beslan en soin en Allemagne en tenue de détente sur fonds de Bavière, sur l’autre mur, lui faisant face, une galerie de portraits issus du mémorial de Beslan. Assez dérangeant. Pour ceux qui auraient oubliés la tragédie, un rappel ici.

Deux autres artistes avaient retenu quant à eux d’autres supports que l’imprimé. Florian Schwarz a ainsi retenu la projection en triptyque de photos de la Russie actuelle en noir et blanc dans le genre granuleux, à la "recherche" de son grand-père dont il a découvert qu’il fut prisonnier en Russie pendant la 2de guerre mondiale. (série WOHINUNDZURÜCK visible ici sur le site de l’artiste). Tim Hetherington (série sleeping soldiers) montrait un travail que j’avais déjà vu je ne sais où mais cette fois en triptyque avec une vidéo montrant un peloton de soldats morts de trouille. C’est pas mal du tout à regarder (et c’est visible en ligne sur son site ici) !

Voilà pour le rez de chaussée.

Au sous-sol, plongé dans la pénombre on pouvait voir les travaux de Vojta Dukat et Ales Vasicek. Le 1er a filmé le départ des russes de  tchequie (91) et l’autre à dénicher des documents et réalisé des photos postérieures à l’événement. L’exposition montre donc des photos et des films mais aussi des objets (fanion des jeunes communistes, etc). Les auteurs étant mécontents du catalogue, il était possible d’apposer des tampons sur les pages litigieuses pour "recadrer leur propos". Du coup, je me demande bien comment sont traités les ventes de catalogue par correspondance: le festival tamponne les pages ?

Quoi qu’il en soit, cette exposition était fort bien faite et du même niveau (relevé) que celle de l’église de Aa.