En bref – Photomeetings édition 2009, annonce des dates et du programme
Je vous ai parlé l’an passé de Photomeetings, une exposition, des conférences et des workshops se déroulant au Luxembourg sur l’impulsion de Marita Ruiter (Galerie Clairefontaine).
Du coup, je ne redirai pas tout le bien que j’en pense, pas plus que les informations pratiques (voir ce billet) mais en revanche, sachez que les dates et le contenu ont été annoncés hier: ce sera du 9 au 12 septembre 2009.
Marla Rutherford (parmi d’autres – je l’ai retenue car j’avais bien aimé son travail montré à Arles en 2008 – billet ici) animera un atelier et Christian Caujolle fera une conférence (parmi d’autres, mais lui parlera en français) sur le thème retenu, Tabou.
Je vous invite à découvrir le programme et à faire un petit saut au Luxembourg.
Visite au Luxembourg – 6ème partie – Casino (fin)
Nous terminons le récit d’une journée au Luxembourg à l’occasion du mois de la photographie. Le Casino Luxembourg montrait jusqu’au 14 juin 2009 “GREAT EXPECTATIONS – CONTEMPORARY PHOTOGRAPHY LOOKS AT TODAY’S BITTER YEARS”
Kai Wiedenhofer, qui documente le conflit israelo-palestinien depuis des années montrait le mur qui sépare les deux communautés et parvient, assez bizarrement, à le rendre beau, d’un point de vue esthétique. Patrick Galbats (qui est luxembourgois), dans un tout autre registre, fait des photos modestes d’objets modestes dans des tonalités un peu acides : on dirait du Parr.
Dans un veine toujours un peu “parresque”, Peter Granser montre des vieux sous diasec dans la série Sun City, une ville en Arizona réservée aux retraités. Une des photos de cette série a fait la couverture de View photography magazine n°7 (illustration ci-dessous). C’est assez effarant, effrayant et amusant en même temps. Ce photographe avait été remarqué aussi pour une série sur Coney Island.
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Joachin Koester montre sa série “Occupied Plots, Abandoned Futures”, hommage à Ed Ruscha qui avait photographié en 1970 des terrains vagues à vendre à Los Angeles sous le titre “Real Estate Opportunities”. L’auteur a rephotographié ces mêmes lieux 30 ans après, désormais occupés. C’est un travail assez conceptuel où chaque photo en noir et blanc semble objet d’un protocole précis et où chaque tirage est titré de manière méticuleuse avec le lieu de prise de vue.

Visite au Luxembourg – 5ème partie – Casino (suite)
La fin de notre visite de Casino Luxembourg, à l’occasion du mois de la photo, se profile à l’horizon.
Après Suzanne Opton, et d’autres, à l’étage, il y avait aussi Stanley Greene (sa page chez Noor, son agence, ici). Le gros hic c’est que j’ai vu une image que je suis persuadé d’avoir vue à la MEP (pas à l’expo de cet été mais à celle du printemps dernier) attribuée cette fois à Laurent Van der Stockt (photographe chez Gamma). Bizarre.
Zwelethu Mthethwa (sa page chez son galériste ici) nous montre de fiers mais misérables coupeurs de canne à sucre en grand format couleur. Dans la même veine, Laurence Leblanc (son site ici) , dont le travail chez Polka m’avait laissé dubitatif (billet ici) nous montre des décharges d’ordures en Sierra Leone mais avec des photos très “classe” comme s’il s’agissait de paysages sauvages qu’il s’agit de magnifier. Guy Tillim présentait de grands format couleur de la triste fin de l’avenue Lumumba au Mozambique qui évoque la fin d’un des premiers leaders africains élus (au Congo en l’espèce). Le diptyque ci-dessous, visible à l’expo, provient de sa galerie (ici).


Vahram Aghasyan (son site ici) montrent des bâtiments inachevés que l’on dirait imaginaires, envahies par les eaux. Sur son site on apprend qu’il s’agit d’une vraie ville (Gyumri en Arménie) rebâtie après un tremblement de terre en 1988 mais jamais finie faute de moyens.
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Visite au Luxembourg – 4ème partie – Casino (suite)
Je me suis arrêté au rez-de chaussée du Casino Luxembourg (ici) pour ce mois de la photographie qui s’est achevé le 14 juin dernier. Il est temps de grimper à l’étage.
J’avais déjà vu le travail de Eric Baudelaire (son site ici) dans une revue mais pas “en vrai”. Il s’agit en l’espèce de deux panneaux géants (2 mètres par presque 4) reconstituant une scène de guerre avec une sorte de mise en abime puisque la scène inclut des reporters en train de la filmer (à gauche).

Adi Nes, qui est israelien, montrait trois photos de pauvres gens évoquant chacune des images familières comme celle ci-dessous (illustration en provenance de son galériste ici) qui fait immédiatement penser à Migrant mother de Dorothea Lange. Une autre évoque Les glaneuses de Millet.

Bruno Serralongue montrait trois photos “en off” de manif qui ne m’ont guère inspiré, de même que la série de Jules Spinatsch (son site ici) 8 photos de barrières dans des cadres institutionnels et buildings. Je passe rapidement aussi sur Suzane Opton que j’avais découverte à Lyon (billet ici), un travail remarquable complété cette fois de deux banderoles.
Visite au Luxembourg – 3ème partie – Casino
On poursuit la visite au Luxembourg avec, cette fois, le Casino qui, comme son nom ne l’indique pas, est un espace d’exposition. A l’occasion du mois de la photo, il exposait des photos comme on s’en doute mais vidait aussi ses greniers avec une vente au kilo, du coup j’ai ramené des bouquins de photos pas chers.
Au rez de chaussée, Frédéric Delangle montrait des rues indiennes de nuit (série Ahmedabad). Il a d’ailleurs fait plusieurs séries de nuit (série Nyctalope) ou dans l’obscurité (Série coït). C’est la série Coït que l’on a pu voir récemment à la galerie Chaume à Paris (ici). L’illustration ci-dessous vient du site du photographe (ici).

Sada Tangara nous montre quant à lui, en noir et blanc, de pauvres gens dormant dans les rues, peut-être à Dakar, où il vit. Je suppose que c’est la série “Le grand sommeil”. C’est assez impressionnant comme travail en dépit d’une taille assez réduite car ces gens pourraient tout aussi bien être morts et parfois le doute est très présent.

Ari Saarto montre les affaires bien rangées de sdf, en couleur, et sans aucune présence humaine, à Helsinki et au Japon. Je n’ai pas trouvé son site web mais son travail est visible sur le site de Helsinki School (ici) d’où est tirée l’illustration ci-dessous. Ce qui est surprenant c’est l’ordre froid qui règne dans ses photos : on ne ressent aucune pitié devant un spectacle pourtant bien triste et on oublie que ces amas d’objets sont tout ce que possèdent ces sdf.

Martin Eder montrait des photos gigantesques de jeunes prostituées au corps blessé, tuméfié. Là-aussi, une vision dérangeante que ces charmantes jeunes femmes ainsi avilies, battues et finalement ramenées à l’état d’objets, cassés et jetés. Je n’ai pas trouvé le site web du photographe. L’illustration ci-dessous est l’une des moins “difficile”.
On termine le rez-de-chaussée du Casino par son entrée puisque face à la porte, nous étions accueilli par un panneau immense (9 mètres de large, 1,80 de haut) de Dionisio Gonzalez, mêlant architecture et bidonville. L’illustration ci-dessous provient de la galerie Xippas (ici) qui le représente en France et qui ne rend pas justice à la monumentalité de l’œuvre.

Visite au Luxembourg – 2ème partie – Le MNHA
Voilà la suite de ma visite au Luxembourg à l’occasion du mois de la photo qui se terminait début mai.
Le MNHA présente des collections historiques couvrant l’antiquité à nos jours. En mai, il présentait aussi “Entre le Sacré et le Profane : Chefs-d’œuvre de la peinture italienne du XVIIe siècle dans les collections des banques italiennes“, une exposition qui valait le déplacement.
Mais bien entendu c’est surtout “Positions photographiques contemporaines sur le thème du portrait”, qui s’est achevée le 21 juin, qui motivait ma visite avec quatre artistes présentés.
On ne présente plus Pierre Gonnord (vu en Belgique à l’espace DEXIA et avant à Arles – billet ici) avec ses photos de clochards d’une grande dignité, sur fond noir. Cette fois il y avait aussi un jeune homme blond avec plein de piercings, un travail plus ancien que je n’avais pas encore vu (Série Regards, Grand Delfin, 1999). Je ne peux pas hélas linker vers son site (ici) en flash (beurk) où on voit cette œuvre.
Mari-jo Lafontaine (déjà vue sur le stand d’André Simoens à ArtBrussels) montrait deux travaux. Elle présentait trois portraits immenses cadrés de très près sur des fonds de couleurs (Série Babylon Babies de 2008).

Elle montrait aussi, dans une petite pièce, 7 jeunes baigneuses en pied, en noir et blanc, plus grandes que natures qui font penser à sa série ‘Les bains de St-Josse’ (2008) mais je n’ai pas retrouvé les photos de l’expo sur son site (ici).
Valérie Belin (qu’on ne présente plus – billet ici) montrait deux mariées mexicaines et trois portraits de femmes noires. Comme d’habitude, les photos sont très contrastées, très noires et les fonds tout blanc. Le site de Valérie Belin (ici) est bien fait et montre bien son œuvre.

Luce Moreau montrait aussi son interprétation du portrait avec des diasec ou des acteur en costumes, dans la pose la plus distinguée, se font asperger brutalement anéantissant la vocation du portrait bourgeois. je n’ai pas trouvé son site web mais on parle d’elle sur le site du festival de photo de Lodz qui s’est récemment terminé (ici) et d’où est tirée l’illustration ci-dessous.

Visite au Luxembourg – 1ère partie
J’étais déjà allé au Luxembourg à l’occasion des Photomeetings, à l’automne 2008. Le premier billet que j’ai écrit sur cette manifestation, parmi une série de plusieurs, se trouve ici. Il n’y a guère de compléments à y apporter quant aux aspects pratiques qui y sont décrits, sauf peut-être que pour les courses (une bouteille d’eau par exemple), il faut aller en face de la gare, dans un centre commercial, chez Primavera Kons (ce n’est pas cher). Une autre bonne chose à savoir est que le paysage est vallonné : attention donc si vous suivez aveuglément une carte car vous risquez de monter et descendre beaucoup.
Je suis retourné au Luxembourg le 2 mai dernier, à l’occasion du Mois de la Photo 2009 (ici). Malheureusement, à cette date, la manifestation se terminait de telle sorte que je n’ai pas vu autant de choses que j’aurais pu mais cela m’a permis de visiter la ville et de voir des musées traitant d’autre chose que de photo. C’est afin d’éviter de rater, en partie ou en totalité une telle manifestation, à l’avenir, que j’ai d’ailleurs créé sur ce blog une page “festivals” (ici).
En ce qui concerne les sites visités, je suis allé au MNHA, au Casino, au MUDAM, au Musée d’Histoire de la ville de Luxembourg et chez Nosbaum et Reding.
Je ferai prochainement un article sur le MNHA et le Casino qui, tous deux, le valent bien.
Le MUDAM montrait surtout de la vidéo et à mon goût il vaut plus pour son architecture que pour son contenu (à part la chapelle en fer de Wim Delvoye). Le Musée d’Histoire de la ville de Luxembourg montre surtout l’histoire du Luxembourg et il présentait accessoirement 4 amusantes photos de personnages en plein kitsch luxembourgeois, par Jeanine Unsen dont je vous conseille le site web (ici) : cette photographe a du talent. Chez Nosbaum et Reding à deux pas du MNHA, il fallait voir les paysage de Una Hunderi mais j’ai retenu un portrait (issu du site de la galerie) pour illustrer son travail (les prix sont de l’ordre de 2 600 euros).

100ème anniversaire de Gisèle Freud sur Métropolis sur Arte et Photomeetings
Juste pour vous dire que j’ai vu un reportage dans Métropolis hier, le magazine de la culture sur Arte, où on parlait de Gisèle Freund, qui aurait eu 100 ans cette année.
On en parle donc ici.
Cette photographe était au centre des Photometings au Luxembourg dont je vous ai parlé déjà dans trois articles ici et je vois que son organisatrice, Marita Ruitter qui dirige la galerie Clairefontaine est à l’honneur puisque c’est grâce à sa collection qu’a été montée une exposition en Allemagne (ici). La photo ci-dessous est issue du site de la Maison WIlly Brandt (ici).

Photomeetings au Luxembourg, des photos, des workshops et des conférences (fin)
Pour ce dernier billet (les autres ici et là) consacré à Photomeetings à Luxembourg, une initiative de la Galerie Clairefontaine, je vais finir avec James Nachtwey et Joachim Ladefoged.
Le travail de Nachtwey, quand j’ai visité l’expo à Luxembourg, je ne connaissais pas mais, dans l’intervalle, je l’ai revu à la galerie Polka (voir mon billet ici). Il faut bien dire que, là encore, les conditions d’exposition font toute la différence car si j’avais été impressionné chez Polka Galerie, je ne l’avait pas été du tout auparavant, à Luxembourg. Le sujet traité, en format plus réduit (sans doute cela joue-t-il aussi), était le 11 septembre, un sujet qui pourtant se prêtait bien à l’approche dramatique de Nachtwey. Dernier point peut-être, le travail présenté ne comptait que bien peu de figures humaines; ce qui désincarnait le drame. Bref. Pas extraordinaire.
Ladefoged montrait quand à lui un travail extraordinaire (compter 4 à 6 000 €) tiré de sa série “mirror”. A l’Université, les tirages géants étaient accrochés par des œillets. On y voit des culturistes noircis, muscles tendus, très impressionnants, comme statufiés.Le numéro qu’ils portent m’a fait penser à une étiquette dans un rayon (de jouets ?) : des sortes de GI Jo ou de Ken.
Cela fait pensr, toutes proportions gardées à ce que j’avais vu à Arles à l’espace SFR (mon billet ici) avec le travail de Benjamin Roi.


Dans les deux cas, le culte du corps conduit à un résultat assez effrayant à mon goût : une sorte de réification du corps sans compter son vieillissement prématuré dans un cas par le recours à des exercices contre-nature et dans l’autre par une exposition anormale au soleil.
Photomeetings au Luxembourg, des photos, des workshops et des conférences (suite)
J’avais promis ici (c’est un billet “pratico-pratique”) de revenir sur Photomeetings, manifestation tenue à Luxembourg à laquelle je me suis rendue et qui s’est achevée le 13 septembre dernier.
L’occasion d’en reparler m’en est donnée en revoyant avant-hier, à Lyon, lors du Septembre de la photographie (leur site : là), le travail de Paula Muhr, chez Caroline Vachet (son site: ici). De l’un et de l’autre je vous reparlerai bientôt.
Le travail de Gisèle Freund m’a laissé de marbre, étant peu versé dans la célébration de nos chers disparus et étant allergique à la photographie de célébrités (voir mon billet arlésien traitant entre autre de Paul Fracchetti). Était néanmoins visible, pour ceux qui apprécient, son travail de portraitiste appliqué à Sartre et Cocteau, parmi ceux que j’ai pu reconnaitre. J’ai eu la même impression pour le travail de René Burri et d’ailleurs, les cartels étant presque inexistant à l’Université, il était bien possible de les confondre.
Herlinde Koelbl présentait de nombreux diptyques “chaussure de femme” / “élément de décor” dont la valeur décorative et la fraicheur l’emportent, à mon sens, sur des prétentions artistiques éventuelles.
C’est un travail un peu surprenant venant d’une artiste à la carrière déjà accomplie (elle est née en 1939) et “sérieuse” : elle a remporté le Prix Erich Salomon en 2001 pour l’ensemble de son travail et voit son ouvrage “Portraits juifs” porté au théâtre en 2007. Autant dire que la dame ne fait généralement pas dans le léger.
Plus intéressant, à mon sens, est son travail sur la chevelure (pourquoi pas ?), publié dans un livre intitulé “Hair” (que vous pouvez acheter là). Un travail très graphique et fluide, pour les femmes, où les cheveux paraissent comme des vêtements ou des personnages, selon les cas.
Un travail plus tranché, pour les hommes, puisqu’on y voit une chevelure hirsute mais aussi une chevelure dans diverses étapes menant à sa disparation pour cause de rasage.
Jessica Backhaus montrait sa série “what still remains”. Je n’ai pas vu d’unité dans ce travail, hormis le caractère volontairement banal des “petites choses” photographiées en petit format couleur. On peine à rentrer dans le sujet en dépit de l’abondance des photos et pour ma part je n’ai pas vraiment ressenti grand chose en voyant cela. Alors, si l’ensemble ne produit guère d’effet, que dire de chaque photo prise isolément… Peut-être un livre aurait-il mieux servi ce travail. Il fait dire que l’exposition, dans un long couloir de la fac, n’était pas très favorable avec beaucoup de reflets…. et un éclairage soumis à une minuterie.
Paula Muhr faisait preuve d’une démarche moins photographique et plus artistique en confrontant les photos de sa mère dans sa jeunesse et celle-ci rejouant la même scène de nos jours, le tout commenté par celle-ci. Un travail assez troublant sur l’identité et le temps qui passe. Une mise à nu aussi dans ce travail extrêmement personnel, intimiste auquel le petit format rend justice.
Les photos ci-dessus ont été prises par mes soins et les reflets sont dus aux conditions d’exposition. Les photos floues sont en revanche floues à l’origine.
Je vous raconterai la suite dans un prochain billet.












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