Le blog d'un Photoculteur

Culturez vous en regardant des photos !

A l’occasion de Photoespaña, le Museo reina Sofia

Après vous avoir bassiné pendant quelques semaines, et avec pas mal de retard, à propos de Photoespaña, voici venu le temps de conclure avec une visite du Museo reina Sofia (site ici). Evidemment, le musée n’est pas spécialement consacré à Photoespaña ni à la photographie mais il compte une collection de photos et présentait en sus une exposition dédiée dans le cadre de Photoespaña.

Le musée est connu pour ses Leger, Klee, Rothko, Kandinski, Klein, Cy Twombly, Magritte, Ernst, Miro, Tapies et bien sur Picasso avec le célébrissime Guernica dont Dora Mar a photographié les étapes d’élaboration.

Une multitude d’auteurs photographes et d’artistes utilisant ce medium sont également visibles au musée, pour la pluaprt entrée dans l’histoire de l’Art: Tacita Dean, Luis Perez-Minguez, Xavier Miserachs, le couple Becher, Marc Pataut, Raushenberg, Garcia-Alix, Mapplethorpe, Pablo Perez-Minguez, Juan Navarro Baldweg, David Wojnarowicz, Cindy Sherman, Philip-lorca DiCorcia,Charles clifford, Lewis Hines, Steichen, cameron, man ray, kertez, brassai, Hellen lewitt, Bill brandt.

Matthew Buckingham (site ici) exposait des photos de signes (le “smiley”, le “a anarchiste”, le “peace et love”, etc) pourvus de textes explicatifs, un travail que j’ai trouvé intéressant bien que très “conceptuel”.

Le thème de la guerre civile est illustré par  agusti centelles, juan pando, et surtout alfonso sanchez portela et robert capa (dont la fameuse “mort du loyaliste”, ci-dessous).

La salle 405 est consacrée aux néoréalistes espagnols et on voit les photographies de Carlos Perez Siquier, Gabriel Cuallado, Nicolas Muller, Leonardo Cantero, Fernando Gordillo, Francisco Contanon, Francisco Gomez, Francesc Catala Roca, Oriol Maspons, Joan Colom et Leonardo Cantero.

Enfin, la volet temporaire et dédié à la photographie dans le cadre de PhotoEspaña était animé par Walid Raad (atlas group 89-2004) dont le site temporaire se trouve ici . Il s’agissait d’un travail conceptuel là-encore, qui ne laisse pas indifférent mais songeur et s’appuie sur le Liban et la guerre qui y a sévit durant de nombreuses années. On pouvait ainsi voir 72 photos de presse alignées, 29 photo de variante de bleus qui révèlent une image latente (il s’agit de tirages réalisés à partir de négatifs trouvés dans les décombres d’un bâtiment – ici), des photos et des notes et plans ou chaque impact de balle est recouvert d’une pastille de couleur.


11 novembre 2009 Posté par photoculteur | madrid | , , , , , , , , , | Pas encore de commentaires

PhotoEspaña – Descubrimientos et Prix Epson

Le dernier article consacré à PhotoEspaña 2009 est arrivé, le prochain sera consacré au Musée de la reine Sophie.

Je passe vite fait sur les gagnants espagnols du concours Epson que l’on doit pouvoir retrouver quelque part sur le web: ils sont nombreux (une quinzaine) et seule Beatriz Moreno m’a semblé notable (elle est d’ailleurs représentée par Blanca Berlín Galería) et son site est ici.

Du côté des Descrubrimentos, 70 projets ont été retenus sur plus de 1 100 reçus. L’étalage des travaux (sous forme d’un chemin de fer courant sur le mur tout autour de la salle) faisait une drôle d’impression.

Descubrimientos 2009 - Madrid

Il y avait des noms relativement connus comme Clémence de Limburg, Sanna Kannisto, Elke Boon et Rachel Papo (que j’aime bien toutes les quatre) et d’autres qui ne me disaient rien mais dont le travail m’a plu également: j’en ai retenu quand même onze mais tous n’ont pas de site web ou alors je n’ai pas trouvé ou bien encore, après avoir vu leur site, finalement, ce n’est pas aussi valable  que ce que j’avais cru sur la foi d’une seule photo. Finalement, il n’en reste que quatre.

Helena Segura-Torrella (son site ici)  est représentée par Alberto Cornejo BAT à Madrid et sa photographie évoque le monde de l’enfance. Virginie Lamarche (son site ici) représentée par la galerie Schneider (spécialisée en photographie et remarquable, à Chicago), montrait une jeune femme étendue, un peu comme dans la série Landscapes With a Corpse de Izima KaoruMatthew-Robert Hughes (son site ici) montre d’étranges figures évanescentes.

Jamie Baldridge (site ici) montre quant à lui des images presque surréalistes et son site vaut aussi la peine d’être vu (illustration ci-dessous tirée de Artnet).

1 novembre 2009 Posté par photoculteur | madrid | , , , , , , , , , , , , , | Pas encore de commentaires

Photoespaña – Canal de Isabel II – Sergey Bratkov – Glory Days

Et voila venu l’heure de l’avant-dernier article consacré à Photoespaña. Le prochain portera sur les découvertes du festival (Descubrimientos) puis nous le quitterons pour évoquer les oeuvres photographiques visibles au musée de la reine Sophie.

La fondation créée en 2000 (Santa engracia, 126 et ici) du Canal Isabel II (la compagnie en charge de l’eau, à Madrid) exposait dans un château d’eau et ce fut bien difficile de le trouver: ce n’est que grâce à des banderoles que j’ai évité de rebrousser chemin. L’accès est ultra sécurisé car certaines installations nécessaires à approvisionnement en eau de Madrid continuent de fonctionner sur le site. On circule donc muni d’un badge après avoir montré sa pièce d’identité et avoir passé son sac au scanner.

L’exposition nécessite de monter sur les différents paliers du château d’eau, c’est assez impressionnant et le petit ascenseur n’embarquant pas plus de 2 personnes, vous devez vous aventurez sur l’escalier en métal qui dessert les paliers.

L’exposition, consacrée à Sergey Bratov,  a été montée avec le concours du PhotoMuseum Winterthur (en Suisse, près de Zurich) et, là aussi, cette exposition donnait de quoi voir et penser … et dire que c’est gratuit !

Au rez-de-chaussée se trouvaient une vidéo (life is pain) et quelques témoignages (photos et lettres) d’une performance ainsi que trois noir et blanc géants de femmes assises, bas baissés, tenant entre leur cuisses une boite de Petri portant le nom d’un roi. Le ton est donné.

D’autres séries nous montrent des contes cruels avec du sang partout, un pendu, des enfants étouffés, des croix gammées, etc tandis que dans une autre un couple masculin en costume dans un décor de théâtre est occupé avec une raquette ou en train de se rouler une pelle. Dans birds,  il met en rapport des oiseaux empaillés au plafond et des enfants que l’on dirait dans un orphelinat.

Tout aussi subversives, quatre lutteurs libres: deux cabossés bien nets et deux autres dans le flou (sous la douche ?). Dans la même veine violente, Bratov montre trois grands formats carrés de portraits d’enfants souriants mais bougés (glue sniffers) évoquant leur état de confusion mais c’est sans doute une longue série de lolitas en petit format (kids) qui met le regardeur le plus en porte-à-faux (l’illustration ci-dessous provient de la Haus Für Kunst d’Uri en Suisse).

Moins dérangeantes sont ses secrétaires en petite tenue (secretaries) et ses deux femmes militaires (army girls) que l’on pourra voir chez le galériste italien Lipanjepuntin.

Dans my moscow,  il fait du Martin Parr bon enfant lors d’une kermesse. Il y a aussi des gens qui barbotent dans la boue, un type qui s’abrite dans la neige et des marins bien sûr mais vieux avec une partie du cadre blanc et une séparation noire, rappel des rayure des marins, et enfin des ouvriers sidérurgistes, lunettes de protection levées avec leur ombre leur dessinant une paire de lunettes en plus.

C’est là une présentation très complète du travail provocateur de Bratov que l’on est pas près de revoir dans un format aussi complet.

26 octobre 2009 Posté par photoculteur | madrid | , , , , , , , , , , , | Pas encore de commentaires

Photoespaña – BBVA – Ugo Mulas

On approche de la fin du parcours de Photoespaña 2009 qui se déroulait cet été à Madrid. C’est la BBVA qui accueillait l’exposition dans une salle du rez-de-chaussée de la tour qui abrite son siège (Paseo de la Castellana, 81).

Je n’ai pas été vraiment séduit par le travail de Ugo Mulas, ni même vraiment intéressé par ce parcours alors même que le volume de photographies et la qualité de l’exposition sont irréprochables.

Simplement, ses reportages sur Milan, un bar jamaïcain ou Milan et plus encore la longue série de portraits d’artistes et de biennales ne m’ont pas vraiment tenu éveillé.

La série new-york montre Rauschenberg et un peu Warhol au travail et une planche contact du travail de Jasper Johns et dans le même genre Roy Lichtenstein faisant le pitre devant une de ses toiles.

La série “verifichie” est une suite d’expérimentations photographiques obscures.

Quant aux paysages urbains et à la scénographie pour Wozzek, ce n’est guère mieux. Le parcours se terminait par des images de mode fort réussies dont certaines en couleur.

25 octobre 2009 Posté par photoculteur | madrid | , , , , , , | Pas encore de commentaires

PhotoEspaña – Solos Shows – Galeries et hôtels – 24 juillet 2009

PhotoEspaña s’est déroulé cet été à Madrid mais je n’ai pas encore fini les articles sur les nombreuses expositions organisées dans le cadre de cette manifestation de 1er plan.

Je passe rapidement sur L’exposition au Westin Palace (Plaza de las cartes, 7) qui s’est terminée le 20 septembre dernier, consacrée à la série Vanishing Americain de Michael Eastman qui sont de sont de jolies photos de lieux … en train de disparaitre comme le titre le laissait supposer.

Elba Benitez (ici et San Lorenzo, 11) montrait le travail de Vik Muñiz, des photos noir et blanc de format géant mais on dirait des collages, même la texture du papier est visible. Il s’agit de reprises de photos de photographes fameux comme Winogrand ou Weegee.

Estiarte (Calle Almagro, 44 et ici) montrait le travail de Begoña Zubero (son site ici), des diasec de stations-service (3 000 euros). La galerie n’est pas spécialisée en photographie mais représente de nombreux artistes qui s’expriment en utilisant ce media.

Magee Art Gallery (Antonio Maura 7 bajo derecha et ici) , qui est spécilaisée dans l’art asiatique montrait l’étonnant travail de Jin Shi: un ensemble d’installations et de photographies. Les installations en question sont constituées surtout de petit matériel ambulant farfelu. C’est assez surprenant à voir et les photos servent de témoignage de leur usage dans la rue (ci-dessous, un mini-billard photographié en usage – le modèle était pour de vrai dans la galerie). la galerie compte plusieurs photographes dont deux stars: Li Wei (ici) et Cui Xiuwen (ici).

24 octobre 2009 Posté par photoculteur | madrid | , , , , , , , , , , | Pas encore de commentaires

PhotoEspaña – Instituto Cervantes – 23 juillet 2009

A l’occasion de PhotoEspaña, qui s’est déroulé cet été, lInstituto Cervantes (Alcalá 49) exposait sur le thème de la résilience, jusqu’au 20 septembre dernier: 10 jeunes auteurs ont été sélectionnés parmi 342, reçus de toute l’Amérique latine.

Anna Cecilia Gonzalez Vigil (son site ici) montrait des portraits de victimes lors de la reconstruction qui a suivi un séisme à Lima (aout 2007-aout 2008). En fin de compte, les gens sont plutôt dans les décombres. Tomas Munita (site ici) montrait un reportage sur la récolte du guano au Pérou mais il a un peu forcé sur Photoshop. Ramiro Chavez (iste ici) se consacrait lui à des photos empreintes de nostalgie sur Miramar, une ville Argentine située dans une lagune. Oscar Fernando Gomez (je n’ai pas trouvé son site mais son portfolio est visible ici) montre ce qu’il voit dans la rue, un accident, un type qui glande,etc.

Je termine avec cinq auteurs qui à mon avis se détachaient du lot. Malheureusement, je n’ai pas retrouvé le site de Mark Powell qui présentait des portraits sous formes de tirages en vrac sur la table.

Livia Corona (site ici) s’est focalisée sur l’habitat de masse: pendant le mandat de Fox, le Mexique a construit 2,4 millions d’habitations pour les pauvres, sans infrastructures, et par paquets de 20 000 a 80 000 maisons. Ce sont des images surprenantes, tant en plan large qu’en plans resserrés sur les habitants.

Nicola Okin Frioli (site ici) : des portraits couleurs geants de migrants qui ont rate leur coup au mexique: ampute, blesse par balle ou couteau mais portrait noblr sur fond noir.

Pavka Segura et Dante Busquets, avec leur série pioneeros nous offrent une visite vivante de Mexico avec des portraits et une visions originale. Un coin de l’expo reproduit un modeste intérieur mexicain avec un canapé ou on peut s’assoir pour regarder la télévision.

madrid - Istituto cervantes

Morfi Jimenez Mercado (son site ici, hélas en flash et avec du son en plus) exposait des portraits andins où il cherche à éviter le cote touriste de la couleur et le cote dramatique du noir et blanc. Du coup, ses couleurs sont peu saturées  et sa lumière christique produisent un effet saisissant.

15 octobre 2009 Posté par photoculteur | madrid | , , , , , , , , , , , , , , , | Pas encore de commentaires

PhotoEspaña – Galeries – 23 juillet 2009

A l’occasion de Photoespaña, qui se déroule chaque été à Madrid, de nombreuses galeries exposent des photographes ou des artistes utilisant ce medium. De façon générale, ce “off” est d’un excellent niveau et bien supérieur à l’accumulation assez improbable qui nous était servie à Arles cette année.

C’est ainsi que le 23 juillet, outre la visite à la Casa de America, au Circulo de Bellas Artes et au Museo de Colecciones ICO, j’ai visité, notamment, deux galeries.

Benveniste CP&P (Fernanflor, 6) présentait jusqu’au 6 septembre (c’était une expo de longue durée, commencée en mai), le travail de Guido Anderloni (Estudias preliminares). Ses insectes poussiéreux en gros plan sur fond noir font leur petit effet.

Blanca Berlín Galería (Limon, 28 Plaza Guardia de Corps) est  un peu excentrée comme galerie et on apprécie son parquet en teck et son atmosphère cosy et design. Elle est  a priori spécialisée en photo et les murs en étaient recouverts sans parler des stocks, en partie visibles.

De ce fait, et vu la variété des travaux, je ne vais pas citer tous les photographes présentés (j’en ai dénombré 18 !) et ce d’autant que le site web est une merveille du genre en permettant d’afficher de grands formats. Shin Yamazawa produit des nus (habituellement je ne suis pas amateur) mais là, c’est tentant (compter 2000 euros) mais il ne figure pas sur le site web, par exception. Les deux autres que j’ai retenus sont Beatriz Romero et Cesar Ordonez.

Beatriz Romero montrait ses paisajes artificiales, un jeu de trompe l’oeil très séduisant (compter 3-4 000 euros).

Cesar Ordonez propose un travail très sympa en photographiant des pieds et des jambes à Ashimoto, le tout à des prix raisonnables (compter 1700 euros).

5 octobre 2009 Posté par photoculteur | madrid | , , , , , , , , , | Pas encore de commentaires

PhotoEspaña – Casa de America et Circulo de Bellas Artes

Toujours dans la série de billets consacrés à PhotoEspaña, il faut évoquer deux lieux magnifiques qui abritaient des expositions officielles et que j’ai visités le 23 juilet.

La Casa de America (ou Palacio de Linares – ci-dessous), située à deux pas de la banque d’Espagne, dans un site majestueux, consacrait ses salles à Mauro Restiff. L’accès est gratuit.

L’ensemble présenté est très divers. Une salle montre des noirs et blancs de format géant, un peu granuleux ou le blanc est gris  avec surtout des vues urbaines mais aussi un pilier antique. Parfois les photos se répondent en faisant face dans la salle.

Une autre série (toma de posesion) montre des vues du rassemblement de l’investiture de Lula à Brasilia, en champ large, là-encore dans des tirages géants complétés de formats plus réduits sur le même thème, avec le même cadrage, de l’envahissement progressif des pelouses par la foule. Inauguracion reprend le theme de l’envahissement et de la foule (chaudement vêtue cette fois) aux États-Unis (on reconnait le Washington Monument).

Le Circulo de Bellas Artes (Alcalá 42) est quant à lui en face d’un palace, dans le même quartier, et son accès vous coûtera 1 euro (!) car l’association qui fait vivre le lieu a besoin de sous.

Je passe sur le film (city scene) de Zhao Liang, inregardable plus de 5 minutes sans s’endormir pour évoquer  Jindrich Styrsky et Patrick Faigenbaum.

Jindrich Styrsky est un artiste praguois mort en 1942; il a été écrivain, poète, illustrateur et photographe. Les séries exposées étaient man with blinkers et frog mann, toutes deux de 1934. Il s’agit de photos noir et blanc de vitrines, de détails de tombe, d’enseignes, etc, en prenant soin de ne photographier que des objets décrépis.

Patrick Faigenbaum est plus connu (enfin il me semble) et j’ai déjà parlé de son travail. Il montrait de très grand tirages où l’on retrouve les portraits de grandes familles italiennes en noir et blanc (surtout en gris et noir en fait) qui l’on fait connaître et sa série Santulussurgiu que j’avais vue à Paris (billet ici). Les nouveautés à mes yeux ce sont ses série en couleurs sur Brème et Barcelone, peu convaincantes et Prague ainsi que ses portraits féminins (dont sa mère) et un nu (tous en gris et noir). Le reportage en une trentaine de petits formats carres noir et blanc sur le pique-nique de bourgeois à la maison (lys chantilly-1989) m’a laissé dubitatif.

4 octobre 2009 Posté par photoculteur | madrid | , , , , , , , | Pas encore de commentaires

PhotoEspaña – Museo de Colecciones ICO

Dans le cadre de PhotoEspaña, le Museo de Colecciones ICO (Zorilla, 3) montrait une exposition intitulée Dorothea Lange – The crucial years, qui s’est achevée le 24 août et que j’ai visitée pour ma part le 23 juillet dernier.

Cette exposition est gigantesque puisque se déroulait sur plusieurs étages. Comme les autres sites officiels, les présentation sont bilingue et cette fois, chaque image était généreusement légendée. Voilà qui bat le Jeu de paume qui songe parfois plus à vendre un catalogue fort cher et bien documenté qu’à guider le visiteur. Bref. Je rappelle pour mémoire que cette exposition était gratuite, oui, vous avez bien lu ( 6,50 EUR l’entrée à la MEP, ça fait réfléchir).

Les tirages viennent du MCP de Chicago (Columbia college) et de la Bancroft library (UCLA – Berkley) et sont des vintage, à part quelques rares tirages issus de la Bibliothèque du Congrès (et qui sont modernes).

Evidemment, il y a  la photo iconique de Lange qui montre Florence Owens à l’âge de 32 ans en pleine détresse avec ses enfants, et deux autres clichés d’elle. Outre la crise financière qui sévit dans les années 30 aux États-Unis, l’agriculture est frappée par la sécheresse et de nombreux paysans émigrent vers l’ouest: la resettlement administration, qui fait partie du New Deal rejoint le ministère de l’agriculture en 37 et devient la FSA dont les reportages photos sont devenus emblématiques.

Les sites Internet traitant du sujet (en anglais) sont très nombreux, et on peut mentionner quelques sources gouvernementales comme ici sur Lange et la FSA et pour un regard plus affuté sur Migrant mother.

Des images moins connues sont aussi montrées. En particulier, on pouvait voir de nombreuses photos du processus odieux d’évacuation des americano-japonais pendant la seconde guerre mondiale. On voit ainsi les camions pour les emmener, les boutiques soldées, les enfants vaccinés, les vieux et les enfants avec une etiquette autour du cou. On comprend pourquoi ces images ont été maintenues sous le régime de la censure américaine à l’époque et peu vues finalement.

Quelques extraits d’une interview de 1964 figuraient sur les murs à titre de témoignage et la video de l’entretien (48 minutes) était visible.

Voilà une exposition historique d’un grand intérêt comme on aimerait en voir plus souvent en France.

4 octobre 2009 Posté par photoculteur | madrid | , , , , , , , , , , , | Pas encore de commentaires

PhotoEspaña – Galeries – Le tour des galeries du 22 juillet 2009

Des impératifs professionnels m’ont tenu un peu éloigné de mon clavier ces dernières semaines et il est vraisemblable que la charge ne diminue pas de sitôt.  Je n’en ai pas moins voyagé au Luxembourg (pour Photomeetings) et à Groningen au Pays-Bas (pour NoorderLicht) et j’en parlerai bientôt.

Pour le moment, il reste à terminer le récit des aventures madrilènes de cet été. Je poursuis donc avec la journée du 22 juillet, où seules les expositions officielles ont été relatées dans un billet précédent, pour passer aux galeries du “off”.

Je commence avec 5 galeries dont les travaux m’ont bien plu.

Chez Blanco Soto (Alameda, 18)  le projet de Paco Mesa et Lola Marazuela, intitulé parralele 45°25′ nord montrait des photographies prises sur ce parallèle à travers différents pays, un projet amusant que de tirer ainsi un trait sur une carte et de le suivre. Le projet montre également des cartes afin de situer la trajectoire des artistes.

Magda Bellotti (Fucar, 22) invitait Juan del Junco (série el sueno de ornitologo: cuaderno de campo). Il s’agit de tres grands formats couleur présentant des oiseaux morts, toujours sous le même angle de profil, de dessus ou dessous, parfois avec une etiquette. Chaque image est composée de plusieurs photos format une sorte de damier comme un rayonnage d’entomologiste. C’est assez troublant.

Tercer Espacio (San Pedro,1) exposait Elena de la rua montre des photos couleur de formats raisonnable de plantes dans une serre, entre portrait et paysage, sauvage et domestique. Chaque photo montre un morceau de la serre qui nous rappelle qu’on est dans un cadre non naturel. Un peu triste mais un travail honnête et intéressant.

Deux galeries avaient choisi un programme asiatique. Tribeca (Maratin, 7) ne paie pas de mine mais l’espace est assez vaste et l’accueil y est tout à fait charmant. On y voyait de grands tirages de Liu Wei avec ses fameux sauts suspendus dans le temps et ses acrobaties impossibles font penser a Darzaq ou Ramette mais lui penche plutôt pour la tête en bas et des scenes de groupe. Il y avait aussi un tirage vraiment géant en trois morceaux (presque 5 mètres de long), celui où  s’envolent 10 personnes depuis une BMW. Dolores de Sierra (San augustin, 15 bajo) montrait de son côté Hong Hao et il faut préciser que la galerie s’est clairement orientée bers le marché chinois. Ses très grand format couleur montrent une multitude de petits objets colores vu de dessous sur fond noir Certaines compositions sont presque abstraite (boutons, friandises). Cela se laisse voir, c’est très décoratif et au-delà peut-être pourra-t-on y voir un questionnement sur l’abondance de produits dans nos sociétés.

Je termine ce billet avec les propositions les moins convaincantes à mon goût.

Marita Segovia (Lagasca, 7) est une galerie mais surtout un lieu de vente d’antiquités. De fait, ce n’est pas extraordinaire comme photographies. Ion Sobera montrait un ensemble hétéroclite de vues en noir et blanc d’architecture en grand format, de petits trucs assemblés en mosaïque (comme des parasols) et des vues de port (des containers). Matias Costa présentait un ensemble un peu plus élaboré avec des paysages panoramiques aux raccords visibles et des paysages intimistes minimalistes.

Fernando Pradilla (Claudio Coello, 20) dont le site web en construction montrait Ding Musa, Vicente de Mello, Albano Alfonso, Beth moyses et Fernando velazquez mais très franchement, le caractère ultracontemporain (comprenez “minimaliste et obscur”) des travaux, qui exploitent la photographie d’assez loin et de façon extrêmement hermétique m’a laissé sur ma faim. La Fabrica Galeria (Alameda, 9) fait à peine mieux avec Ignacio Uriarte (son site énigmatique ici) qui montrait des diapos d’un décompte montrant les chiffres en lettres romaines constitués de… Stylos bic. A voir aussi des photos d’un papier blanc avec des ombres dessous. La galerie héberge des grands noms comme Marina Abramovic et Rineke Dijkstra. My name’s lolita Art (Almaden,12 bajo) montrait aussi des travaux conceptuels, avec une vidéo et des photos sur une table et sur les murs d’un type seul qu’on pourrait prendre pour un touriste. Le tout est totalement anonyme: pas de titre, pas de nom de l’auteur. Bof. En prime, surement d’un autre artiste, une photographie d’un plat où deux têtes (mouton et porc) se tirent la langue (ou, plus précisément, se roulent une pelle). Cela ne restera pas dans les annales.

Enfin, Formato Comodo (Lope de Vega, 5) ancrait son exposition dans le réel, contrairement au galeries évoquées ci-dessus, mais le caractère politique de l’exposition ne m’a pas séduit, pas plus que la forme retenue par le photographe, Alonso Gil, pour ses tirages. La politique, c’est le peuple Sahraoui. La forme, ce sont des tirages proches de l’aquarelle, sur papier à dessin. Une vidéo, interview d’un leader, complétait le dispositif.

4 octobre 2009 Posté par photoculteur | madrid | , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Pas encore de commentaires