Rome – Où voir de la photographie: une très brève sélection

A l’occasion de Fotografia, le festival romain de photographie, j’ai tenter de récupérer quelques adresses de lieux montrant de la photographie, indépendamment du festival, et ce n’était pas très facile.

Outre les lieux mentionnés sur le site du festival, j’ai trouvé une brochure publiée aussi sur un site web mais hélas les adresses web des galeries ne figurent pas (sauf exception) et il faut donc les chercher une par une sur Google: j’ai rapidement laissé tombé au vu de la minceur des résultats obtenus (le site est néanmoins pour les plus courageux).

En me rencardant sur quelques sites, j’avais cru trouver des galeries valables pas trop loin mais ce ne fut pas le cas sauf pour trois d’entre elles: Hybrida contemporanea (ici et Via Reggio Emilia 32/b), Mandeep (ici et Viale Dello Scalo San Lorenzo 55) et s.t. Foto libreria Galleria (ici et via degli ombrellari, 25 – b3). Le premier est à deux pas du MACro, le deuxième est derrière la gare de Termini dans un quartier un peu moisi en bordure de rocade (c’est aussi le quartier étudiant) et le dernier pas loin du Vatican.

Au final, je me suis dit que Rome n’était peut-être pas la ville la plus dynamique en la matière et qu’il fallait peut-être regarder vers Turin ou Milan..

Hybrida contemporanea montrait le travail de Resi Girardello (son site ici), des photos en ovale destinées à être vues en relief avec des lunettes bicolores. Mandeep montrait "Regno del fuoco: ai piedi dei vulcani italiani". Cette galerie montrait donc des paysages de volcans et les gens qui vivent à côté (c’est vrai qu’on oublie facilement que l’Italie est dotée de volcans actifs) avec le travail de Rocco Rorandelli, Michele Borzoni, Pietro Paolini et Simone Donati du collectif Terraproject (leur site ici) qui sera au Visa pour l’image à Perpignan. Le thème paraît purement documentaire mais en fin de compte les travaux montrés m’ont semblé allé au-delà de cette approche: cette exposition m’a bien plu. En prime, la galerie lit Polka, Foam et OjodePez ce qui est bon signe :) S.t. foto libreria galleria est d’abord une librairie spécialisée en photo mais les murs en sont couverts;  il est un peu difficile de s’y retrouver mais leur site web est très complet.


FotoGrafia – Festival international de Rome – Palais des expositions (fin)

Nous terminons la visite du Palais des expositions de Rome investi partiellement par FotoGrafia, le festival de photo romain.

Après les 14 écrans de projection, une salle plus petite réunit 20 lightboxes: elles sont destinées à montrer le travail de Giorgio Barrera (son site ici). Le nom de sa série, attraverso la finestra, indique clairement son mode opératoire: être dehors et photographier une fenêtre derriere laquelle se passe quelque-chose, à Berlin, Oslo ou ailleurs. C’est plutot sympa a regarder, colore, original et il y a une bonne adequation entre l’idee de la fenetre et la lightbox.

La salle montrait aussi sur lcd le travail des "académies" sans commentaires ni rien (40 auteurs). Lamentable.

La visite se terminait avec espace "mutations II" que j’avais déjà vu, peu ou prou, au MUDAM à Luxembourg: il s’agit de vidéos, domaine auquel je suis imperméable.

FotoGrafia – Festival international de Rome – Palais des expositions (suite)

Nus restons au palais des expositions pour la suite de Fotografia, le festival de photo de Rome et nous atteignons là le cœur du dispositif à savoir 7 écrans se faisant face (donc 14 en tout) pour projeter une multitudes d’œuvres en provenance de très nombreux photographes.

Rome-2009---plan-général

La déception bien sûr c’est ce dispositif qui ne peut se substituer à un accrochage à moins de ré-écrire les images : on ne projette pas les mêmes photos sur un écran LCD tout petit, sur un magazine, sur un grand écran ou sur un tirage papier. Le rapport à l’image n’est pas le même et ici cela pose un problème puisque dans la plupart des cas (au moins pour les auteurs que je connais), il s’agit de projeter des images conçues pour être tirées et exposées.

Ceci dit, l’exposition permet au moins de mettre en lumières des auteurs et de donner à voir leurs travaux même si les conditions sont mauvaises, c’est toujours cela de pris.

Stratos Kalafatis (série journal) nous montre un peu de tout: une fleur, un enfant dans l’herbe, etc. Un beau gâchis que de présenter une série plutôt sensible sur un grand écran à 5 mètres de distance. Son site rend mieux justice à son travail ici et je vous invite à le parcourir.

Rafal Milach exploite mieux le média en intégrant des commentaires audio en off et des interviews filmées en support de sa série consacrée à la fermeture d’un cirque en Pologne (série disapearing circus) où il nous montre les artistes retraités posant dans leur ancien costume de scène, notamment. Cet auteur, je l’avais déjà cité dans le cadre d’une expo aux Transphotographiques de Lille (billet ici), juste cité car le collectif Sputnik montrait… trop de choses. C’est l’occasion de mentionner son site web (ici) qui ne montre pas la série présentée à Rome, entre joie des moments passés et tristesse de les voir finis.

Trois auteuses (je ne sais pas si ça se dit) avaient moins de chance et se partageaient un même écran et pourtant elles ont du talent celles-ci. Il s’agit de Thekla Ehling (série summer heart – son  site ici est en allemand), Sarah Wilmer (série untitled – son site ici) et Julia Fullerton-Batten (série in between et série schoolplay - son site ici) dont je suis un grand fan (mais dont je n’ai jamais parlé car j’étais fan avant d’avoir ouvert ce blog) et à qui je n’ai pas (encore) acheté d’œuvre (elle est représentée en partie par Les Filles du Calvaire à Paris et à Bruxelles).

Ces trois photographes montraient des travaux variés et réjouissants avec beaucoup de fraicheur et de vrais morceaux d’enfance dedans ce qui correspondait parfaitement au thème de l’exposition (la gioia, la joie en italien). Le mieux c’est encore de voir leur site respectif. Je livre juste une image de Julia extraite de sa série in between (non, ce n’est pas du Darzacq ;) Elle travaille le thème de l’adolescence depuis depuis des années et cela lui a valu un prix HSBC en 2007 pour teenage series. C’était aussi la première fois que je voyais la série schoolplay. Qu’on ne s’y trompe pas, c’est un peu plus profond que cela en a l’air, au-delà de la joliesse. Je vous laisse farfouiller sur les sites des filles et vous creuser les méninges.

Beso Uznadze (série parallel lives – site ici) et Alexandra Catiere (série faith, hope, love – site ici) se partagent aussi l’écran et, là-encore, il y a une certaine cohérence dans ce choix puisque l’un et l’autre viennent de l’ex-URSS (Beso est géorgien, Alexandra est russe et vit à New York) et tous deux montrent des portraits de tous âges et sexes mais Alexandra est plutôt tourné vers des pauvres, notamment en couple, tandis que Beso se concentre sur les femmes de sa région (Tbilissi).

Bernard Plossu (série before the age of reason) et Dona McAdams (sélection d’œuvres) font figure d’anciens (ils ont tous les deux la soixantaine à peu de choses près) et c’est peut-être pour cela que le curateur à choisi de les associer sur un même écran. Avec Plossu, nous avons droit à d’émouvants noir et blanc témoignage de l’enfance et avec McAdams ce sont plutôt des scènes de rues et rassemblement des années 70 que cette auteure photographie comme des performances, elle qui a consacré beaucoup de son temps à photographier la danse.

Je passe sur Juliana Besley, non que son travail soit sans intérêt, bien au contraire puisqu’elle n’a pas hésité à jouer le rôle d’entraîneuse pour arriver à réaliser une de ses séries, mais il se trouve simplement que j’ai déjà vu son travail (last stop et Rockaway Park) à Paris (billets ici et ).

Wei Leng Tay (série Familiar spaces - site ici) et Manuel Capurso (série cities: instants separated by intervalls – site ici) sont réunis pour des travaux en revanche assez éloignés. Le 1er nous gratifie de banales scènes à la maison, de détails des intérieurs tandis que le second nous montre des portraits d’indiens sur fonds sombre. Je n’ai pas été vraiment séduit.

Athina Chroni (série people et moving – site ici) montre à la fois des portraits avec un fond comme décomposé en trois couleurs (un peu comme pour des images en relief) et une série de portraits dont la seule le visage est "bougé".

Jorg Bruggeman (série same same but different) et Patrick Mourral (série l’archipeles) se partagent l’écran. Les hippies vivant en foret de Patrick ne m’ont guère convaincu alors que le reportage de Jorg est vraiment inspiré en montrant l’étrange coexistence de touristes le plus souvent ridicules voire grotesques aux côtés des populations locales; la critique est virulente. C’est une de ses photos qui faisait l’affiche du festival.

Kuba Dabrowski (série having a coke with you - son site ici) nous sert quant à elle de ces images intimistes et personnelles (des pieds, un chien, une brosse à dents,etc) qui tendent à m’agacer. De même, Gus Powell ne dépasse pas son nombril  (série the lonely ones - site ici) en alternant un paysage américain et une "pensée" personnelle autocentrée.

Alejandro Chaskielberg (série the hide tide – site ici) fait un usage abusif du tilt-shift (voir billet ici) dont l’effet me parait vraiment éculé, pour des scènes naturelles de bucherons dans le détroit de la rivière Parana.

Eva Sauer (série untitled - série ici) et Maria Dahlberg (série partenze e arrivi – site ici) ne m’ont guère plus convaincu, la première avec des bords de mer et l’autre avec des portraits et quelques paysages. Peut-être l’usure visuelle après avoir visionné tant de travaux.

Je termine avec une très (trop) longue série de Rinko Kawauchi (série cui cui). Cela se présente initialement comme une histoire, celle d’un vieux monsieur japonais et de son épouse hospitalisée puis l’ensemble part dans toutes les directions (mariage, cimetière, cuisine, etc) et j’avoue ne plus guère avoir suivi. Cette série avait été présentée, je viens de le découvrir, à la fondation Cartier en 2005.

FotoGrafia – Festival international de Rome – Palais des expositions

On a évoqué rapidement le Off de Fotografia, le festival de photo de Rome, qui ne brille pas spécialement, peut-être en raison d’un échantillon trop réduit mais qui demeure en moyenne comparable voire supérieur, toutes proportions gardées, au Off d’Arles car au moins aucun médiocre "parasite" n’est venu se greffer sur l’évènement, ce qui est salutaire.

La déception la plus grande vient de l’exposition présentée comme centrale, au palais des expositions. La partie gratuite étant peut-être la mieux présentée, avec un vrai accrochage et non une projection de diapos.

Celle-ci montrait notamment les travaux de  Geovanny Verdezoto (série roma occulta) de petits formats panoramiques pris a faible hauteur à  Rome ce qui est un angle de vue original et qui peuvent être vus sur son blog (ici). C’est assez séduisant. Dans un autre registre, Guy Tillim, qu’on ne présente plus (il a notamment été exposé à la fondation HCB au printemps dernier), exposait roma, citta di mezzo, de  grands formats couleur sous un ciel couvert d’hiver avec une alternance de scènes vides et peuplées, d’antique et de moderne mais toujours avec un cadre urbain contemporain. Là-encore, un regard original sur Rome qui a fait l’objet d’un livre d’ailleurs.  On quittait Rome pour le Caucase avec David Monteleone pour des photos encore saisissantes bien que plus convenues peut-être  (à force de voir le Caucase…) dans sa série from the body to the soul.a journey in caucasus.

La partie payante, en revanche, décroche le pompon.On abordera ici les deux premières salles.

Nan Goldin, décidément très en vogue (marraine des rencontres d’Arles, rappelons-le) montrait 244 photos en diapos avec essentiellement la musique de Bjork. Comment dire ? Il s’agit du plus pur style Goldin, à savoir des photos de quotidien en l’espèce du quotidien essentiellement sexuel de couples (hétéro et homo). Sensation désagréable d’être un voyeur et un effet de masse et de répétition un peu lassant. Un résultat beaucoup moins réussi que le montage visible à Arles, plus rythmé, plus varié, finalement plus riche en émotions.

Venait ensuite une autre salle plongée dans l’obscurité car l’expo se déroulait sur sept écrans LCD (assez petits). Si un écran LCD était adapté pour regarder des photos, cela se saurait et comme en plus il faut bien avouer que les productions étaient pour certains d’une très faible ampleur, la frustration était de mise.

Fernanda Veron montrait ainsi eo ero vivo, vivo alla luce del sole, des photos couleur comme vieillies avec beaucoup de ciels et des incendies aussi.  Son site web (ici) permet finalement de mieux rendre justice à son travail que l’expo. Filippo Romano exploite un filon graphique assez proche dans sa série waterfront avec des bords de mers et des plages présentant comme des défauts dans le tirage et des couleurs irréelles.

Jacopo Benassi a choisi lui la vidéo ce qui est plus indiqué sur un LCD mais il ruse en montrant son livre de photo, the ecology of image, où il tourne les pages une à une. C’est un peu glauque. Il s’agit surtout de portraits un peu bizarres mais aussi de pieds et de souliers. Chacun son truc. En tout cas, ça ne laisse pas indifférent. Son éditeur montre des extraits éclairants et livre quelques commentaires (en français) ici. Carlo Bevilacqua n’a pas retenu le film mais les diapos avec un montage son et sous-titres anglais pour son reportage sur un illuminé qui a pris le parti de vivre en solitaire sur une ile, privé de tout (Gusbert Lippelt:low cost life).

Je passe sur Ingar Kraus qui présentait Davao, une série déjà vue (en partie) chez Camera Obscura à Paris (billet ici).

Javier Marquerie Thomas (série summertime) montre des polaroids soit cote à cote soit sur un seul côté de l’écran et on voit bien le problème de montrer son travail sur un écran. En plus, c’est très court. Par contre, son blog montre son travail de manière extensive et j’aime bien ses portraits, notamment sa série Flight of Fancy. Son site en espagnol est en partie traduit en anglais et figure ici.

Wanda Perrone Capano (série flatmates) montre côte à côte un portrait et un objet. Sur le coup je n’avais pas été convaincu mais curieusement cela ressemble à la série ci-dessus qui me plait tant. Je n’ai pas trouvé son site mais sa page (ici) sur le site de l’Istituto Italiano di fotographia qui ne montre pas hélas cette série.

On conclut cette première partie avec Andrea Botto (série horizons) qui nous montre des horizons presque en  monochrome bleu et aussi du noir avec juste quelques lumières. Encore un exemple d’un travail qui gagnerait à être tiré sur papier: au départ j’ai cru que le LCD était éteint et plusieurs personnes ont pensé comme moi… Son site (ici) est pas mal mais hélas la série horizon n’est pas visible (le lien est mort).

FotoGrafia – Festival international de Rome – Le off

Fotographia, je l’ai déjà dit, c’est décevant et le faible échantillon d’expositions du Off encore ouvertes n’est peut-être pas représentatif mais amène à la prudence pour l’édition 2010. Quoi qu’il en soit, tout n’est pas à jeter tout de même, loin s’en faut.

Au Touring club (c’est la librairie de l’association du même nom), c’est la série Indian stills de Carlo Bevilacqua (son site ici). C’est de la bonne photo classique noir et blanc de voyage, surtout des portraits. Elle sont vendues de 350 à 900 euros encadrées. Un cartel explique le cadre de son travail et on apprend ainsi qu’il a été vu aux Boutographies (à Montpellier) et à Brescia.

A la Casa della memoria e della storia, Liana Miuccio qui enseigne la photographie et dont le parcours universitaire est sans tâche (Mc Gill à Montréal, ICP à New York et nombreuses bourses) montre deux séries.  Une suite de petits formats noir et blanc portant sur son grand-père et son oncle et de plus grand formats en diptyques couleur pour un rapprochement d’images entre États-Unis et Italie (illustration ci-dessous). Un ensemble plutôt réussi.

rome-2009

Chez Icipici, on ne trouvait que 5 ou 6 photos d’une jetée sur une plage, presque le même plan, sans aucun commentaire ni cartel, dommage pour la photographe exposé, Jochem Schoneveld (pas de site web).

FotoGrafia – Festival international de Rome – Et au-delà, quelques impressions

Avant de passer en revue FotoGrafia au-delà de la synthèse express déjà réalisée, il faut bien dire deux mots de Rome et des romains au-delà des aspects pratiques déjà évoqués.

Tout d’abord, Rome est une ville bruyante: j’ai déjà évoqué le métro mais comme le réseau est indigent (on comprend pourquoi: creuser à Rome c’est buter sur un vestige) il faut bien palier le problème: les bus sont très nombreux, les scooters sont aussi très présents et plusieurs voies rapides ont été tracées, pénibles à traverser à pied et très bruyantes. La ville est ainsi déséquilibrée entre des vestiges et des quartiers clames desservies par rien (comme le Trastevere) et de l’autre des voies rapides utilitaires qui défigurent la ville et apportent bruit et pollution.

Ensuite, si les romains sont bien loin de l’image à deux balles que beaucoup de français colportent (celle du frimeur en lunettes noires, quincaillerie dorée au poignet et téléphone mobile vissée à l’oreille), il y a une chose qui m’a frappée c’est la présence voyante et bruyante des forces de police (en audi et bmw banalisée parfois, avec girophare !), absolument partout, et la multitude de forces de maintien de l’ordre que l’on peut dénombrer. Rien qu’à l’aéroport, étaient présents: l’armée, les carabiniers et la police nationale.  Mais il faut compter aussi avec la police locale, les douanes et la guardia di finanzia, entre autres. Il y a aussi de petits kioques climatisés en grand nombre dans les rues pour que les policiers y demeurent. Les services d’urgence, aussi multiples, roulent également à grande vitesse toutes sirènes hurlantes. Avec la chaleur, c’est très pénible.

Enfin, Rome est une ville chaude l’été et assez peu verdoyante. A part les jardins Borghese, qui valent le déplacement et dont l’accès est gratuit (enfin quelque chose de gratuit :), l’ombre manque et les occasions de se rafraichir sont rares (en plein été, les 35° à l’ombre, sans être la règle, sont possibles). C’est sans doute pour cela que les gelateria (magasins de glace) et les petits camions, couleur crème, de glaciers sont présents partout.

Tout cela pour dire que la ville n’est pas très agréable à vivre l’été.

On peut ajouter aussi que si la ville n’est pas désertée par les romains, elle est envahie de touristes et les files d’attente dans les musées sont décourageantes. Pour ma part, je me suis contenté surtout de flâner et il y a déjà beaucoup à voire entre la Place Saint Pierre, la Piazza del Popolo, le Castel Sant’Angelo, la Piazza Navona, le Quirinale, le Colisée, la Fontaine de Trévie et les forums.

J’ai visité deux musées, pas des plus fameux de Rome mais moins bondés. La Galleria Nazionale d’Arte Moderna dont la visite à 10 euros ne s’impose pas vraiment faute de pièces majeures (de mon point de vue) bien que l’on puisse y admirer (au compte-gouttes), Degas, Monet, Van Gogh, Cézanne, Duchamp, Klimt, De Chirico, Modigliani et Mondrian. C’est peut-être les trois âges de la femme de Klimt qui est le plus frappant.

L’autre musée que j’ai visité est gratuit (eh oui), il s’agit du MACRo, dédié à l’art contemporain et sur lequel je vais revenir.

FotoGrafia – Festival international de Rome – En pratique

Le Festival FotoGraphia se déroule à Rome, au printemps mais, cette année il a été décalé pour des raisons d’organisation (tant pis pour ceux qui avaient réservé leurs vols…) du 29 mai au 2 août 2009.

Pour se rendre à Rome, le seul moyen c’est l’avion (environ 2h de vol). EasyJet désert Rome via l’aéroport de Ciampino qui est un aéroport secondaire (destiné aux charters) mais pas plus loin de Rome que celui de Fiumicino (l’aéroport principal). Il existe des navettes par autocar climatisé entre Ciampino et la gare de Termini (point névralgique au centre de Rome où convergent tous les moyens de transport en commun) et il faut compter de 30 minutes à une heure selon le trafic. Il est possible de réserver l’autocar avec le billet d’avion (8 euros aller-retour, ce n’est pas cher mais c’était une promo a priori et c’est le meilleur compromis) ou sur place (il y a plusieurs compagnies concurrentes).

J’ai choisi Easyjet car c’est le moins cher (et de très loin) et que pour un vol aussi court je me moque éperdument du décorum. Seul hic, à l’aller, 5 heures de retard et un refus de remboursement malgré les conditions du contrat (peu claires il est vrai tant la traduction depuis l’anglais est approximatives): nous avons juste eu droit à un paquet de chips, un casse-croute et une bouteille d’eau ce qui est fort peu pour une demi-journée de séjour de perdue. Bravo donc à Easyjet qui vient de m’envoyer un sondage qualité (!) et n’a pas répondu à mon mail de protestation au bout d’une semaine.

J’ai retenu, également par EasyJet, un hôtel de type quatre étoiles à Rome. J’ai fait une erreur grossière en retenant cet hôtel, le Milton Roma (155 VIA EMANUELE FILIBERTO) que je déconseille formellement. Situé à l’intersection de deux voies rapides (bien qu’au centre de Rome), l’hôtel n’est nullement insonorisé et le tramway fait vibrer les murs (je voyais l’eau dans ma bouteille onduler à chaque passage, c’est dire). Il peut s’agir de la faute à pas de chance mais vérification faite sur le plan de l’hôtel, 50% des chambres sont côté rue. L’hôtel n’est pas pourvu de restaurant ou de bar ce qui est pénible si on veut dîner rapidement le soir (mais là, c’est ma faute, j’ai mal choisi). La chambre était minuscule et l’unique lit (une place) très étroit. Le ménage n’a pas été fait tous les jours: en cinq jours, l’aspirateur n’a pas été passé une seule fois. Lamentable pour un quatre étoiles qui n’en vaudrait pas plus que deux en France.

Le coût total est de 535 euros pour 5 nuits (petit déj inclus) vol inclus (14 juillet 11:40 – 19 juillet 19:05) sans aucun des nombreux suppléments proposé par easyJet. Il est à noter que le cout du vol est faible au regard de l’hôtel: je ne l’ai plus en tête (et il n’est pas resté affiché sur la facture, dommage) mais c’est de l’ordre de moins de 100 euros aller-retour.

Il va de soi que si je reviens à Rome ce sera peut-être par Easyjet mais je chercherai avec plus d’attention un hôtel valable ou un autre moyen d’hébergement moins couteux au regard des prestations (soit chez le particulier soit en institution religieuse, ne riez pas, cela se fait souvent et c’est tout indiqué à Rome :)

Du coût j’ai économisé sur la nourriture, sautant le repas du soir (réduit à une banane) et me contentant d’un panini le midi (4 euros). Finalement, on vit très bien ainsi (au moins 4 jour). Pour faire les courses, la gare de Termini comprend tout un tas de commerces: on peut y achetez un plan, des bouteilles d’eau, des bananes, des panini, etc. Comme j’en avais tout de même un peu assez des casse-croûtes (et que tout de même je ne suis pas non plus dans la misère), je me suis fié au Petit Fûté mais je me suis cassé le nez deux fois (Birreria Peroni et Da Valentino-Peroni) et finalement seule une adresse était ouverte, où on parle français en prime, La Proposta (Via Terni, 13). Comptez 20-25 euros. A proximité des jardins Borghese, je conseille une spaghetteria, A Casa Di Alice (Via Bergamo, 34) dont la cuisine familiale, simple et bonne, est assurée par la propriétaire. Ils ne font que des spaghetti, c’est excellent et le service est gentil et rapide; il faut compter 8 euros les pâtes avec l’eau gazeuse bien sûr.

Le seul truc pas cher à Rome d’ailleurs c’est l’eau (gazeuse) à deux euros la bouteille d’un litre au restaurant (et éventuellement l’eau des nombreuses fontaines, gratuite, mais je ne m’y suis pas hasardé).

Les transports en commun à Rome sont à peu près incompréhensibles pour le touriste, à part le métro qui avec deux lignes seulement n’aide pas beaucoup. Le métro est rapide et climatisé mais la ligne B n’est pas très moderne. Les stations de métro ne sont pas climatisées et il y fait une chaleur à crever sans compter qu’elles sont sonorisées par des annonces de service et de la publicité sur des télévisions: c’est assez insupportable. Il faut donc marcher et la ville est plus étendue qu’elle n’en a l’air donc méfiance. On peut acheter des tickets de métros dans des distributeurs qui font même la monnaie sur des billets (mais ça ne marche pas toujours) et utiliser un abonnement moins cher si on se promène pas mal.

FotoGrafia – Festival international de Rome – Un bref retour

Avant de reprendre le fil des billets sur Arles, voici un bref retour sur FotoGrafia (site ici) , le festival international de la photo à Rome (j’en rentre à l’instant et j’ai une oreille bouchée :(

En un mot, décevant. Heureusement que Rome dispose de bien d’autres attraits.

Il faut savoir que ce festival se déroule au Palais des Expositions et dans 26 autres lieux (des galeries notamment) mais en ce moment il n’y en a plus que trois ou quatre d’ouverts. Parmi ces derniers, j’ai trouvé une petite expo sérieuse (commentaires bilingues et papier explicatif) et une autre bien faite (dans une librairie, avec des explications qui se tiennent) de photos de voyage mais aussi une galerie de fermée et 5 photos se battant en duel dans une agence de je ne sais quoi. Au final, si ce petit échantillon est représentatifs de l’état des 26, c’est tout de même un peu inquiétant pour envisager de revenir.

Quant au Palais des expositions, où seule une exposition de Gérard Rancinan était déjà close, le dispositif était encore complet. Le programme annoncé (entrée payante à 10 euros) était alléchant avec des travaux des photographes issues des Académies et institutions culturelles de six pays, installées à Rome, soit près de 40 noms, une exposition de Nan Goldin (Heartbeat), une autre de Giorgio Barrera (Attraverso la finestra), une exposition collective (Mutation II Moving stills) et aussi une trentaine de photographes pour une exposition collective intitulée La Gioia. En complément, le Palais des expositions montrait (gratuitement) une exposition de Davide Monteleone, une autre de Guy Tillim et enfin le travail de Giovanni Verdezoto (les deux derniers montrait une série centrée sur Rome).

En fin de compte, si l’exposition gratuite montre bien des photos, l’exposition payante n’en montre guère accrochées aux murs: il s’agit de diaporama classique (Nan Goldin, mais il y a une justification), de visionnage sur écran LCD ou de projections géantes. Un seul fait exception à ce traitement, Giovanni Verdezoto avec des tirages papier. Vous me direz qu’après tout les photoreporters sont passés des  magazines aux cimaises alors pourquoi pas des cimaises à la diapo. Pourquoi pas en effet mais on regarde pas une projection à un rythme imposé à 4 mètres de distance comme on regarde à sa guise (en sautant une image, en passant du temps sur une autre) une photo à 50 cm de soi. D’ailleurs, je sais que les photographes (enfin au moins ceux que je connais) ne vendent pas des diaporamas ou des films mais bien des tirages…

Dans le pire des cas, les travaux semblaient très incomplets et anonymes : un seul écran LCD partagé par l’ensemble des académies, sans légende ni rien du tout. C’est un peu se moquer du monde.

Ceux qui étaient projetés sur écran géants se partageaient une même salle où coexistaient 7 écrans (un peu en hauteur) dans une cacophonie indescriptible, certains ayant sonorisé leur travail.

Quant à Mutation II Moving stills, il s’agissait de vidéos (ce qui n’est pas ma tasse de thé) que j’avais déjà vues (certes pas toutes mais bon…) au MUDAM à Luxembourg.

Au final, à côté d’Arles par exemple, le rendement coût/intérêt de la visite est désastreux. Je ne suis donc pas sûr d’y retourner l’an prochain et si c’est le cas, ce ne sera pas plus de 2 ou 3 jours et il s’agira alors d’être sélectif car la mauvaise nouvelle c’est que certaines expositions dans les galeries ne sont visibles que tardivement l’après-midi (ce qui neutralise les matinées) sans pour autant se clôturer très tard le soir. Précisons également que se déplacer à Rome n’est pas évident pour qui ne connait pas le plan des bus ou qui ne dispose pas d’un scooter (le métro pour des raisons évidente est embryonnaire) et vous comprendrez que 2 ou 3 jours c’est suffisant au regard du volume d’expositions à voir mais peut-être pas assez en terme d’organisation personnelle et logistique.

Je reviendrai plus tard plus en détail sur les travaux vus car, même si l’événement est exagérément survendu, il y avait quand même des photos intéressantes (et puis à Rome il y a plein de choses à voir :)