Vienne – Mois de la photographie 2010 – Jour 5

Et voilà, fin de l’épisode historique "Vienne 2010" avec le 5ème et dernier jour qui portera sur l’exposition qui se déroulait chez mo.ë (Thelemangasse 4/1) qui apparemment a mis la clé sous la porte… L’expo était assez copieuse avec une douzaine d’auteurs mais finalement peu de photographes… Il y a vraiment peu à sauver du naufrage: éventuellement Judith Stehlik, Sophie Pölzl (vague silhouette dans le noir) et Antoinette Zwirchmayr.

Autant dire que l’édition 2010 de ce mois de la photographie à Vienne n’était pas particulièrement fructueuse ce qui m’a incité à être très sélectif pour l’édition 2012 afin de limiter les déconvenues sur place et à dégager ainsi du temps pour les richesses artistiques et muséales locales, hors du champ photographique. Quant aux lieux éliminés en 2012, je les ai visités depuis mon domicile ;)

Vienne – Mois de la photographie 2010 – Jour 4

Nous approchons de la fin de notre périple rétro-viennois à l’occasion du mois de la photo 2010 dans la capitale autrichienne. Rendez-vous chez art-com Gallery (Schottenfeldgasse 64) … qui a coulé dans l’intervalle: tant pis pour Gerhard Aba qui montrait des femmes en moignons dans une abiance érotico SM malsaine et pour Martin Siebenbrunner et ses photos de mode. Galerie ArtPoint (Universitätsstraße 5) exposait sur le thème de l’Albanie donc, bon, intérêt limité pour le sujet. J’ai vu le travail de Leonard Qylafi (un négatif dans un positif) et des frères Fusha, Bevis (un parc à Tirana) et Albes (bunkers et portraits d’enfants notamment). J’ai raté Alketa Kurrizo.

La mauvaise série se poursuivait avec la Galerie INTakt/workstations (WUK, Währinger Straße 59, Stiege III) dont le lieu était difficile à trouver sans aucun flêchage. L’expo était ridicule avec une ou deux images par auteur réparties dans deux salles  faussement "underground". Pas moyen non plus d’associer travaux et auteurs. Un grand moment de solitude où l’on se demande pourquoi on est venu à Vienne… conforté par un tour sur le site (quand il existe) des auteurs présentés que je ne listerais même pas. L’institut slovaque, Slowakisches Institut (Wipplingerstraße 24–26), ne rattrape rien de la journée avec une dizaine de photos “de famille”, de vie quotidienne en couleur par Petra Cepková.

Le seul point (relatif) de satisfaction est venu du centre tchèque (qui exposait aussi plus tard en 2012), Tschechisches Zentrum (Herrengasse 17) avec le travail de Josef et František Seidel, des photos vers 1900 de la campagne locale, en format agrandi toutefois.

Le prochain billet sera consacré à la dernière journée à Vienne.

Vienne – Mois de la photographie 2010 – Jour 3

pour ce voyage dans le temps (en 2010) et en Autriche (à Vienne) à l’occasion du mois de la photo, nous voici au MUMOK dont l’accès était gratuit ce jour là (et voila 9 EUR d’économisés).

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Le titre de l’expo était Hyper Real (on peut voir l’affiche qui l’indique, ci-dessus) et il y avait une foule de photographes (et autres): John Ahearn, Richard Artschwage, William Bailey, Lewis Baltz, Robert Bechtle, William Beckman, Peter Blake, William Christenberry, John Clem Clarke, Chuck Close, Alex Colville, Robert Cottingham, Robert Cumming, John De Andrea, Saskia De Boer, George Deem, Thomas Demand, Vincent Desideri, Rackstraw Downes, Don Eddy, William Eggleston, Ahmed Egmeri, ERRO (Guðmundur Guðmundsson), Richard Estes, Eric Fischl, Claire Fontaine, Lee Friedlander, Gérard Gasiorowski, Juan Genovés, Franz Gertsch, Domenico Gnoli, Ralphs Goings, Andreas Gursky, Ira Joel Haber, Kyungah Ham, Richard Hamilton, Duane Hanson, Jann Haworth, David Hockney,  Candida Höfer, Jean Olivier Hucleux, Gözde Ilkin, Alain Jacquet, Jasper Johns, John Kacere, Howard Kanovitz, Alex Katz, Konrad Klapheck, Peter Klasen, Jeff Koons, Fritz Köthe, Laszlo Lakner, Louise Lawler, Saul Leiter, Alfred Leslie, Roy Lichtenstein, Konrad Lueg, Allan McCullum, Richard McLean, Joel Meyerowitz, Nicholas Monro, Jacques Monroy, Malcolm Morley, Lowell Nesbitt, Philip Pearlstein, Tom Phillips, Sigmar Polke, Stephen Posen, Mel Ramos, Martial Raysse, Lois Renner, Gerhard Richter, Stephen Shore, James Rosenquist, Mimmo Rotella, Thomas Ruff, Ed Ruscha, John Salt, Paul Sarkisian, Markus Schinwald, Ben Schonzeit, Cindy Sherman, Société Réaliste, Paul Staiger, Nikolaus Störtenbecker, Thomas Struth, Wayne Thiebaud, Sidney Tillim, Jeff Wall, Andy Warhol, Tom Wesselmann, Paul Wiesenfeld et Gerd Winnerhter.

C’était une expo à voir, pas à décrire, et le mieux si on l’a ratée, c’est d’acheter le catalogue (il valait 38 EUR et je vois des petits malins qui tentent de le revendre à plus de 100). Sinon, en prime il y avait aussi des travaux d’actionnistes viennois, c’est un peu spécial.

Pour le reste, il fallait chercher un peu la Alte Markthalle Wien Mitte (Landstraßer Hauptstraße 1d) qui comme son nom l’indique est tout près de gare centrale mais enb fait c’était un lieu en plein travaux à peu près aussi engageant que le Ragnarok déjà évoqué (sauf que là en plus il y avait de la grosse musique et des jeunes formant un tas, avec des bières). Autre difficulté sur place, l’identification des auteurs, presque impossible à part pour 4 d’entre eux sur … 17. Et parmi ceux là (Tamara Sudimac, Hanady Mustafa, Anna Patricia Obermeier et Sebastian Freiler), seul ce dernier dispose d’un site web, qui vaut d’ailleurs la visite bien qu’on y retrouve pas les photos exposées (dyptiques visage souriant/évocation de suicide).

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Quant aux 13 autres, le score n’est pas meilleur, un site tumbler ou un vieux blog avec quelques images prises au pif, dans le meilleur des cas, ne font pas un site web digne de ce nom: Eva Ellersdorfer, Lisa Haslmair, Niko Havranek, Matthias Heschl, Marie-Thérèse Jakoûbek, Marlene Karpischek, Iris Kavka, Martina Pöllmann, Corinna Radakovits, Amelie Schillhuber. D’autres ont bien un site web mais n’ont pas semble-t-il pas (encore ?) de véritable projet artistique: Carina Hinterberger, Margit Hubner etStefanie Pollmann. Un bilan donc particulièrement décevant a posteriori alors que sur le coup l’expo n’avant pas paru inintéressante…

Vienne – Mois de la photographie 2010 – Jour 2

Toujours à Vienne pour un "revival" du mois de la photographie 2010 resté dans les cartons du Photoculteur…

k/haus Galerie (Karlsplatz 5) montrait Gregor Schmoll et ses minuscules photos les plus diverses dont des réinterprétations (de Man Ray notamment). La Galerie INOPERAbLE (Burggasse 24/1) qui opère surtout dans le street art exposait Martha Cooper qui jouit d’une certaine notorité, ici avec des petits formats de "célébrités" du tag. Dans un garage, comme son nom l’indique, le Weingarage Bründlmayer (Grünentorgasse 34) exposait 3 auteurs avec 5 ou 6 photos chacun et ce n’était pas terrible (en plus il faisait froid) mais les sites web de chacun permettent d’avoir une idée plus juste (et favorable) de chacun: Daniel Gebhart de Koekkoek (voir notamment ses série pour VICE), Clemens Fantur (qui exposait en fait pour la 1ère fois en 2010 et qui a exposé à Paris et Brighton depuis), Christian Flatscher (de l’architecture seulement).

Le Ragnarhof (Grundsteingasse 12) qui était encore un lieu d’expo en 2012, avait déjà l’air louche avec son look de squat, en 2010, près d’un ciné porno et d’un salon de massage gay. De nuit l’impression n’est pas très engageante. Pourtant, ce n’est pas si mal et 6 auteurs étaient montrés dont Eva Unterwurzacher, Judith Kaltenböck et Patrizia Gapp revues deux ans plus tard au même endroit (mais je ne m’en souvenais pas)… CVe ne sera peut-être pas la peine d’y retourner en 2014.

Le Showroom Ulrike Hrobsky (Grundsteingasse 40) exposait Andrej Pirrwitz dont la série tempophile (3 à 5 000 EUR tout de même) qui m’avait bien plu mais son site web est hélas peu réussi. La Slowenisches Kulturzentrum Korotan (Albertgasse 48) était aussi mystéroeux en 2010 qu’il l’était en 2012 avec 10 photos noir et blanc assez indécodables de Jože Suhadolnik.

Vienne – Mois de la photographie 2010 – Jour 1

Nous voilà revenu à Vienne, et à nouveau pour le mois de la photographie, mais en 2010 cette fois. Evidemment le temps passant il est légitime de faire le tri, c’est pourquoi je ne reviendrais pas (par exemple), sur le MUSA (l’expo étant une redite d’expo déjà vue ailleurs) ni sur les galeries fermées ou introuvables et autres mauvaises surprises qui n’ont plus d’intérêt désormais.

On va commencer doucement avec une seule visite, celle de la Galerie Bäckerstraße (Bäckerstraße 4). Les artistes présentés étaient nombreux et la plupart utilisent d’autres moyens d’expression que la photographie  dans leurs travaux. Quelques uns n’ont pas de site web (Eva Kern, Matthias Herrmann, Alice Durs, Judith Saupper, Martin Bilinovac) et d’autres ont une approche qui parait moins créative ou artistique que commerciale (Petra Rainer, Wolfgang Krammer, Peter Bosch).

Il demeure ainsi quatre auteurs. Theres Cassini montrait deux lignes de portraits alternant jeune fille et homme d’âge mûr, en couleur et en noir et blanc, avec des expressions variées. Deux tirages sur plexi éclairés par LED montrait un homme et une jeune fille tenait chacun un pain de glace… Du côté de Benjamin Eichhorn, rien de bien captivant non plus mais son travail sur le "motif" (floral notamment) visible sur site web mérite attention. La technique lenticulaire dominait un peu trop le "fond" du travail Maximilian Pramatarov don t les portraits sont visibles sur son site web. Le grand portrait de femme en souffrance sur fond noir de Borjana Ventzislavova est absent de son site mais par contre, même s’il se "résume" à un pdf, il vaut vraiment le coup d’oeil, largement tourné vers l’identité européenne et les migrants.

Vienne – Mois de la photographie 2012 – Jour 6

Et voila, l’heure est venue de conclure la série d’articles tardifs consacrés au mois de la photographie 2012 à Vienne. Et comme je n’avais jamais encore visité l’Albertina (alors que j’avais déjà passé du temps à Vienne auparavant) l’occasion s’est présentée avec une exposition temporaire consacrée au corps. L’Albertina est surtout connu pour ses dessins me semble-t-il mais des photographies font parties de sa collection, le site web permet d’y faire des recherches (par ici).

L’exposition temporaire (Körper als Protest) était modeste par la taille avec une demi-douzaine de photographes seulement. On retrouvait Coplans avec ses fameux plans serrés sur des parties de son corps vieilli, Hannah Villiger avec un remontage de son corps découpé en carrés, Mapplethorpe (sans surprise) ou Hannah Wilke. Ketty La Rocca montrait notamment une radio de sa tête où un poing remplace sa tumeur, Bruce Nauman nous gratifiat de grimaces tandis que Miyako Ishiuchi exposait de très vieux corps tâchés. Pendant ce temps là, durant 14 minutes, Vito Acconci s’arrache des poils en vidéo.

Une fois cet amuse-gueule passé il reste donc le coeur de l’Albertina, à savoir les magnifiques salons meublés où l’on peut démabuler en toute liberté et qui valent le coup d’oeil à eux-seuls, et, bien sûr les fameux dessins qui ornent certains d’entre eux mais qui au final ne sont pas si nombreux. Peu nombreux mais des plus grands noms (parfois à deviner car mentionnés en italien) puisque s’y bousculent Tiepolo, Rubens, Schiele, Canaletto, Dürer (en couleur, avec le fameux lièvre), Raphaël (Raffaello Santi) et Michel-Ange (Michelangelo Buonarroti).

Il fallait profiter de l’occasion pour voir aussi l’exposition consacrée au leg Batliner, intitulée Monet bis Picasso, une accumulation incroyable: Sisley, Cézanne, Malevitch, Monet (une étude de water lilies, très colorée), Klimt, Degas, Lautrec (à ses débuts avec … un cheval), Signard, Bonnard, Vlamick, Matisse, Derain, Van Dongen, Munch, Kokoshka, Nolde, Kupka, Popova, Rodtschenko, Modigliani, Picasso, Miro, Giacometti (sculpture et peinture), Klee, Ernst, Brancusi, Appel et Magritte. Rien que ça.

Enfin à l’Albertina contemporary, on pouvait voir 150 oeuvres de la collection entre oeuvres internationales et production autrichienne. Tout en allemand. Aucune video, aucune photo et une large place au dessin. Les salles étaient désertes malgré Richter, Klei, Rainer et Baselitz (un peu trop présent il est vrai).

Vienne – Mois de la photographie 2012 – Jour 5

Nous reprenons la visite en différé du mois de la photographie à Vienne qui se tenait en novembre 2012, avec la Kunstlerhaus (Karlsplatz 5). L’entrée est, par exception, payante, à 8,50 €.  Il y avait pas mal d’installations et de vidéos et tout était en allemand. Deux grandes salles étaient consacrées à Sabine Hauswirth avec de grands portraits de viennois peut-être connus. Pez Hejduk occupait aussi plusieurs salles avec 90 photos d’architecture en format carte postale puis des photos de salles vides et puis aussi des travaux photographiques de documentation de lieux de travail d’artistes, designers et architectes. Bof. A l’étage, Marko Zink, avec 4 grands formats évoquait les mystères de l’hôtel (ex: un bras dépasse de la porte par terre). Pas mal. Il était annoncé une exposition de Vice Magazine mais ce n’étaient que quelques affiches.

En fait, le gros de l’exposition était au rez-de-chaussée sous le titre "Me myself and i". Sissa Michelini montrait un triptyque (3 mêmes filles dans une piece), Sabine Maier exposait 5 nus vus de près décolorés et rouges sur plexi transparent et Mathias Herrmann 6 portraits d’un type musclé avec perruque ou lunettes, entre autres. Aucun d’eux n’a de site web… Susi Krautgartner exposait un portrait noir et blanc où les cheveux cachent le visage.

Les 5 auteurs suivants n’ont pas de site web. Elisabeth Wörndl montrait des autoportraits, une orte de danse et 40 petits formats de lieux et tenues différentes. Leo Kandl se contentait d’un type pensif en costard devant des haies et topiaires. Paul Albert Leitner produisait des cartes postales surtout (photo collée sur une page avec un bref texte) en auto-portrait en costard ridicule et lunettes noires dans des lieux divers. Linda Christanell montrait des photos de photos laissées sur un lit et des trucs divers dans une vitrine tandis que Klaus Pamminger mettait ensemble une light box de chaises avec une vraie veste posee dessus. Bref.

On conclut la visite avec ses auto-portraits et leur double dans des scènes banales de Willy Puchner, les 6 grands formatrs de sacs noir transpârents sur fond blanc contenant  des trucs bizarres de Renate Bertlmann, les 5 banieres verticales remplies d’impressuions diverses de Karin Mack, une facade percée de fenetres montrant toute le même bar mais avec des gens divers de Michael Michlmayr, un tressage de bandes de photos de Brigitte Konyen (un peu comme celle de Jarbas Lopes vu à Madrid) et enfin les portraits impassibles à l’improbable chapeau en papier noir de Josef Wais.

Après ce long et décoiffant parcours, petite visite à la Galerie Hummel (Bäckerstraße 14), lieu ultra contemporain et petit avec finalement peu de photographies à part  Rodney Graham, Valie Export et Gunter Brus (qui pour le coup sont plutôt de vieilles gloires).

Pour finir la journée en beauté, rien ne vaut Le Belvedere, lieu magnifique et pas trop loin en fin de compte (20 minutes) mais les oeuvres sont très autrichiennes et pas toujours de 1er plan; il est vrai que lorsqu’on peut accéder aux grands musées parisiens on devient difficile. En haut, le fonds permanent ne m’a pas paru extraordinaire en dépit de quelques Renoir, Manet et Degas mais par contre il se tenait l’expo à ne pas rater sur Klimt à l’occasion de ses 150 ans, une expo en tout point remarquable que ceux qui l’ont manquée tenteront de compenser avec le livre publié à l’occasion. En bas (le Belvedere est constitué de deux bâtiments séparés par un jardin en pente), le lieu est consacré uniquement à des expos temporaires et là, pas de chance, elle était consacrée à la nuit (Die Nacht im Zwielicht), bof.

Vienne – Mois de la photographie 2012 – Jour 4

Pour le 4ème jour à Vienne à l’occasion du mois de la photographie c’était un peu la récréation avec le Château de Schönbrunn au programme et qui se trouvait pas très loin à pieds en venant de l’hôtel. C’est un grand château avec un grand parc et une gloriette en haut des jardins qui n’a pas beaucoup d’intérêt sauf la vue qui vaut la peine de réaliser la petite ascension à pieds. Il n’y a pas de musée mais simplement les lieux à visiter et ce n’est pas passionnant (seules quelques salles attirent vraiment l’attention ou ont un intérêt historique marquant – la chambre de l’Empereur avec son petit lit métalique où il mourut, la cabinet où il recevait, etc) à tel point que la visite “rapide” (dite impériale – 20 minutes) me semble préférable au grand tour (50 minutes) que j’ai réalisé. Après ce bol d’air bienvenu, direction Hofburg. A Hofburg on peut voir de l’argenterie, les appartements de Sisi et de son empereur de mari mais, en venant de Schönbrunn, les visites d’appartements, ça ne s’imposait pas. En revanche il y a la salle au Trésor qui est immense et que j’ai visitée. En fin de compte, elle mais ne compte pas tant que ça de trésors: il y en a mais ce n’est aussi sélectif que les trésors de la Tour de Londres ou ceux de la couronne du Danemark à Copenhague. Il compte en particulier un grand nombre de vêtements, et tout spécialement de tabards dont l’intérêt ne saute pas spécialement aux yeux.

Après cette pause historique, retour dans le monde moderne avec l’exposition qui se tenait au Schauraum 11 (Absberggasse 27) à l’occasion du VIPA 2012. Les textes en allemand seulement ne facilitaient pas la compréhension (la mienne en tout cas). Chacun avait droit à trois tirages seulement sauf les gagnants. J’ai trouvé cette exposition réjouissante et ai revu le travail de Kenneth o’Halloran ce qui est toujours bienvenu même si ce n’était pas LE tirage que j’espérais (ses trognes d’irlandais valent vraiment le coup).

Bongiovani et Cogliandro montraient des photos de couples en congés en très petit format suivis par Jan Brykczynski et donc Kenneth o’Halloran. Heinz Stephan Tesarek présentait trois projets avant les noir et blanc géorgiens de Justyna Mielnikiewicz et ceux de Anna Arendt. Jim Lopez montrait des miséreux au Guatemala suivi de Sanja Knezevic. Damien Daufresne montrait trois projets en noir et blanc au rendu proche de la gravure suivi par la Slab City (une sorte de campement de marginaux dans le désert en Californie) de Teri Havens.

On termine avec les trois primés, tous en noir et blanc: Jacques Borgetto(3ème) avec ses mennonites en Argentine, Julie Glassberg (2ème) avec des des bikers à vélo un peu déjantes et Antonella Monzoni 1er prix) avec une Arménie triste,froide et pluvieuses.

Pour finir la journée, rapide passage chez Kulturdrogerie (Gentzgasse 86-88), en allemand seulement petit lieu improvisé pour une expo modeste avec les scénettes jouées par des handicapés par Johanna Tatzgern, les 120 granges (la même a priori sous divers angles et à différentes saisons) de Christine Baumann et les portraits cachés sous couverture de camouflage de Christine Spatt.

Vienne – Mois de la photographie 2012 – Jour 3

Nous restons à Vienne pour le 3ème jour consécutif à l’occasion du mois de la photographie. Le Slowenisches Wissenschaftsinstitut in Wien (Seilerstätte 2) montrait quelques photos floues prises au travers d’une vitre de train par Blaž Zupančič. La Galerie Steinek (Eschenbachgasse 4) ne faisait pas mieux avec une sorte de cahier de "notes photographiques" réalisé aux Etats-Unis par Matthias Herrmann (l’exposition est en cours jusqu’au 10 janvier 2013).

La Galerie Rauminhalt (Schleifmühlgasse 13) est quant à elle un espace de vente de meubles (rares) mais l’espace se prête bien à l’exposition de photographies, en grand nombre mais à hauteur de une ou deux pièces seulement pour chacun des 16 auteurs. Je ne citerai ici que ceux qui disposent d’un site web et d’un projet et ce sera vite vu car il ne reste que Daniel Jarosch  et son ruisseau après l’avalanche et le portrait de tatoué par Dimitrios Vellis.

Vienne – Mois de la photographie 2012 – Jour 2 – Kunst Haus Wien

Le séjour se poursuit à Vienne à l’occasion du mois de la photographie 2012 avec un passage éclair chez WestLicht (Westbahnstraße 40) où je m’étais cassé le nez la veille, pour y voir en vrai les oeuvres dispersées lors d’une vente aux enchères que j’avais parcourue à distance déjà sur mon PC. Une occasion de voir de belles pièces gratuitement sans toutefois y découvrir de raretés. Un peu loin dans le même quartier je suis allé chez Galerie Raum mit Licht (Kaiserstraße 32) pour y découvrir le travail énigmatique de Anita Witek, exposé jusqu’au 15 décembre dernier, et surtout pour y voir le travail des petits jeunes de la Schule Friedl Kubelka (si j’ai bien compris). Autant la 1ère salle était surchauffée, autant le cabanon qui accueillait le travaux des jeunes (un ou deux seulement par personne) était glacial et, après quelques recherches sur le web je n’ai trouvé que peu de sites web de ces photographes et aucun avec un projet artistique à part celui de Laurent Nostitz. En gros, j’aurais mieux fait de rester au chaud à déguster une part de Sacher Torte.

Le (très) gros morceau de la journée c’était le Kunst Haus Wien (Untere Weißgerberstraße 13) avec une exposition hautement recommandable qui dure jusqu’au 13 janvier 2013.  Le site est un peu loin de tout et j’ai failli ne pas entrer au vu du thème et puis, finalement, si, et je ne regrette pas, bien que le sujet soit un peu étrange: le Photomaton ou, plus exactement, "Foto-Automaten-Kunst". Avec l’incontournable Clément Chéroux, le Musée de l’Elysée et le Kunst Haus Wien comme curateurs on ne pouvait pas être déçu. L’entrée est payante (10 €) mais ça les vaut (300 travaux, 60 artistes), avec une traduction intégrale en anglais et un vrai travail intelligent de curateurs, remarquable.

L’exposition est à l’avant-dernier étage du musée et commence avec des photos publicitaires de photomaton datées de 64 et de 92, des vignettes de morceaux de cabine par Jan Wenzel, une typologie de rideaux de photomaton juxtaposés verticalement comme des rideaux de théâtre par Naomi Leibowitz et puis aussi un appareil baptisé Le maton, un drôle d’objet pour produire de petites photos en bandes pour amateurs, dont on voit aussi des tirages vers 1930.

Steve Pippin s’expose dans un auitoportrait réalisé dans la rue en détournant un photomaton pour en faire un pinhole. Svetlana Khachaturova sort aussi le photomaton de son usage en utilisant un miroir qui reflète l’extérieur de l’appareil et dissimule largement l’artiste. Je passe sur Bruno Richard et Franco Vaccari dont l’inévitable pornographie se devait de figurer. Nakki Goranin dont le livre sur le sujet est une référence a collecté des clichés de photomaton aux États-Unis et ici il s’agit d’une série de baisers, pas toujours très chastes. Dans les années 80, le rideau a été raccourci de moitié afin d’éviter des débordements devant l’objectif.

Viennent ensuite les expérimentateurs comme Arnulf Rainer (du mouvement actionniste viennois, en 69) et bien sûr les surréalistes qui voient dans la photo automatique le pendant de l’écriture automatique si bien qu’on voit ainsi, très sages pour la plupart, Yves Tanguy vers 1929, Max Ernst, Queneau, Eluard, Aragon et Breton. Au passage on apprend que le 1er photomaton à Paris a été installé en 1928 (la marque quant à elle est née en 1936).

Certains artistes ont réalisés des expériences comme Daniel Minnick qui dégrade les bandes qui deviennent ainsi abstraites ou Franco Vaccari qui invite les visiteurs de la biennale de Venise 72 à laisser une trace photographique de leur visite sur les murs. On n’échappe pas non plus à Wharhol et on termine l’étage avec un curieux mélange de Purikura (des photos très kawaï, sous vitrine), d’autoportraits avec célébrités des années 30 à 50 par Willy Michel, le travail de mémoire de Amanda Tetrault où la photo permet d’essayer de sauver ce qui reste de la personnalité fissurée de son père et le travail de Lorna Simpson qui mène un travail sur le statut de la femme noire américaine depuis les années 80 (avec ici de multiples photos encadrées souvent tachées).

A l’étage, l’exposition se poursuit avec "la bande" (ça rend mieux en anglais: the strip) car en fat l’exposition est structurés en thèmes avec 4 ou 5 artistes à chaque fois. Jan Wenzel (vu à l’étage du dessous) nous bluffe avec ses scènes réalisées par juxtaposition de clichés et quand on le voit faire on voit bien la difficulté du processus (il fut être motivé car avec un bon logiciel c’est facile comme tout). On voit ensuite Jared Bark puis Jeff Grostern qui est le fils du créateur du photomaton canadien et qu’on voit donc vieillir sur 36 ans… Dans une veine plus joueuse on retrouve Topor avec un Topormaton dan Charlie mensuel, comme une BD avec du texte. Raynal Pellicer anime 4 images en boucle sur de petits écrans LCD. Jean Michel Alberola forme le mot "rien" en 4 clichés. On reste dans le conceptuel avec Michel Salsman qui expose une longue série où il ajoute a chaque fois un de ses portraits au précédent pour former un visage composite de lui-même. Alain Baczynsky s’est rendu chez son psy et a fait une photo pour résumer l’entretien soit 242 en tout; quelques unes sont exposées (certains sur l’envers pour lire le commentaire). On ne coupe pas à Cindy Sherman. Susan Hiller montre des agrandissements avec des gribouillis. Gillian Wearing penche aussi pour le grand format où elle se transforme en un membre de sa famille, ici elle se montre à 40 ans comme si elle en avait 17 (en provenance du site de sa galeriste, Maureen Paley).

Sabine Delafon exposait une partie des 700 clichés d’elle-même, ici il s’agissait d’avis de recherche … d’elle-même dans de nombreuses langues. On reste dans le conceptuel avec encore des autoportraits mais cette fois les yeux barrés de fils de couture rouge (du vrai fil) par Anita Cruz-Eberhard. Jurgen Klauke fait lui aussi dans l’autoportrait avec 12 grands clichés noir et blanc dont certains identiques mais tous munis d’un titre surimprimé (artiste, soldat, etc). Je  passe sur David Wojnarowicz et sa série en masque de Rimbaud (vu à Arles – ici). Tomoko Sawada se déguise aussi en 100 personnages exposés sur les 400 qu’elle a réalisé d’elle même, une sorte de Sherman japonaise.

Dans une veine plus militante, Michael Fent reconstitue des photos d’identité d’immigrés, trouvées sur la plage et Mathieu Pernot nous sert une fois encore des photos de gosses dans une critique de l’enregistrement des tziganes (vu à Arles ici). Je passe sur Ruff bien mal servi avec une pauvre photo pour évoquer Anne Deleporte et son accumulation de détourages de photos empilées.

On termine avec l’incontournable série de photos trouvées, avec livre (et vidéo du livre dont on tourne les pages) pour Michel Folco et Joachim Schmid (vu à Arles ici) et sans livre pour Dick Jewel dont les photos sont simplement réunies dans de grands cadres.