BIP 2010 – Liège – B9

La visite se poursuite au B9 dans ce flashback de BIP 2010 avant  un court séjour à Liège la semaine prochaine pour l’édition 2012. Willem Popelier illustrait les 39 règles qui régissent la photo d’identité aux Pays-Bas (en France, on en compte à peu près le même nombre) avec 39 photos où il tente de violer chaque règle. Les photos ont été réalisées par 39 photographes. 20 seulement ont été rejetées finalement.

Anne Michaux avec exodus montre 2 tirages sur bâche, des scènes de départ bien sûr mais avec des figurines.

Simon Norfolk montrait de grands diasec ultraclean de superordinateurs: je ne m’étends pas car j’avais déjà évoqué son travail (billet ici) et à proximité se trouvait un mur de photos de bombes dont pas mal de vintage des 40′s et 50′s qui m(ont fait à l’exposition où j’avais déjà vu son travail, à Groningen. Claudio Hils avec red land, blue land explore des vestiges d’exercices de combat su un terrain d’entrainement, les maisons et les mannequins. Mathieu Pernot exposait 6 vues noir et blanc des Baumettes en plein air et la série des hurleurs (les prisonniers et les proches à l’extérieur crient pour se faire entendre les uns des autres), un auteur qu’on vu à plusieurs réprises, par exemple chez VU’ en 2010 (billet ici). Nico Bick reste dans l’univers carcéral et montre des cellules …qui se ressemblent toutes à quelques bricoles personnelles près. Nicolas Clément montre 3 gardes avec chien: on reste dans le même univers. Avec Lucinda Devlin (chez son galériste  m-Bochum) ont va plus loin dans la répression avec des chambres à gaz et autres fauteuils électriques qu’elle parvient presque à rend beaux, en grand format carré, polis et nets. Les tables d’injection font peur.

Olivier Mirguet (ses images chez VU’) montre Los Angeles de nuit avec des photos noires sur lesquelles se détache ce qui éclairé par un hélico de police. Anne Daems exposait  81 diapos, miami women, some cars, some husbands. Katja Stuke (encore – déjà vue aux Brasseurs – billet ici et même à Arles – billet ici) montrait cette fois des images qui semblaient tirées d’un film ou sont extraites de vidéos de caméras de surveillance. Trevor Plagen reste dans la veine de la surveillance et de l’observation avec des images sobres et mystérieuses de traces de satellite espions dans le ciel (son site web fait parfois penser à X-Files et à la zone 51 ;-) Paul Seawright montrait de grands formats clair des zones de combats Afghans, un auteur revu depuis en Irlande (billet ici). Marc Wilwert avec zero sun montre ce qui est peu vu, de grands formats de lieux qui ne voient jamais le soleil, souvent des lieux souterrains et ou industriels.

Jurgen Klauke montrait un diasec géant d’un scan d’aéroport, l’artiste étant présent dans la boite. Bof. L’exposition se terminait de manière toute indiquée avec Bertillon et ses fiches anthropométriques.

BIP 2010 – Liège – Brasseurs

Nouys  poursuivons notre revival de BIP 2010 à Liège avec Les Brasseurs.

Francois Goffin montrait une alternance de "choses simples" (titre de la série) et d’ autoportraits. Anne de Gelas alternait entre photos de fac-similés de cahiers et de petites photos noir et blanc. Pol Pierart avait choisi de minuscules noir et blanc amusant entre surréaliste et bande-dessinée dans la veine de l’absurde cher à nos amis belges avec des "photos de textes", pour ainsi dire. Katja Stuke réalise de grands portraits avec cette trame verticale qui résultent de l’agrandissement d’une vidéo et renvoient à ses usages: télévision de masse et surveillance. Il y a comme du voyeurisme et de l’inquiétude là-dedans. Laurie Polson livrait un reportage documentaire sur les arrières-cours de la mort avec pompes funèbres (titre de la série), objets funéraires et autre joyeusetés comme le lieu d’exposition du macchabée. Matthew Pillsbury montraient des ombres seules à subsister dans des lieux en noir et blanc, un peu comme ces photographies anciennes qui paraissent vides de gens car le temps de pose long a effacé leur bref passage. Laura Baudoux, encore étudiante montrait une série de petits portraits noit et blanc souriant de maladie d’Alzheimer.

Sarah van Marcke est moins effrayante, quoi que, cette fille en posture inattendue dans des paysages divers n’inquiète pas, certes, mais reflète peut-être une triste condition de solitude moderne. C’est la série qui m’a le plus convaincu. On n’en dira pas autant de la série horloge interne par Marine Dricot consacrée aux enfants, à laquelle je préfère la série racine carrée (pas exposée mais visible sur le web de l’auteur).

BIP 2010 – Liège – Maw

Nous poursuivons ce retour vers le passé de la BIP avec l’édition 2010 et cette fois on se rend au MAW – Salle Saint Georges, toujours à Liège bien sûr. L’exposition était consacrée en partie à la photographie, d’autres médias comme la vidéo étaient aussi représentés et je n’en parlerais pas ici.

Julien Berthier (très représenté) n’est pas un photographe mais un artiste utilisant parfois la photo pour témoigner de ses interventions, j’aime tout spécialement self, l’arbre qui s’est coupe lui-même ses branches à la hache, ou Everything’s gonna be alright où ce texte est écrit à la bêche dans un jardin. Il est représenté par une galerie parisienne mais je n’avais jamais vu son travail.

Tilman Peschel montrait 9 photos d’un type empétré dans des fils dans un escalier,  un farfelu se jetant sur des matelas ou bien mimant l’homme fusée avec un bric à brac improbable et plus généralement se livrant a des travaux improbables. Il fait partie de ceux que j’ai revu plus tard à Paris au Centre Wallonie-Bruxelles (billet ici). Lucie Malou dont le site web est en déshérence montrait des panneaux autoroutiers mais sans les destinations. Nathan Baker montrait  un diasec géant d’une salle de bain aux éclaboussures roses évoquant le sang mais venant d’une bouteille ouverte, dégoulinante (ci-dessous en provenance de sa galerie)

Anna et Bernhard Blume (qu’on a vu à la MEP avec de petits polaroids  billet ici)  montrait trans-skulptur, un triptyque et un diptyque géant montrant un homme en proie à l’attaque d’une molécule géante. Andrew Savulich montrait des tirages noir et blanc de reportage aux États-Unis et certains sont tragiques (on pense à Weegee – Savulich est photographe pour le New York Daily News) ou comiques par un certain "décalage". Je passe sur Edouard Levé, qu’on a déjà vu (et revu depuis – billet ici) et qui faisait l’objet d’une très longue exposition consacrée à deux séries fameuses ("pornographie feinte" et rugby).

On termine avec Corinne Mariaud et sa série désordre, des corps ramollis posés en ville, pas mal !

BIP 2010 – Liège – Grand Curtius

A la veille d’une visite à la BIP 2012 qui se tient en ce moment à Liège, il est temps de revenir sur l’édition 2010 que j’avais visité et très brièvement commentée, essentiellement pour en dire beaucoup de bien et donner quelques infos pratiques (billet ici).

Au Grand Curtius le programme était berlinois et les artistes (plus que photographes pour la plupart) sont représentés par de grandes galeries (du coup ils ont rarement un site perso – on n’a mentionné ici que ces derniers). Thorsten Brinkmann  montrait vidéos, installations et photographies de type un peu grotesque.

Frank Thiel montrait 3 caméras de surveillance en diasec géant. Simon Menner regroupait tout un tas d’objets ayant servis d ‘arme ce qui revêt un caractère absolument fascinant car on y trouve de tout, soigneusement photographié sur fond neutre comme une pièce de musée innocente: hachette, statuette, gourdin (le modèle à clous a ma préférence), couteau, ciseaux, l’imagination humaine n’a guère de limite en la matière.

Viktoria Binschtock montrait des photos noir et blanc et couleur fortement pixellisées un peu comme des agrandissements de photos de presse, centrées sur les garde du corps, le politicien étant toujours tronqué: un travail intriguant baptisé suspicious minds.

Ulrich Gebert avec bloody mess montrait des photos d’intérieurs dévastés avec meubles cassés en grand format diasec ainsi que minuscules tirages couleur a priori d’entrainement de forces armées dans une ville factice (sie & wir). En fait, il s’agit de la même réalité, les intérieurs sont simplement ceux des maisons en carton pâte destinées à l’entrainement. Tobias Zielony dévoile lui-aussi ce qui est peu montré en utilisant l’infra-rouge: en l’espèce des types louches de nuit dans des parcs (big sexyland) qu’on imagine se prostituant ou dealant. Ricarda Roggan poursuit dans cette veine de violence réelle mais vaguement dissimulée avec des autos cabossées en grand format mais sous bâche ou prises dans un éclairage poussiéreux. On conclut avec Sebastian Stumpf qui est plus étrange que violent avec 12 diapos (marcher à l’envers) où l’on voit un type marcher sur la tête dans la rue. Au final une exposition plus orientée art contemporain que photographie même si ce medium y est dominant et qui décoiffe avec des noms peu connus (il me semble) en France.

BIP 2010 – Un rapide retour de visite de Liège

Hier je suis allé à Liège pour voir BIP 2010 (site ici) qui dure jusqu’au 25 avril 2010.

Le cœur du festival est composé de 4 expositions payantes (8 euros chacune mais le pass est à 18 euros ce qui est plus raisonnable) et trois autres gratuites. Un festival Off complète le dispositif mais à ma date de visite toutes ou presque étaient déjà fermées.

Depuis Paris, il faut 2H15 et l’aller-retour m’a couté 55 euros moyennant des horaires fantaisistes (départ 6H25 et retour 20H20) au regard des horaires des expos qui commencent toutes à 13h (sauf exception) et finissent à 18H, hélas. En fait, c’est surtout le Off qui ouvre plus tôt mais comme je l’ai dit, la plupart de ses sites avaient déjà fermés. Du coup, on peut passer seulement l’après-midi mais sera très juste pour voir les expositions même en se limitant aux seules payantes. L’idéal si c’était à refaire c’est de profiter du Off en arrivant plus tôt dans la saison et de passer 1,5 journée sur place.

Sur place, quelques bonnes adresses glanées ici et là. Pour les restaurants: Frédéric Maquin (47 B rue des Guillemins à 200 mètres de la gare et ici) compter 40 euros, Enoteca (5B rue Casquette et ici) compter 25 euros et le fameux Café Lequet (17, Quai sur Meuse) pour sa spécialité liégeoise, les boulets (avec frites), compter 8 euros.  Pour le dessert, la pâtisserie  Stoffels (10 rue Saint Paul) et  Galler chocolat (2, rue du Pot d’Or). Je serai bien allé chez Lequet mais le lieu ne m’a pas inspiré confiance et Galler fermant à 18H00 j’ai juste contemplé le rideau qui descendait sans pouvoir acheter de chocolat :( Il reste heureusement les gaufres que l’on peut acheter partout.

On arrive en Thalys à la gare Guillemins et la plupart des expos sont dans le centre de Liège (et très rapprochées) mais  il faut compter 20-25 minutes à pieds ou prendre le bus pour le rejoindre.

Les expositions sont de très bon niveau ce qui peut surprendre pour une ville "de province" et elles mêlent à la fois des confirmés et des émergents, voire des étudiants, ce que j’ai trouvé excellent comme idée. On reçoit sur place un plan guide dépliant très bien fait et une petite carte à faire cocher quand on visite un lieu. En revanche, même si le site web est limpide, détaillé et précis, c’est dommage ne pas y trouver le plan en PDF. Le catalogue est vendu 15 euros mais pour ma part j’ai choisi de compléter ma collection de View magazine avec les deux derniers numéros (en France les frais de port sont dissuasifs).

Je ne peux au final que conseiller chaudement la visite de ce festival (en plus il faisait beau).

D’autres articles suivront, en retard, comme pour Noorderlicht (Groningen), une série de billets que j’ai bientôt finie et pour Photomonth (Londres), série de billets que je n’ai même pas commencée  :(

Allez, tous en Belgique !