Galerie Nuke – David Birkin

La galerie Nuke présente jusqu’au 22 novembre le travail photographique de David Birkin.

La rue Sainte Anastase qui abrite cette galerie est vraiment merdique (étroite et sale, ornée de vieilles baraques et de commerces minables) mais on y trouve aussi la galerie Sit Down (dont j’ai parlé récemment ici) et la galerie Jean Marc Patras dont je ne parlerais pas car on y voit en ce moment le travail de Samuel Fosso que j’ai déjà vu à l’Atelier des forges à Arles cet été (et dont j’ai fait un billet ici).  David Birkin (dont le site web est ici et dont proviennent les images ci-dessous) est exposé dans la pénombre de la galerie Nuke, avec 6 ou 7 photographies seulement. Dans la pénombre car les photographies sont sombres et rétroéclairées (ce qui ne doit pas être pratique à exposer chez soi).

David Birkin a travaillé, nous dit-on, dans la souffrance, prenant des positions volontairement inconfortables qu’il essayait de tenir. Il s’agit donc d’autoportraits mais on ne reconnait personne : certaines zones des images (le visage et le sexe notamment) sont volontairement floues. Pas moyen de dire s’il s’agit d’un homme ou d’une femme, d’un jeune ou d’un vieux, à moins d’examiner toute la série à la recherche d’indices. Ces images sont fortes et dérangeantes : ces corps tordus photographiés dans un flou qui les anonymisent ou donne l’illusion d’un mouvement (pour se libérer d’une contrainte ?) sont gênants. Pas un visage ou un regard où s’accrocher pour lire le ressenti des personnes. Simplement des corps humains chosifiés, posés sur un socle, toujours, comme une statue sur son piédestal.

La texture particulière des images, avec un gros grain, et l’éclairage par derrière qui accentue les contrastes donnent un aspect brut, primal, à cet exercice. La galerie dans la pénombre met aussi un peu mal à l’aise et n’incite guère non plus à entrer (vu de l’extérieur, on a l’impression qu’il fait tout noir dedans).