Le Jeu de Paume et notamment son site place de la Concorde (Métro Concorde) produit régulièrement des expositions montrant le travail de photographes renommés, plutôt contemporains. Parmi les récentes expositions, on peut citer celles concernant Lee Miller (billet ici), Richard Avedon ou Robert Frank (billet ici).
Après le bide Harun Farocki | Rodney Graham, voici donc à nouveau une exposition accessible au grand public d’un des grands noms actuels de la photographie, Martin Parr. L’exposition est justement intitulée Planète Parr car elle ne montre pas que le travail de Martin Parr mais aussi sa collection d’objets et sa collection de photographies (tant britanniques qu’internationales).
Autant dire tout de suite que l’objectif est atteint : en montrant les diverses facettes de l’homme, on voit mieux son fonctionnement et onvoit mieux d’où vient son travail. Ainsi, les nombreux photographes britanniques exposés, dont beaucoup sinon la plupart m’ont semblé méconnus démontrent que Martin Parr ne vient pas de nulle part (ah ah) mais est l’héritier d’une tradition britannique.
Il y a en revanche une corolaire à cette vision à 360° de Martin Parr, c’est la présence de ses collections dont le moindre que l’on puise dire, c’est que leur intérêt est nul, leur existence seule importe, et le visiteur passera vraisemblalement peu de temps à contempler des montres Saddam Hussein ou des verres Thatcher. Seules exceptions, peut-être, les tapis de prière faisant référence au 11 septembre, assez frappants et, naturellement, dans un tout autre registre, la collection de livres de Martin Parr. Chacun sait qu’il a produit un livre sur les livre de photos qui a provoqué une envolée des prix de tous les bouquins qui s’y trouvaient cités. Martin Parr lui-même avoue que sa collection de livres de photo est la plus aboutie de ses collections. On veut bien le croire.
La fraction présentée de sa collection de photographies montre des pièces sans surprise et la surprise vient plutôt du caractère éclectique de ce qui est montré. Martin Parr ne collectionne pas du Parr et c’est tant mieux : noir et blanc et couleur, ancien et contemporain, photographes aboutis ou émergents, occidentaux ou japonais, portraits ou paysages, etc, tout le champ est couvert.
Quant au travail de Parr lui-même, c’est presque le parent pauvre de l’exposition mais les murs ne sont pas extensibles. Le choix a été fait de montrer un travail sur les riches en temps de crise, acide à souhait, ainsi qu’un reportage en Grande-Bretagne. Ce dernier, relégué en fin de parcours avec quelques journaux punaisé aux murs fait pâle figure. En revanche, la satyre sociale que nous livre Parr sur les nouveaux riches et la haute société est toujours un régal : il montre avec délice le trop. Trop de maquillage, trop de nourriture, trop de strass, trop de marques, trop de clinquant. Il montre aussi le raté avec talent : la tâche qui tue sur une robe de cocktail, les bourrelets, les rides. Il montre aussi le grotesque : les lunettes noires ou trop ouvragées, la fourrure à gogo, etc.

C’est une exposition à voir, et pas trop cher, jusqu’au 27 septembre 2009. Le site est climatisé. Le site de Martin Parr montre les travaux exposés en rubrique "récent" (ici).















