Unseen PhotoFair 2013

Il y a quelques seamines je suis allé à Unseen Photo Fair à Amsterdam (après un passage éclair et coûteux au Stedelijk Museum qui ne vaut pas ses 15 € d’entrée). A 70€ l’aller-retour, il ne faut pas se priver; on peut y ajouter les 23,95 € du menu chez Haesje Claes et les 7,50€ pour le pass transport de 24 heures (à acheter à la sortie de la gare à droite à la station de métro, par exemple).

Arrivé sur le site de la foire, je suis passé rapidement dans le petit pavillon consacré aux photographies "pas chères"  qui ne sont hélàs que des modèles réduits des tirages originaux et j’ai zappé l’exposition JR (dont le marketing est excellent, c’est toujours ça) regrettant celle de Camera Work de l’an passé.

Je ne me suis pas attardé non plus à la foire aux livres où une foule compacte empêchait à peu près toute circulation (et c’est bien dommage de ne pas aérer cette sympathique manifestation avec un espace plus grand). En revanche j’ai complété ma collection de Foam Magazine dans la serre prévue à cet effet (qui n’accepte pas les cartes bancaires par une étrange bizarerie). Ces divers espaces étaient d’accès gratuit, contrairement au coeur de l’exposition qui repose sur deux lieux se faisant face et une multitude de galeries. Je faisais partie des early birds et j’avais donc un billet à prix réduit quand je l’ai échangé à l’entrée contre un bracelet qui permettait aux garde-chiourmes d’identifier ceux qui avaient payé leur dîme.

Pas de surprise dans la salle ronde (Gasouder), découpée en quartiers de fromage comme l’an passé. Des surprises en revanche dans le choix des auteurs, dont un grand nombre m’était inconnu ce qui m’a ravi (tant qu’à faire 7H de Thalys, autant voir du neuf) et en même temps un peu inquiété sur ma connaissance du marché. J’ai été agréablement surpris par la diversité des stands, des formats et des techniques et j’ai noté un retour à des formats (et prix) me semble-t-il plus réalistes.

WordPress ne permettant pas en ce moment d’insérer des liens clicables, ce qui suit est essentiellement le relevé des galeries (en gras) et des auteurs exposés, ce qui en l’état a un intérêt limité.

Je vais simplement, histoire d’alléger le tableau, citer tous les photographes exposés dont je me souvenais du travail, on verra qu’il y en a assez peu: Viviane Sassen (série pikin sleen) en petits formats et solo show chez Stevenson, Trine Sondergaard, Astrid kruse Jensen, Fabian Unternahrer et Schnabel et Benitah (petits portraits noir et blanc) rehaussés chez Esther Woerdehoff, Penelope Umbrico, James welling, Rauschenberg et Gadirian chez Aperture, Mona Kuhn, Jessica Backhaus, Noémie Goudal, Richard Mosse, Anders Petersen, Julie Cockburn, Tiane Doan na Champassak, Phillip Toledano, Hassink et Tod Hiddo chez Kaune Posnik Spohr, Pieter Hugo, Ruud van Empel. Erwin Olaf,  Rob Hornstra, Moryima? La Chapelle, Phyllis Galembo, Miles Alridge.

G/P gallery: Takashi Kawashima,Taisuke Koyama, Daisuke Yokota. A partir de 1200-2000 euros. Stigter van Doesburg: Alexandra Leykauf, Max Natkiel, Peggy Frank ( gouache sur papier brillant) et Elspeth Diederix. Martin van Zomeren: Katja mater, Scheltens et Abbenes. Michael Hoppen: Chloé Sells, Alberto Villar, Ashkan Honarvar, Jeff Bark (à partir de 1500-2200 €). Julie Saul Gallery: Arne svenson.sarah Anne johnson.Carolyn Janssen.pas mal de te travail sur photo.reinier gerritsen. Galerie vu: Maja Forsslund, JH Engstrom, José Ramon Bas, Esther Vonplon. A partir de 1200 €. Martin Asbaek: Ebbe Stub Wistrup, Nicolai Hovalt. Van zoetendaal collections: aucun nom ne figurait mais il représente entre autres Paul Kooiker. pas de noms.  Aperture: Jason Evans, Éva Fiore Kovacovsky, Barbieri, etc. Wim van Krimpen: Helena van der Kraan, Holger Niehaus, Tanja Deman. A partir de 690 €. Flowers London: Tom Lovelace, Esther Teichman, Lorenzo Vitturi. Sabrina Amrani: Larissa Sansour (palestinaute) et Amina Benbouchta (auto-portraits cachés). Kuckei + Kuckei: Guillermo Srodek-Hart, Guy Tillim et Miguel Rothschild. Boetzelaer Nispen: Anouk Kruithof. Wouter van Leeuwen: Michael Wolf, Pietro Mattioli, Grégory Halpern, à partir de 490 €. Edel Assanti: Nicolai Howalt. Next level galerie: Asako Shimizu, Céline Nieszawer, Ronan Guillou. Fons Welters: Paulien Oltheten, Berend Strik (photo brodée de tissus). Gun gallery: Julia Hetta, Mikael Janssen. Gallery Kant. Photographers’ gallery: David Robinson, Martin Lindqvist, Jessica Eaton et John Hinde. Gallery Taik: Joakim Eskildsen, Santeri Tuori, Tanja Koljonen et Maija Savolainen. lhGWR: Karianne Bueno, Krista van der Niet, Iana Mesic, Stephan Keppel, à partir de 850-1000 €. Kahmann gallery: Katrien Vermeire, Barry Kornbluh, Tiane doan na Champassak, Lonneke van der Palen, Schilte et Portielje, à partir de 1000 €. Tagomago. East wing: Philippe Dudouit et Mari Bastashevski. Mirko Mayer: Dan Dubowitz, Ralf Bauer et Harald f. Müller. Les filles du calvaire: Corinne Mercadier. Cokkie Snoei:  Abri de Swardt, Elza Jo et Jonas Lund. The wapping project bankside: Edgar Martins. Flatland gallery: Jaap Scheeren, Stanislaw Lewkowicz. Wagner et partner. Natascha stellmach (photo et dessins). Christophe Guye: Esther Mathis, Sascha Weidner,  Lina Scheynius (1500-1800 €), Rinko Kawauchi. Robert Morat: Marten Lange (à partir de 850 €), Peter Puklus (950-1500 €), Simon Roberts. Aando fine arts: Tilman Peschel, Kim Boske, Bien-u Bae. Juliette Jongma: Misha de Ridder, Lisa Openheim. Alex daniels reflex Amsterdam: Hisaji Hara. The empire project Istanbul: Ali Taptik, Jasper de Beijer, Gozde Turkkan, Esra Rotthoff.

Sur le pourtour du fromage, outre les stands gâteaux et boissons, on trouvait quelques partenaires ou galeries très modestes. J’ai retenus les "jeunes talents": Florian van Roekei, Anika Schwarzlose, Willem Popelier (que j’avais vu à Liège), Ola Lanko et Natascha Libbert.

Et puis aussi j’ai bien aimé Polly’s picture qui montrait de vraies découvertes avec Anna de Jong, Philipp Dorl, Suzanne Posthumus, Liam Tickner, Anne Huijnen, Lotte Reimann, Sara-Lena Maierhofer, Isabelle Wenzel. Le tout pour quelques centaines d’euros. Font partie de la plateforme aussi, mais je n’ai pas vu leur travail: Dana Slijboom, Gael Odilon Paccard, Nadine Watson et Linda Beumer.

En ressortant, on allait en face vers le transformator huis. J’ai retrouvé des noms connus: Onorato et Krebs, Indre Serpytyte chez Paradise row, Anna Skladmann, Christopher Bucklow et Michelle Sank (nouvelle série à 850 € encadrée) chez Vassie, Anders Petersen, Lara Gasparetto et Ren Hang chez Stieglitz 19.

Pour le reste, que des découvertes. Peter Lav gallery: Adam Jeppesen. Steven Kasher. Pobeda: Alexei Kiselev. Goshua Rubchinsky. Gallery Vassie: Matthew Murray. Conrads: Sascha Weidner et Anna Vogel. Galerie Bart: Femke Dekkers et Yvonne Lacet. Seelevel Gallery (qui est une galerie en ligne, ce qui permet donc d’écarter tous les auteurs qu’elle représente): Marrigje de Maar, Isabelle Wentzel (750 €, quel dommage qu’elle choisisse une galerie en ligne, j’étais à deux doigts de lui acheter quelquechose, mais tant pis), Marnix Goosens, Koen Hauser, Lieve Prins. La Noble: Deborah Baker, Robert D. Phillips et Anne Leigniel. M97: Liang Weizhou, Adou, Huang Xialang et Lui Dan.

Avant de quitter la foire, on trouvait un peu plus loin la Kallenbach gallery, en partenariat avec Gup, qui vendait des tirages à quelques centaines d’euros d’auteurs qu’elle ne représente pas (je me suis limité à ceux ayant un site web): Steven Brahms, Noortje Schmit, Bernhard Handick et Noël Loozen.

C’est une bonne "photo fair" et j’y retournerais si je le peux l’an prochain.

Copenhague 2012 – Jour 1 – Photo City Carlsberg – Fotografisk center

Nous poursuivons la visite sur le site Carlsberg mais le Fotografisk center n’offrait pas grand chose à voir entre artistes sans site web (Claus Handberg Christensen) et artistes vus la même année ou la suivante: Henrik Saxgren (vu ici), Jacob Ehrbahn (vu ici et ).

Jens Haaning montrait des hommes immigrés avec description de leurs fringues (provenance, prix) comme s’ils s’gissait de mannequins. Birgitta Lund avait choisi 3 photo rougeoyantes et Larissa Sansour un repas de famille tandis que Tina Enghoff retenait des vêtements et un sac poubelle sur un arbre.

Un programme un peu court.

Copenhague 2012 – Jour 1 – Photo City Carlsberg – The Censored Exhibition

Après avoir terminé le récit de l’édition 2013, il faut revenir sur l’édition 2012 de Copenhagen Photo Festival que j’avais à peine entamé. Nous retournons sur le site des usines Carlsberg (Photo City) dans le 1er bâtiment que l’on voit en arrivant par la ligne C à la station Enghave: un immeuble détruit en 2013.

Dans la 1ère salle, on voyait 16 portraits noir et blanc, pour le journal Politiken, je crois, par Martin Bubandt (vu ici), Joachim Adrian, Laerke Posselt, Ditte Valente, Mie Brinkmann, Lars Just (vu ici), Peter Hove Olesen, Mathias Christensen. Puis tirages géants sans cadre des mêmes auteurs, portraits, reportages (tout en danois…) mais aussi de Jacob Ehrbahn (vu l’année suivante ici), Finn Frandsen, Miriam Dalsgaard, Magnus Holm et Martin Lehmann (vu l’année suivante également, ici).

Dans l’autre salle, le programme était plus intéressant avec peu d’oeuvres pour chacun mais beaucoup d’auteurs, souvent assez jeunes (moins de 40 ans, l’année de naissance figure sur les cartels). Je passe sur ceux qui n’ont pas de site web, Johan Rindom, Mads Juel, Kristyna Erberova, Maurice Kaufmann, Peter Kleis, Yana Feldman, Rem van den Bosh, Sidsel Jul Hvilshøj, Marie Guilland, Nadi Carlsen, Bodil Nygaard Jensen.

Lasse Bech Martinussen montrait un grand portrait et Koichi Nishiyama des marécages tandis que Katrin Björk choisissait une gamine les pieds dans une rivière et Linda Cieniawska un couple s’embrassant chacun sous un fin voile.

Sarah Van Marcke (déjà vue ici)  insérait un peu de verdure cachant un corps humain comme alliés dans décor bétoné: le corps humain inscrit dans un cadre bétonné, c’est un peu sa marque de fabrique .

Hanna Lenz valait le coup aussi avec 6 photos émouvante d’une très vieille dame (99 ans) en son modeste appartement.

Jeanne Fredac photographie des lieux qui tombent e nruine tandis que Enamul Hoque retenait la nuque d’une rouquine au chignon, deux classiques. Algis Griškevičius montrait 3 panoramqiues noir et blanc de circassiens en mariniere dans des scènes impossibles quand Helle Sandager montrait une silhouette brouillée en noir et blanc.

Marie Louise Omme avec un portrait de jeune garçon et poussin crevé nous ramenait dans la couleur, tout comme Fabien Marques avec 3 vues de chambres "exotiques" issues de bordel en Allemagne, un sujet aussi classique. Bibi Berge avec ses 5 portraits grand format digne de la famille Adams retenait l’attention avec sa série the family album.

Claire Dorn est plus équivoque: sont-ce des vagues sur le rivage la nuit ? Un résultat presque abstrait pas inintéressant en 4 photos.

Nicky Bonne dressait 3 portraits d’animaux emballés sous plastique (dont une carpette de tigre dans une boite transparente) sur fond blanc. Saisissant,  et revu l’année suivante en 2013 ici. Johan Selles montrait une digne vieille dame, un cheval de course au pré: cela vient de la série "Once upon a time in Danderyd", ville notée en 2008 et 2009 comme la plus riche de Suède, à 10 km au nord de Stockholm. Gregers Tycho nous éloigne de la bourgeoisie avec 3 photos dans le style de Engström, des gens moches et louches en couleurs vilaines.

Beathe Schieldrop exposait des baigneurs en rivière et un rideau de scène et Lisbeth Johansen un torse masculin et un couloir rouge. Martijn Peters et son type au t-shirt vert dans un paysage feuillu de sa série Aire Born II on l’a déjà vu ici. Même chose pour Søren Rønholt et ses 4 tristes grands noir et blanc brumeux et neigeux (vu l’année suivante ici). Thomas Willads montrait de multiples petits formats noir et blanc de pièces en démolition agencées comme s’il s’agissait de coupe d’un immeuble.  Marc Buchy montrait de jeunes ados à une b.o.u.m. (c’est le titre de la série). Cyrille Panchot exposait 2 portraits sombres en noir et blanc lointains dans un paysage stylisé comme cela se faisait au 19ème. Enfin, Carsten Egevang proposait un panoramique blanc sur la banquise: chasseur de dos en blanc dont seule l’arme est noire avec le phoque au loin.

Copenhague 2013 – Jour 3 – Musée de la ville

On ne termine pas en beauté ce bref séjour à Copenhague puisqu’après avoir fait chou blanc dans divers lieux, il ne restait plus à se mettre sous la dent que le musée de la ville (40 DKK l’entrée) que je connaissais et une mini-exposition de surcroit pénalisée par la fermeture d’une salle. Bref, la totale.

Rasmus Weng Karlsen ,montrait deux séries (fêtes et voitures) et Søren Rønholt représentait des paysages mais pas les mêmes que ceux déjà vus ici. Niclas Jessen montre des portraits pensifs un peu sombres tandis que son site ne montre que des travaux commeciaux. Nicky Bonne avec sa série middle-class mêle scènes des années 20 et objets de notre siècle, en noir et blanc, de façon toutefois bien visible.

Voila qui clôt CPF 2013 et qui met aussi un terme, probablement, à mes escapades au Danemark: le programme ne suffit plus à justifier d’un séjour sur place et les diverses curiosités à proximité de Copenhague me sont maintenant connues.

Copenhague 2013 – Jour 1 – Carlsberg – Halmlageret

Nous terminons la visite des anciennes usines Carlsberg qui accueillaient l’essentiel des expositions de Copenhagen Photo Festival édition 2013 avec Halmlageret et son programme dédié aux écoles. A la suprise générale bien que le nombre d’étudiants se compte par dizaines et que nous soyons au Danemark, pays où internet et le mobile triomphent, seul 1 étudiant, oui, un, dispose d’un site web décent Jonas Jessen Hansen (et encore ne s’agit-il que d’unTumblr correctement organisé). Quelle déception !

Copenhague 2013 – Jour 1 – Carlsberg – Matrix et fotografisk center

Nous restons dans les anciennes usines Carlsberg pour retrouver le Fotografisk center, encore un lieu habituel, pour découvrir le travail de Jacob Ehrbahn (vu l’an passé mais encore un billet en retard) baptisé Headbangers où l’on voit des têtes chevelue rouges et agitées de fan de hardcore. Passons rapidement poour rejoindre Matrix, un nouveau lieu cette fois où une sorte de gentil punk propose de faire la visite ("no, thanx"). Une petite salle accueillait (sur un seul mur) le travail de Thomas Skou, un meli melo de petits formats au look amateur vaguement provoc (avec des queues, des poils et des gens bourrés).

Dans l’autre salle, des étudiants d’éoles de Lodz et du danemark montraient leurs travaux ainsi qu’une longue série de collaborations musicien/photographe. La liste étant longue (une douzaine d’un côté et une vingtaine de l’autre), j’ai un peu fait le tri, à commencer par l’existence d’un site web.

On commence fortuitement par Marcela Paniak qu’on devait revoir le mois d’après à Arles (ici !) avec 8 collages de portraits noir et blanc sur un carroyage. Katarzyna Parejko panneau de minuscules photos de sa série google_collage qui doit être produit à partir des résultats Google de recherche sur une image.

Robert Mainka n’a pas de site web ni Aleksandra Chciuk dont les 6 petits corps (nus souvent) perdus en pleine nature ne manquent pas d’intriguer. Même chose pour Igor Oles avec ses gros plans de petits objets pris au ras du sol et Thomas Wysocki avec 3 oeuvres en vert (donc au chiffon vert, robe verte, bac de peinture verte) ou Zuzanna Oledzka (maison de poupée inquiétante) ou encore Sylwia Kredzel (qui n’a qu’un blog). Karolina Jabcon montrait d’étranges et originaux collages de scènes de rues en quasi noir et blanc.

Pour les 3 derniers (Thomas Smolarski, Weronika Jedrzejczak et Bartlomiej Talaga) pas de site web.

La deuxième partie de l’expo était constituée d’affiches, une par binôme musicien/élève photographe et la plupart des élèves n’ont pas de site web ou un Tumblr dans le meilleur des cas sauf Anne-Marie Vang Poulsen, Baijie Curdt-Christiansen, Victor Knötzel (son site est vraiment pas mal), Bettie Betül Bas, Olivia Mikka Rohde, Naomi Akvama et Thorbjorn Fessel.

Copenhague 2013 – Jour 1 – Carlsberg – Slottet

On poursuit la visite au Slottet qui est un bâtiment moderne et sans charme régulièrement utilisé pour les expos. Il faut utiliser un antique monte-charge pour accéder aux salles. La 1èreest entièrement réservée à Luca Berti: pour une foule de noir et blanc carré du Danemark rural avec de nombreux portraits de paysans dont l’intérêt ne saute pas aux yeux pour un non-danois. La salle d’à côté ne fait pas bien mieux puisqu’il s’agit, sous le titre de "State of the art", de montrer un pout-pourri de la création photographique contemporaine grâce à des prêts de galeries: intéressant pour le visiteur de passage, ce type de démarche ne s’adresse pas à l’amateur éclairé puisqu’on y retrouve des auteurs déjà vus pour l’essentiel.

On a ainsi déjà entrevu Per Bak Jensen (ici) et Astrid Kruse Jensen (vue ici) ou Jacob Hunosoe  (mais où ?).

C’est la même chose avec Trine Søndergaard avec des intérieurs et surtout ses fameux portraits déjà vus à de nombreuses reprises (ici) et la dernière fois à Unseen Photo Fair l’an dernier. Je passe sur Adam Jeppessen, conceptuel, pour le moins et les curiosités de Erik Steffensen (très petits formats noir et blanc du Kilimandjaro et 2 vues de dos en filtre rouge et vert).

J’avais déjà sur le web Asger Carlsen mais jamais en vrai et ces sculptures photographique en viande humaine produisent un effet très étrange en grand format.

Søren Solkær Starbird montrait des ailes d’avion observées depuis un hublot dans des situations diverses (série flight) et Torben Eskerod de très grands formats de portraits d’identité anciens. Jacob Holdt est très connu, pour sa vie et son livre American Pictures principalement: on voyait un bref extrait de ce travail provocant (clodos, KKK, etc). Ebbe Stub Wittrup exposait ses cartes à jouer sur fond noir qui illustrait la plaquette de CPF 2013.

Peter Funch exposait des triptyques de "célébrations" diverses dans le mouvement (immeuble détruit, feu d’artifice, fête de jeunes).

Quand à Nicolai Howalt, ce que j’ai pris sur le coup pour des photos du sol sont en fait des photos de cendres humaines (série slutninger – endings).

Copenhague 2013 – Jour 1 – Carlsberg – Bryghuset

Nous restons à Copenhague pour le CPF et lors la 1ère journée il n’y avait pas que des galeries décevantes, il y avait aussi le site de Carlberg (la brasserie), désormais en plein travaux. Tous les batiments qui en marquaient l’entrée principale sont réduits en décombres mais le site reste toutefois immense et ses nombreux lieux d’exposition demeurent le centre du festival.

Commençons la visite par le Bryghuset ("bryg" ça veut dire brasser/infusion et "huset" c’est la maison donc c’est une brasserie) qui contient encore d’anciennes installations typiques et qui est utilisé chaque année. Je passe sur Getty représenté chaque année pour passer à la Censored exhibition (le titre est le même chaque année) où chacun montre 2 photos. C’est une exposition imposante.

Søren Rønholt montrait de superbes icebergs mais on pourra préferer ses nordic women sur son site web. Sanne Vils Axelsen montrait des africains en Zambie plus ou moins en ville. Jacob Fuglsang Mikkelsen montraits des portraits. Son site web est foisonnant. Maria Franke a choisi des escaliers bois intérieurs. Toke Brorson Odin surexpose et sous-expose ses photos pour en faire des quasi monochrommes. Isabelle Pateer exposait je ne sais plus quoi (hélàs) mais je connaissais son travail "Unsettled". Alastair Philip Wiper qui fait pas mal de photos industrielles et scientifiques montrait une chambre anechoique et un chalet. Robert Rutöd a le talent de déclencher au bon moment pour saisir les situations incongrues comme avec sa "fille aux ballons" qui fait la couverture de son livre. Mathias Söderlund montrait un jardin éclairé "à la E.T." tandis que Joanna Chudy se contente de petits formats noir et blanc. Ditte Bolt livrait des portraits que je n’ai pas revus sur son site. on voyait aussi Ida Arentoft et les oiseaux de Heikki Kaski.

Je passe sur Antonio Carrapato pour retrouver les vieux équipements (soviétiques ?) de Justin Barton et surtout les 2 types costumés en cochon devant une charcuterie de Olivier Brouwers. On revient en terrain connu avec Isabel Kiesewetter, ses assemblées de plantes, de gens et de moutons qui n’illustrent pas très bien sa série Konversion déjà vue ailleurs (mais je ne sais plus où, à Berlin ou Vienne je pense). Passons sur Paul Bulteel avec ses gens au parc pour trouver une atmosphère de fin du monde chez Emil Hartvig Andersen qui montre notamment un type dans un abri souterrain.

Laissons Christian Vium et son bus cassé dans le désert pour finir en beauté avec Petra Kleis et ses portraits d’animaux sur fond uni et coloré.

Londres – 17 juillet 2013 – Summer exhibition – Royal Academy of Arts

Nous poursuivons notre visite londonienne avec ce qui motivait ma visite (outre les gâteaux et le changement d’air), la Royal Academy of Arts (Burlington House, Piccadilly,  – M° Piccadilly Circus ou Green Park) et sa Summer Exhibition 2013. J’avais réservé il y a bien longtemps mon entrée à 10 GBP qui vous donne à un épais guide avec 1270 oeuvres et le prix (pour celles, nombreuses, qui sont en vente) et un petit laius sur les auteurs. C’est ma 1ère édition mais c’était la 245ème pour l’événement.

L’exposition se termine le 18 aout alors si vous allez à la National Portrait Gallery et à la National Gallery ou encore chez Valerie ou Fortnum & Mason, c’est tout près.

L’exposition est monumentale par le volume exposé et l’accrochage est un peu genre 19ème: dense et de haut en bas des murs (sauf exception). Tout le champ des Beaux-Arts est couvert y compris l’architecture (avec des maquettes) mais performance et vidéo sont absents et la photographie est finalement assez peu représentée aussi. On en trouve dans quelques salles de manière dispersée et un peu au compte-goutte et surtout dans deux salles successives un peu avant la sortie.

Je croyais qu’il n’y avait que des petits nouveaux mais en fait non, si bien qu’on peut même voir une photo de Rineke Dijkstra ou Ron Arad (22 000 GBP) ou Marina Abramovic (72 000 GBP) ou de Rodney Graham (195 000 GBP) à côté de travaux à moins de 1500 GBP. C’est très sympathique ce joyeux mélange, sans chichis.

J’avais noté Liane Lang (962) et Juno Calypso (969) et au vu des sites web, mon intérêt pour la seconde ne faiblit pas (le chiffre entre parenthèse est la référence catalogue, pas le prix). Je me demande d’ailleurs si je n’ai pas déjà vu son travail quelque part sur le web avant, ah si, c’était chez mes amis (virtuels) de SPBH, exactement, avec notamment l’image ci-dessous (qui n’était pas celle exposée). Ah tiens, elle est aussi passée chez mes amis (virtuels) de HotShoe et de SMBHMag :)

Pour le reste, dans cette même salle IX, on voyait quantité de photographes souvent représentés par une seule photo. Je n’ai retenu que ceux qui ont un site web (et encore ai-je procédé à quelques coupes claires): Guler Ates, David Olsan, Mitra Tabrizian (billet ici), Martin Bardell, David Stewart, Petros Chrisostomou, Joel Redman, Boyd & Evans, Jean Macalpine, Peter Gudynas, Edward Burtynsky (vu à maintes reprises), Tim Hall, Virgilio Ferreira (vu à Derby – billet ici), Signe Emma, Changwoo Ryu, Caroline Silverwood Taylor, Tina Vanderwerf,Mandy Williams, Richard Davies, Elke Bock, Darren Nisbett, Suzanne Moxhay, Andrea Morley, Shin Wook Kim. Mention spéciale pour Jooney Woodward déjà vu à la National Portrait Gallery avec son extraordinaire portrait de la jeune fille au lapin (qui n’était pas présentée pour ce show estival).

Ailleurs on voyait aussi quelques tirages mais plutôt réalisés par des architectes, entre autres.

Une belle exposition en tout cas qui permet de voir une production variée utilisant une multitude de supports et allant de l’artiste internationalement reconnu à l’artiste émergent fraichement diplômé. Très sympathique.

Londres – 17 juillet 2013 – The Photographers’ Gallery – FreshFaced+Wild Eyed

The Photographers’ Gallery (16-18 Ramillies St – M° Oxford Circus) est un passage obligé pour un petit séjour à Londres. Les expos que j’ai vues le 17 juillet sont déjà closes et d’ailleurs la galerie est fermée et rouvre le 2 aout 2013.

Je suis allé voir Daniel Naudé pour «Animal Farm», une superbe galerie de portraits d’animaux réalisés en Afrique du sud, d’une grande noblesse (exposée en bas dans la section éditions et livres) et puis surtout pour FreshFaced+Wild Eyed. Un petit livret en noir et blanc explique la motivation de chaque travail tout en donnant rapidement le parcours académique de chacun (le jour où on verra ça en France, et gratuit, il tombera du caramel mou). Les 22 auteurs retenus (parmi plus de 300) ont été invités également à indiquer ce qui, selon eux, fait une bonne photo: la collection de 17 courtes vidéos se trouve ici (en anglais).

Kristin Hoell montrait 6 petits carrés noir et blanc avec des vagues et parfois un type à peine visible, comme dans un film décomposé en quelques plans. La série s’appelle "drowning", on suppose que c’est ce qui arrive au type…

Italo Morales montrait des vidéos et des diapos et un livre sur la vie des jeunes à Sarajevo tirées de sa série "overnight generation". Julian Bonnin se plçait à l’opposé avec un travail cérébral montrant un plan fixe de check point en Palestine qui fait partie d’un projet plus vaste "Too Much Time On Our Hands".

On revient à une approche plus orientée vers le photoreportage avec Tina Remiz et ses modestes formats couleur, souvent des portraits avec un curieux cadre en bois pour sa série "krievi", nom donné auxrusses en lettoni. Il y a un livret aussi avec les photos. C’est un sujet bien connu que celui de la minorité russe dans les pays blates.

Andrei Nacu "In the Forsaken Garden Time is a Thief" exposait 5 petits formats couleur, des portraits, des intérieurs modestes. Le reste de son travail, visible sur son site web,montre une oeuvre marquée d’une profonde humanité, très sensible et touchante.

Anastasia Shpilko (série "Between the Black and White Clouds") choisit deux villages de part et d’autre de la frontière entre la Biélorussie et la Lithuanie pour réaliser quelques portraits et montrer des intérieurs décrépis.

Tania Olive présente d’ordinaires portraits carrés de jeunes femmes à la maison. Naturellement on ne voit pas qu’elles sont toutes lesbiennes (série "dyke of our time") ce qui doit être le message. Joanne Mullin restent dans les intérieurs personnels mais dépouillés de toute présence humaine, bien qu’on en devine la trace. La série "refuge" ne montre des foyers ordinaires mais un refuge destinés aux femmes et à leurs enfants à la recherche d’un abri en Irlande du Nord. C’est intriguant et cela met un peu mal à l’aise de voir ces tentatives de mettre des touches "personnelles" dans un environnement qui ne l’est pas, quelque chose de triste et dérisoire donc de touchant.

Sunil Shah sa lance dans un projet à la fois plus personnel et intellectuel puisqu’il tente avec de vieux noir et blanc anciens, un diasec couleur et d’autres choses de reconstruire un passé qu’il n’a pas vraiment connu (il avait 3 ans) en Ouganda. Ses parents et lui ont été expulsés (comme une bonne partie de la minorité indienne) en 72 peu après le coup d’état d’Idi Amin Dada. Ceci dit, sans le livret d’accompagnement, il faut bien avouer que la série aurait été plus qu’énigmatique. Je passe sur les 3 noir et blanc étranges de Nicolas Feldmeyer qui demeurent mystérieux même avec quelques explications. On retrouve Jinkyun Ahn que j’avais vu lors de la dernière Brighton Photo Fringe (encore un billet en retard) pour son projet consacré à ses parents (illustration ci-dessous).

Daniel Mayrit avec ses images dans le genre de Googlestreet (série suburban scenes) évoque pour moi le travail de Jon Rafman que j’avais vu en octobre 2012 à la Saatchi Gallery à Londres (encore un billet en retard). On peut le rapprocher aussi de ce qui avait été montré à Arles (dont Rafman) aux ateliers lors de la grotesque édition 2011 (billet ici). Lorna Evans nous ressert avec un certain talent la classique nuit qui fait peur avec des images inquiétantes de nuit dans la nature avec pourtant, au fond, pas de quoi s’alarmer: des yeux qui brillent, des ombres. Un  signe peut-être du divorce entre la nature et l’homme qui ne la comprend plus.

Je passe rapidement sur Jolanta Dolewska avec 3 grands noir et blanc d’un tribunal désert, des images assez mystérieuses finalement aux cadrages bizarres. Basil Al-Rawi (série facade) montrait des palissades grises dont deux décorées,  reliques de projets immobiliers abandonnés à différents stades à la suite de la crise en Irlande. Cela peut faire penser, par le thème au moins, à Anthony Haughey, billet ici et d’ailleurs Basil a fait une autre série sur le même sujet qui se rapproche encore davantage par sa forme du travail d’Anthony.

Guillaume Bourieau montrait de petits carrés punaisés au mur de studios en vrac. Son site web est totalement raté: j’espère que c’est un exercice de style.

Bronia Stewart exposait 12 diasec qu’on croirait sortis d’un backstage de porno mais ce n’est pas tout à fait ça: ça a été réalisé dans les studios d’une chaîne pour adulte basée à Londres (série Babe Station).

Harry Mitchell livre aussi un reportage, sur le Caire et ses événements, un sujet rebattu cette année abordé cette fois un peu en "off" avec pas mal de portraits et des tons clairs, un peu loin des violences.

Iris Brember avec ses 6 petits formats couleur de pellicule ou de tirages dans leurs pochettes posés sur un miroir, nous fait un (gros) clin d’oeil photographique et c’est sur ce regard interrogateur posé sur lui-même que se termine l’exposition photographique.

Encore une superbe exposition, gratuite mais les dons sont bienvenus. J’en suis revenu avec quelques magazines comme chaque fois.