Festivals Photo 2013 en Europe: programme et bilan à mi-parcours

Nous sommes à mi-chemin de 2013 et la préparation des visites est presque achevée pour le second semestre. Quel a été le programme et quelle est la suite ?

Le festival Circulation(s) (22 février – 31 mars) a ouvert le bal mais j’en ai fait seulement une visite à distance.

Je ne suis pas allé à Liège en avril pour la BIP, la prochaine édition se tenant en 2014, même chose pour Helsinki et son Helsinki Photography Festival. Prague Photo ayant été une vraie déception et l’intérêt de la ville de Prague étant largement surfait, avec une masse indescriptible de touristes low cost pour couronner le tout, je n’ai pas mis les pieds à Prague au printemps 2013 (la manifestation se tient chaque année). Format à Derby ne m’avait pas faite une grosse impression en 2012 et la ville présente des attraits bien réduits sans compter que la compagnie aérienne ultra low cost qui desservait la ville a mis la clé sous la porte.

Je comptais passer une tête à Londres pour une nouvelle foire de photographie, qui ouvrait le 2 mai mais manque de chance cette date est celle du vernissage qui commence à 18 heures seulement. Du coup, cela a été l’occasion de passer à la National Portrait Gallery pour les portraits de Man Ray. J’ai raté PhotoMonth à Cracovie du 11 au 14 juin pour cause de grève des controleurs du ciel: merci à eux d’apporter ainsi leur pierre au constat de déclin du pays et d’inciter nos concitoyens à quitter le pays (à pied, la SNCF étant aussi en grève…). Je ne suis pas allé à Milan pour le MIA, la ville que j’ai pu un peu visiter en 2012 ne présente pas un intérêt capital au-delà de ce que j’ai déjà vu et la foire n’est… qu’une foire un peu trop italo-centrée, un peu trop "historique" et avec trop de partenaires techniques (imprimeurs, labos, etc).

Je n’irai sans doute pas au London Festival of Photography en juin car il faisait la part trop belle à la street photography mais aussi tout bonnement parce qu’après deux éditions (2011, 2012) il semble stoppé. Les Transphotographiques de Lille sont désormais supendues depuis 2012 et le partenariat avec la MEP (à partir d’avril 2013) n’annonce pas encore d’édition en 2014. Par contre je suis allé à à Copenhague, toujours en juin, du 7 au 9, à l’occasion du Copenhagen Photofestival et ce sera tout pour juin car le prochain Grid Amsterdam ne se tiendra qu’en 2014.

Pour le programme estival, on ira, en Juillet, du 1er au 3, à Arles, bien sûr, et à Madrid pour PhotoEspaña du 4 au 7 mais j’estime avoir fait le tour de la bonne ville de Dublin et PhotoIreland ne justifie pas, dans sa configuration actuelle, de se rendre en Irlande (en outre, le programme 2013 sera étendu à Cork et à Limerick ce qui complique les choses). Les 50JPG, une triennale à laquelle nous étions allé en 2010, à Genêve, se tiendront de juin à juillet et je n’irai que pour une journée en juillet au vu de l’expérience passée.

En août ce sera calme puisque le Summer of photography à Bruxelles se tiendra en 2014.

Pour la rentrée, j’irai sans doute à Amsterdam pour une journée (et pas plus: mon hôtel habituel était déjà plein dès avril !) pour Unseen et aussi pour finir de compléter ma série de FOAM magazine. Je ne sais pas, à Lyon, si le Septembre de la photographie reprendra un cours normal, après une phase chaotique: en principe c’est plutôt en 2014 que se tiendra la prochaine édition. L’Internationalen Photoszene Köln est aussi une biennale et ce sera en 2014 qu’il faudra s’interroger sur la nécessité d’y aller ou pas, à ce stade, après l’édition 2012, cela ne me semble pas indispensable.

Pour la fin de l’année, 2013 sera sans "mois de la photographie" donc pas de séjour à Berlin ou Vienne et Brighton est aussi une biennale (Brighton Photo Biennal, Brighton Photo Fringe). L’équipe de PhotoMonth à Londres vient d’annoncer qu’il n’y aura pas d’édition 2013, après 12 ans sans interruption. Il ne restera donc que Paris Photo en novembre.

Paris Photo 2011

Hier marquait l’ouverture au public de Paris photo 2011 qui se tient désormais au Grand Palais. Après avoir cherché un peu en vain la bonne entrée, car le public est dirigé par des barrières métalliques comme du bétail, selon son "statut" (presse, visiteurs sans billet, visiteur avec billets, exposants,) j’ai enfin pu entrer. J’avais réservé mon billet en ligne (25 €) que d’ailleurs je n’avais pas reçu et qu’il m’avait fallu réclamer par email.

Le lieu est immense et malgré le jour et l’heure, le public était déjà nombreux, souvent anglophone, à le remplir. C’est ici aussi que se tient la FIAC et l’impression de "masse" est la même: c’est une véritable avalanche de photographies et, contrairement à la FIAC où les médias sont divers et généralement de grande taille, ici, ce ne sont que des photographies et, évidemment, en bien plus grand nombre que des tableaux, format oblige. Le chauffage est également un peu excessif si bien que laisser son manteau à l’entrée n’est pas une mauvaise idée (il en coûte 2 € – il n’y a pas de petit profit – mais les toilettes sont gratuites). Le programme est très dense et fait bien sûr la part belles aux galeries car, comme la FIAC, Paris Photo est une foire commerciale, une sorte de galerie marchande temporaire spécialisée (mais payante).

Les galeries sont de provenance internationale même si la France est sur-représentée de par la présence de galeries d’art contemporain non-spécialistes. Les étrangères sont presque toutes des spécialistes, le plus souvent américaines ou anglaises. Le thème retenu cette année était l’Afrique mais un nombre très limité de galeries a concocté un programme "100% africain" (Revue noire ou Bailey Seippel qui vient d’Afrique du sud ou Magnin-A ou FiftyOne) et peu même ont fait de la place à des auteurs du continent noir (comme Agnès B. ou Robert Klein). Les choix des galeries sont très contrastés entre ceux qui ont retenu un ou deux auteurs (ou thèmes) comme Daniel Blau qui prend le risque de montrer que des tirages de la NASA  ou Christophe Gaillard qui se consacre à l’auto-portrait, et ceux qui ont sorti le catalogue.

La foire mélange aussi bien l’ancien que les classiques et le contemporain mais les classiques me semblent dominer, en moins en nombre, du fait de formats plus petits. Il manque en revanche, m’a-t-il semblé, de nouveaux talents ou, au moins, sont-ils insuffisamment mis en valeur.

Parmi les stands marquants on trouvera les grands noms qu’il est inutile de répéter mais on notera tout de même trois galeries qui se distinguent, d’abord deux qui se démarquent par l’originalité de leur stand, Bryce Wolkowitz (avec des images animées) et Hilger modern contemporary (avec des tirages dans de grandes cantines) et puis une autre par le niveau spécialement relevé des travaux, Johannes Faber. Cette dernière galerie (qui expose aussi bien à l’AIPAD qu’à la TEFAF) est l’occasion de rappeler deux choses: d’une part que Paris Photo est l’occasion de voir des pièces de qualité muséale et que, d’autre part, la plupart des galeries mettent de côté leurs mauvaises habitudes en venant à une foire commerciale puisque les cartels sont presque toujours présents (seules deux ou trois galeries n’ont rien compris et affichent les oeuvres sur des murs blancs sans indications, pas même de nom) et qu’une nombre significatif affiche les prix, pratique qui devrait être obligatoire. Pour mémoire, sur ce dernier sujet, les galeries les plus prestigieuses ne se cachent pas: chez Faber, les prix sont à 4 ou 5 zéro et sont affichés (le record pour un Steichen à 420 000 euros): j’ai du mal à comprendre la pusillanimité de galeries plus modestes.

En sus des galeries, on trouve quelques éditeurs de livres et 4 stands peints de gris consacrés au récents achats du Musée de l’Élysée (fonds Chaplin et quelques nouveaux), de l’ICP (avec des imprimés) et de la Tate (avec Moriyama pour Farewell) ainsi qu’un bref extrait de la collection Walther (œuvre africaines et allemandes).

En complément, les découvertes SFR et un survol de Bamako étaient offerts.

L’édition 2011 vaut le coup mais il faut bien viser pour éviter la foule (les barrières extérieures portent des panneaux " 1H30 d’attente à  partir de ce point", gageons que cela arrivera à certains visiteurs). En passant 4 heures sur place, ce qui est déjà long (physiquement), cela ne fait guère que 2 minutes 30 par stand, autant dire que c’est aussi une visite assez frustrante mais qu’il faut faire au moins une année sur deux.