Rencontres d’Arles – Ateliers – Nan Goldin – The ballad of sexual dependency

La première fois que je suis allé aux Ateliers à Arles cette année,  j’ai raté le "cinéma" où est projeté The ballad of sexual dependency et pour cause: en fait de "cinéma", le local de projection est modeste (quelques chaises pour 20 personnes maxi peut-être) et se trouve juste en bas des escaliers à droite et pas très bien indiqué si bien qu’on passe à côté sans le voir.

Ce serait pourtant dommage de rater ça.

Nan Goldin en 45 minutes de diapo, ça fait beaucoup d’images a raison de 3 secondes chacune. La musique est bien faite (on reconnait Petula Clark et son Downtown et les Jimmy Sommerville) et elle souligne chaque changement de thématique. En effet, cette balade est structurée en sujets qui se succèdent: gays, lesbiennes, enfants, maternité, hommes armés, femmes armeés, femmes violentées, hommes musclés, etc. Tout n’est pas d’égal valeur mais on ne peut pas rester indifférent à ce regard, fortement sexualisé et souvent violent.

J’en profite pour rappeler que la projection n’est pas "tout public" en dépit de l’absence d’avertissement le jour de ma visite.

C’est visible jusqu’au 13 septembre 2009.

Rencontres d’Arles – Atelier de mécanique – ça me touche

L’atelier de mécanique regroupait un très grand nombre d’auteurs (quatorze pour être précis) et c’est là que l’on voit la patte de l’invitée d’honneur, Nan Goldin, puisque ce lieu est spécialement dédié aux photographes qu’elle apprécie (titre de l’expo: ça me touche). On peut aimer, ou pas, mais il faut bien avouer que là, on en a pour son argent, ce qui n’est pas le cas de tous les sites.

Annelies Strba (site ici) est très proche dans son travail de celui de Nan Goldin en documentant avec des photos de qualité médiocre (du grain, des couleurs délavées, etc) la vie de ses proches et en l’espèce de ses enfants, sur un diaporama affichés sur trois écrans.

Antoine D’Agata (full member de Magnum depuis 2008 – son site chez eux ici) nous présente un accrochage formant une sorte de chemin de fer: les images de petit format sont accrochés très près les unes des autres formant ainsi comme une ligne. Ce qui est montré est dans la veine du travail le plus connu de D’Agata, largement autobiographique, à savoir images de drogués, d’enculages, et de pipes, adoucies par des éclairages bien choisis, un léger flou et du grain, souvent dans des tonalités orangées. Ca reste un peu hard. Ceci dit, dans ses travaux plus récents, il me semble que D’Agata a rompu, non avec son style, mais avec ces thèmes, qu’il a longtemps travaillé.

Anders Petersen (site ici) est bien connu également (il fait partie de VU’ dont je visite la galerie régulièrement) mais l’ensemble présenté manquait de cohérence, de thème. Dommage.

Jh Engstrom (serie wells – projet autobiographique qui clôt une trilogie – son site ici) fait presque du Goldin et c’est une remarque l’on pourrait adresser à plusieurs auteurs ici présents. Sa série un peu facile de radiographies de bagages démontre, pourquoi pas, une certaine originalité, une sorte de ready-made comme on l’a déjà vu avec des images tirées de film de vidéo-surveillance et de bien d’autres origines encore. En revanche, son accumulation de petits formats en style amateur, un peu tout et n’importe quoi mais toujours plus ou moins autour de la maternité d’une jeune femme, Amanda, sa compagne (la dame enceinte, son visage, la dame à poil, etc) doublée de photos chirurgicales d’une césarienne, de la photo de chaque jumeau et des deux placentas, bref, tout cela c’est un peu du Goldin (il manque juste la phase de conception du bébé et on y serait complètement). Je me demande d’ailleurs si ce ne serait pas un exercice à faire que de produire des photos "dans le style de" pour voir à quoi on arrive: pourrait-on piéger des critiques ?

Leigh Ledare, c’est franchement du Goldin, drogue en moins et sexe en plus. C’est même à la limite de la perversion puisque l’auteur photographie essentiellement sa propre mère (qui n’est plus une jeunette) dans ses frasques sexuelles. Le tout est accompagné de photos diverses et variées, grandes et petites, de photos d’archive, de coupures de presse. C’est sexuellement explicite comme on dit mais à l’heure d’internet je ne crois pas que le sexe choque, ce qui me frappe en revanche c’est la vulgarité de l’ensemble et sa vacuité. Un critique à écrit (ici), je cite: "Le fait qu’elle choisisse son fils comme documentariste, pour la postérité, de son effort à créer une représentation sexualisée d’elle-même, peut être interprété comme un geste d’annihilation des conventions dictées par les structures familiales prédéterminées". On ne saurait dire si peu avec plus de mots. J’en retiens pour ma part la vision ahurissante de la déchéance d’une mère qui aurait dû être insupportable à un fils normalement structuré.

Lisa Ross nous donne fort à propos l’occasion de respirer un peu d’air pur après les relents puants d’alcôve et de quitter aussi le monde des "Goldin-like".  Ces photographies prises dans le désert, au Nord-Ouest de la Chine, montrent comme des des ex-voto dans le désert, très jolis, fins et délicats,comme autant de fanions fragiles, des autels et des tombes aussi et peut-être également des offrandes. Ses tirages tirages mats sans reflets mettent superbement en valeur ce travail rare, sensible et raffiné. Son site fort bien fait est ici.

Christine Fenzl (site ici) nous prend à contre-pied avec une série consacrée au football de rue ou, plus précisément, montre le football de rue utilisé à des fins sociales et éducatives, dans de grands portraits et paysages fonctionnant en diptyques. Kenya, Grande-Bretagne, Brésil, et Macédoine sont ainsi abordés. Bon. Marina Berio (qui fut assistante de … Nan Goldin – son site ici), quant à elle, redessine au fusain des négatifs et c’est très réussi comme dessin mais pourquoi diable se donner autant de mal ? Je plaisante mais la portée du geste m’échappe. Bon.

Jean-Christophe Bourcart (série camden - site ici mais mon antivirus détecte un cheval de troie sur son site)  nous livre un vrai reportage, très vivant, avec moult textes et une vidéo sur … la ville de Camden et surtout ses habitants, en l’espèce les plus paumés et les plus miséreux de la ville. Ca se laisse voir mais on passe du côté de la caricature quand le photographe se fait évidemment chaperonner par un gars du cru (dont on apprend que, bien sûr, c’est un assassin, oh mon dieu !) et le reporter se fait agresser (pas méchamment, ouf !) par une prostituée. C’est presque du Tintin et c’est un bon exemple du style "reporter en banlieue", presque un exercice de style.

Tomasz Gudzowaty (site ici) montre d’impressionnantes photos de gymnastes et boxeurs dans un noir et blanc classiques C’est assez bluffant à voir en grand format.

Boris Mikhailov montrait une multitude petits formats (certains sont aussi agrandis) en format à l’italienne, bleutés et comme des vintages (quoi que les vintages c’est plutôt sépia, mais bon) avec des tirages approximatifs. On oublie presque le sujet, toujours le même chez lui, ou presque, des miséreux et des handicapés démunis dans les rues.

Du coup, ses images habituellement très dures (ci-dessous et ici aussi chez Saatchi), tant sur le fond (quand je parle de miséreux, c’est rien de le dire, ses images sont cruelles) que sur la forme (couleur et éclairages crus) gagnent ici en douceur voire en poésie.

Je passe rapidement sur les trois derniers dont la démarche (s’il y en a une) est pour le moins obscure pour le non initié. Jacques Pierson montre des tirages sous forme de poster (avec marques de plis et épingles) de la mer, du sable et des palmiers (11 photos). Il indique avoir réalisé ces clichés vite fait. Ca se voit. David Armstrong montre des photos de beaux jeunes mecs étalées partout dans trois pièces, en vrac. Autant acheter Têtu. Jim Goldberg (qui semblait faire tomber en pâmoison quelques jeunes gens qui visitaient) montrait un ensemble assez bizarre de diptyques image-texte ainsi qu’un panneau constitué de bouts de films. Jim Goldberg est un photographe connu et reconnu (full member de Magnum depuis 2006 – son travail ici)  et ses photos se suffisent à elles-mêmes, inutile de vouloir faire de l’Art à tout prix moyennant je ne sais quel bricolage, c’est un peu dommage.

Rencontres d’Arles – Eglise des frères precheurs – Collection de Nan Goldin

L’Eglise des Freres Prêcheurs qui l’an dernier montrait le travail de Lindbergh (billet ici) montre cette année une partie de la collection privée de Nan Goldin et une surprise (de taille).

La bonne blague le jour où je suis venu c’est qu’il manquait les cartels (et une notice) et que c’était donc un jeu de piste. La boulette était réparée le lendemain et ainsi, au-delà des très reconnaissables Bellmer, Sidibe, Keita, Sander, Larry Clark (Tulsa – avec le type au pistolet), Silverthorne et Molinier, on mettait un nom ainsi aussi sur les travaux de Kertesz, Nadar, Model, Weegee, Strba, Man Ray, Arbus,  Bourcart, Frank, Llorca di corcia, Armstrong et Brassai. Rien que du beau linge.

Pour ceux et celles qui n’y connaissent rien ou pas grand chose, c’est une véritable anthologie de la photographie, certes représentative des goûts personnels de Nan Goldin, mais on ne peut vraiment pas dire que les photos soient choquantes et que les photographes soient médiocres, bien au contraire. Un appareil critique plus fourni aurait été bienvenu mais ne boudons pas notre plaisir.

Si vous aimez les surprises, ne lisez pas ce qui suit et allez voir vous-même le diaporama "Soeurs, Saintes et Sibylles" que certains d’entre vous ont peut-être déjà vu en 2004 (pour ma part, je découvrais), déjà dans une chapelle, celle de la Salpêtrière où Charcot soignait les hystériques.
En plus de l’expo, une projection de diapo avec bande-son (et film) est montrée, visible depuis un perchoir sur échafaudage bâti dans l’église, assez bluffant: c’est une idée de scénographie géniale (encore plus fort que l’expo dans le noir – billet ici). On grimpe donc dans la structure métallique pour rejoindre un plateau plongé dans l’obscurité qui surplombe une scène faiblement éclairée: face à nous (une dizaine de personnes debout peuvent tenir sur l’espace aménagé), trois écrans de projections et, en bas, le mannequin d’une jeune femme couchée dans un lit avec une table de chevet et quelques menues affaires.
D’abord, se déroule, en anglais sans sous-titre, le martyr de Sainte Barbe (ou Barbara, vous allez voir le rapport dans ce qui suit) à l’aide non de photos d’époque (!) mais d’illustrations. J’avoue avoir eu un peu de mal à suivre, mon anglais étant un peu limité dans ce genre de corpus.
Ensuite, commence le récit de la longue descente aux enfers de la sœur de Nan, Barbara, qui erre d’écoles en hôpitaux et  qui se conclura par un suicide tragique sur une ligne de chemin de fer à 18 ans. Cette séquence est bouleversante et il faut parfois un peu se mordre les lèvres. C’est émouvant sans mièvrerie, sans artifice, sans voyeurisme mais c’est dur. Honnêtement, je ne pensais pas que Nan Goldin puisse produire une telle œuvre.
Enfin, la dernière partie est autobiographique et ce n’est pas le meilleur. Je me souviens de très nombreuses photos de ses brûlures de cigarettes sur les bras dont je ne perçois pas vraiment l’intérêt…

FotoGrafia – Festival international de Rome – Palais des expositions

On a évoqué rapidement le Off de Fotografia, le festival de photo de Rome, qui ne brille pas spécialement, peut-être en raison d’un échantillon trop réduit mais qui demeure en moyenne comparable voire supérieur, toutes proportions gardées, au Off d’Arles car au moins aucun médiocre "parasite" n’est venu se greffer sur l’évènement, ce qui est salutaire.

La déception la plus grande vient de l’exposition présentée comme centrale, au palais des expositions. La partie gratuite étant peut-être la mieux présentée, avec un vrai accrochage et non une projection de diapos.

Celle-ci montrait notamment les travaux de  Geovanny Verdezoto (série roma occulta) de petits formats panoramiques pris a faible hauteur à  Rome ce qui est un angle de vue original et qui peuvent être vus sur son blog (ici). C’est assez séduisant. Dans un autre registre, Guy Tillim, qu’on ne présente plus (il a notamment été exposé à la fondation HCB au printemps dernier), exposait roma, citta di mezzo, de  grands formats couleur sous un ciel couvert d’hiver avec une alternance de scènes vides et peuplées, d’antique et de moderne mais toujours avec un cadre urbain contemporain. Là-encore, un regard original sur Rome qui a fait l’objet d’un livre d’ailleurs.  On quittait Rome pour le Caucase avec David Monteleone pour des photos encore saisissantes bien que plus convenues peut-être  (à force de voir le Caucase…) dans sa série from the body to the soul.a journey in caucasus.

La partie payante, en revanche, décroche le pompon.On abordera ici les deux premières salles.

Nan Goldin, décidément très en vogue (marraine des rencontres d’Arles, rappelons-le) montrait 244 photos en diapos avec essentiellement la musique de Bjork. Comment dire ? Il s’agit du plus pur style Goldin, à savoir des photos de quotidien en l’espèce du quotidien essentiellement sexuel de couples (hétéro et homo). Sensation désagréable d’être un voyeur et un effet de masse et de répétition un peu lassant. Un résultat beaucoup moins réussi que le montage visible à Arles, plus rythmé, plus varié, finalement plus riche en émotions.

Venait ensuite une autre salle plongée dans l’obscurité car l’expo se déroulait sur sept écrans LCD (assez petits). Si un écran LCD était adapté pour regarder des photos, cela se saurait et comme en plus il faut bien avouer que les productions étaient pour certains d’une très faible ampleur, la frustration était de mise.

Fernanda Veron montrait ainsi eo ero vivo, vivo alla luce del sole, des photos couleur comme vieillies avec beaucoup de ciels et des incendies aussi.  Son site web (ici) permet finalement de mieux rendre justice à son travail que l’expo. Filippo Romano exploite un filon graphique assez proche dans sa série waterfront avec des bords de mers et des plages présentant comme des défauts dans le tirage et des couleurs irréelles.

Jacopo Benassi a choisi lui la vidéo ce qui est plus indiqué sur un LCD mais il ruse en montrant son livre de photo, the ecology of image, où il tourne les pages une à une. C’est un peu glauque. Il s’agit surtout de portraits un peu bizarres mais aussi de pieds et de souliers. Chacun son truc. En tout cas, ça ne laisse pas indifférent. Son éditeur montre des extraits éclairants et livre quelques commentaires (en français) ici. Carlo Bevilacqua n’a pas retenu le film mais les diapos avec un montage son et sous-titres anglais pour son reportage sur un illuminé qui a pris le parti de vivre en solitaire sur une ile, privé de tout (Gusbert Lippelt:low cost life).

Je passe sur Ingar Kraus qui présentait Davao, une série déjà vue (en partie) chez Camera Obscura à Paris (billet ici).

Javier Marquerie Thomas (série summertime) montre des polaroids soit cote à cote soit sur un seul côté de l’écran et on voit bien le problème de montrer son travail sur un écran. En plus, c’est très court. Par contre, son blog montre son travail de manière extensive et j’aime bien ses portraits, notamment sa série Flight of Fancy. Son site en espagnol est en partie traduit en anglais et figure ici.

Wanda Perrone Capano (série flatmates) montre côte à côte un portrait et un objet. Sur le coup je n’avais pas été convaincu mais curieusement cela ressemble à la série ci-dessus qui me plait tant. Je n’ai pas trouvé son site mais sa page (ici) sur le site de l’Istituto Italiano di fotographia qui ne montre pas hélas cette série.

On conclut cette première partie avec Andrea Botto (série horizons) qui nous montre des horizons presque en  monochrome bleu et aussi du noir avec juste quelques lumières. Encore un exemple d’un travail qui gagnerait à être tiré sur papier: au départ j’ai cru que le LCD était éteint et plusieurs personnes ont pensé comme moi… Son site (ici) est pas mal mais hélas la série horizon n’est pas visible (le lien est mort).

FotoGrafia – Festival international de Rome – Un bref retour

Avant de reprendre le fil des billets sur Arles, voici un bref retour sur FotoGrafia (site ici) , le festival international de la photo à Rome (j’en rentre à l’instant et j’ai une oreille bouchée :(

En un mot, décevant. Heureusement que Rome dispose de bien d’autres attraits.

Il faut savoir que ce festival se déroule au Palais des Expositions et dans 26 autres lieux (des galeries notamment) mais en ce moment il n’y en a plus que trois ou quatre d’ouverts. Parmi ces derniers, j’ai trouvé une petite expo sérieuse (commentaires bilingues et papier explicatif) et une autre bien faite (dans une librairie, avec des explications qui se tiennent) de photos de voyage mais aussi une galerie de fermée et 5 photos se battant en duel dans une agence de je ne sais quoi. Au final, si ce petit échantillon est représentatifs de l’état des 26, c’est tout de même un peu inquiétant pour envisager de revenir.

Quant au Palais des expositions, où seule une exposition de Gérard Rancinan était déjà close, le dispositif était encore complet. Le programme annoncé (entrée payante à 10 euros) était alléchant avec des travaux des photographes issues des Académies et institutions culturelles de six pays, installées à Rome, soit près de 40 noms, une exposition de Nan Goldin (Heartbeat), une autre de Giorgio Barrera (Attraverso la finestra), une exposition collective (Mutation II Moving stills) et aussi une trentaine de photographes pour une exposition collective intitulée La Gioia. En complément, le Palais des expositions montrait (gratuitement) une exposition de Davide Monteleone, une autre de Guy Tillim et enfin le travail de Giovanni Verdezoto (les deux derniers montrait une série centrée sur Rome).

En fin de compte, si l’exposition gratuite montre bien des photos, l’exposition payante n’en montre guère accrochées aux murs: il s’agit de diaporama classique (Nan Goldin, mais il y a une justification), de visionnage sur écran LCD ou de projections géantes. Un seul fait exception à ce traitement, Giovanni Verdezoto avec des tirages papier. Vous me direz qu’après tout les photoreporters sont passés des  magazines aux cimaises alors pourquoi pas des cimaises à la diapo. Pourquoi pas en effet mais on regarde pas une projection à un rythme imposé à 4 mètres de distance comme on regarde à sa guise (en sautant une image, en passant du temps sur une autre) une photo à 50 cm de soi. D’ailleurs, je sais que les photographes (enfin au moins ceux que je connais) ne vendent pas des diaporamas ou des films mais bien des tirages…

Dans le pire des cas, les travaux semblaient très incomplets et anonymes : un seul écran LCD partagé par l’ensemble des académies, sans légende ni rien du tout. C’est un peu se moquer du monde.

Ceux qui étaient projetés sur écran géants se partageaient une même salle où coexistaient 7 écrans (un peu en hauteur) dans une cacophonie indescriptible, certains ayant sonorisé leur travail.

Quant à Mutation II Moving stills, il s’agissait de vidéos (ce qui n’est pas ma tasse de thé) que j’avais déjà vues (certes pas toutes mais bon…) au MUDAM à Luxembourg.

Au final, à côté d’Arles par exemple, le rendement coût/intérêt de la visite est désastreux. Je ne suis donc pas sûr d’y retourner l’an prochain et si c’est le cas, ce ne sera pas plus de 2 ou 3 jours et il s’agira alors d’être sélectif car la mauvaise nouvelle c’est que certaines expositions dans les galeries ne sont visibles que tardivement l’après-midi (ce qui neutralise les matinées) sans pour autant se clôturer très tard le soir. Précisons également que se déplacer à Rome n’est pas évident pour qui ne connait pas le plan des bus ou qui ne dispose pas d’un scooter (le métro pour des raisons évidente est embryonnaire) et vous comprendrez que 2 ou 3 jours c’est suffisant au regard du volume d’expositions à voir mais peut-être pas assez en terme d’organisation personnelle et logistique.

Je reviendrai plus tard plus en détail sur les travaux vus car, même si l’événement est exagérément survendu, il y avait quand même des photos intéressantes (et puis à Rome il y a plein de choses à voir :)

Rencontres d’Arles – Bref bilan

Mon souhait c’était de ne rien rater et notamment du Off et ma crainte c’était d’être submergé par la foule. En pratique, il n’y avait pas foule, à vrai dire, pas plus que l’an dernier en dehors de la semaine d’ouverture, ce qui m’a surpris (et même un peu inquiété: si en période d’ouverture les sites sont aussi déserts qu’en fin de période, cela commence mal).

Concernant le Off, le bilan est mitigé. Le dépliant officiel annonce pleins de choses mais il manque les horaires et ceux-ci ne sont pas toujours respecté (en gros, avant 11 h, point de salut). Il annonce même une exposition "rue de Roure" (?) que Googlemaps sur mon mobile n’a pas trouvé (!). Par ailleurs, tout un tas d’expositions Off ne figurent pas sur le dépliant. Enfin, le niveau du Off est disparate et en moyenne globalement médiocre du fait d’expositions frisant la nullité, même si certaines pépites existent (mais il faudra du flair pour les trouver, y compris en dehors du programme Off figurant sur le dépliant officiel). D’ailleurs, j’ai constaté une prolifération d’expositions qui relèvent de l’opportunisme commercial, pour ne pas dire du parasitisme de la marque "Rencontres d’Arles" c’est à dire montrer de la merde en profitant des gogos attiré par la marque. Cela fait immanquablement penser aux "artistes" de Montmartre et de Saint Germains des Prés, pièges parisiens à touristes bien connus. De ce fait, je pense être plus sélectif et raccourcir ma durée de visite l’an prochain.

Concernant le programme officiel, la bonne nouvelle c’est le côté pratique. En effet, toutes les expositions sont ouvertes tous les jours de 10 à 19 heures ce qui est clair et net. L’autre bonne nouvelle c’est que certains lieux de 2008 n’ont pas été reconduits comme l’Eglise Saint Blaise (en travaux), le stade ou encore la Bourse du Travail utilisé par l’Ensp en 2008 ou le Museon Arlaten. Du coup, les expositions officielles sont plus concentrées (ceci dit cette année le Méjan a été ajouté à la liste). La moins bonne nouvelle c’est peut-être qu’il y avait peut-être moins de choses à montrer :  Saint-Trophime était bien moins rempli que l’an dernier (peu de salles exploitées) et l’Espace Van Gogh, comme l’an dernier du reste, était très "aéré" (et de peu d’intérêt).

Plus sur le fond maintenant, le programme officiel présente deux caractéristiques: il est dépressif et branché cul (désolé) sans doute l’influence de Nan Goldin, sa marraine qui tranche singulièrement après Christian Lacroix.

Cette dernière m’a-t-on dit, a séché une conférence figurant au programme officiel, ne se sentant pas bien, et s’accotait un peu partout lors de la visite en sa présence, manifestement pas au meilleur de sa forme. Ce qui est présenté est globalement laid et déprimant et est en rupture avec l’an passé (ceci dit c’est le thème de l’année: 40 ans de ruptures): ce ne sont que tristesse, mornes lieux, drogués, etc. Les respirations de bonheur et de fraîcheur sont, hélas, peu nombreuses et certains visiteurs s’en plaignaient ouvertement. Ce n’est peut-être pas une réflexion d’intellectuel mais le Festival n’est-il pas ouvert à tous ?

Quant au cul, il est partout: entre les enculages de d’Agata et les branlettes de Nan Goldin, la palette est vaste et, à la longue, c’est non seulement pénible, c’est pitoyable comme vision de la photographie. On peut par ailleurs s’étonner que la seule mise en garde (timide d’ailleurs) au public porte sur une salle montrant une césarienne alors que de très nombreuses oeuvres devraient être clairement déconseillées aux moins de 12 ans. Aux Transphotographique de Lille, des pièces bien moins perturbantes avaient été regroupées et isolées derrière un rideau avec une mise en garde très claire:  c’est une bonne pratique me semble-t-il pour une exposition "bon enfant" et "grand public" (on n’est pas dans une soirée privée entre "VIP de l’Art", rompus à toutes les visions et tous les excès).

On reviendra sur tout cela dans une longue suite d’articles.

ArtBrussels 2009 – Les galeries étrangères – Partie 7

Le tour photo de ArtBrussels 2009 n’en finit pas et j’ai encore plein d’articles en réserve.

Guy Bartschi (ici et Genève) montrait Per Barclay et Nan Goldin.

Jacques Cerami (ici et Charleroi) montrait le travail de Pol Pierart, de très petits formats noir et blanc à l’humour un brin désespéré et surréaliste ainsi que Vincen Beekman, Nina Berman, Ronny Delrue et bien sûr Philippe Herbet que j’avais découvert au Show Off 2007 à Paris. La nouveauté cette fois c’était Jean Revillard qui photographie des baraques de clodos comme des palais.

Martin Asbaek Gallery (ici et Copenhague) représente Elina Brotherus (bien connue en France – elle a eu le Prix Niepce en 2005) et Sabine Dehnel (mon billet ici) mais avait choisi de montrer le travail de Ebbe Stub Wittup, Martin Liebscher et Trine Sondergaard.

Marion Scharmann (ici et Cologne) montrait Martina Sauter (vue à Arles en 2008, mon billet ici)  et Peggy Franck, un travail très original, absolument indescriptible (ci-dessous).

La suite très bientôt :)