Autour d’Unseen 2012 – Amsterdam – Foam, Huis Marseille et GUP

C’est avec pas mal de retard que j’achève cet article "autour d’Unseen" qui se tenait en septembre dernier. Et tant qu’à être à Amsterdam pour Unseen, autant aller visiter quelques lieux incontournable chers à l’amateur de photographie (et puis aussi aller chez Haesje Claes).

Chez Huis Marseille, l’exposition est baptisée viewpoint et dure jusqu’au 9 décembre 2012. Elle est découpée en 6 sections qui sont autant de salles et que je n’ai a priori pas visitées dans le bon ordre mais ce n’est pas grave. La sélection est pointue mélangeant pays, générations et de gré de notoriété. La plupart des auteurs n’ont qu’une ou deux œuvres exposées. Au sous-sol près des vestiaires se trouve "An embarrassment of riches" qui se veut une revisite de l’âge d’or néerlandais avec:  Antoni + Alison, Beate Guetschow, Yasumasa Morimura, Valérie Belin, Yuki Onodera, Han Singels et Sylvie Zijlmans. Sur le site web ils ont oublié Belin. A part ça c’est très conceptuel tout de même comme expo, cet ensemble qui n’en est pas un, mélange de pièces disaparates (une vache, un portrait, etc). Au fond du jardin, on perçoit un peu mieux (quoi que), l’objectif poursuivi par "Utopia", évoquer des mondes qui n’existent pas. On été convoqués Popel Coumou, Bownik, Edwin Zwakman, Marin Kasimir et James Casebere. Cette fois, le site web a oublié deux auteurs. A l’étage, on trouve ensuite "Making and unmaking selves" qui compte surtout des portraits, mais pas seulement, par Valérie Belin, David Slijper, Sam Samore, Teresa Hubbard et Alexander Birchler ainsi que David Goldblatt. Avec "Saints and sinners" sont exposés Daido Moriyama, Sven Augustijnen, Luc Delahaye, Andreas Gursky, Ryan McGinley, Lieko Shiga et Cor Jaring. Dans le petit et dernier étage, c’est une vidéo de Rineke Dijkstra (Looking at Picasso) qui est montrée sur 3 écrans : des gamins expliquent ce qu’ils ressentent face à un Picasso. De retour au rez-de-chaussée, sous le thème "Distance and the intangible", ce sont Antoinette Nausikaa, Jochen Lempert et Jorg Sasse qui sont exposés.

Au FOAM, la place est surtout occupée par les alumni de la Rijksakademie avec une expo baptisée "re-search" où chacun est invité à répondre aussi à quelques questions et ce n’est pas inintéressant du tout de voir les motivations et méthodes de ces jeunes artistes. Comme à Huis Marseille et peut-être plus encore on est dans le conceptuel et à la marge de la photographie pour se frotter à la sculpture, l’installation et la vidéo. Étaient ainsi montrés: Fiona Tan, Gwenneth Boelens, Alexandra Leykauf, Sema Bekirovic et Lotte Geeven (un studio d’Ikebana reconstitué), Paulien Oltheten, Gert Jan Kocken (cartes géantes de Berlin avec le mouvement de troupes soviétiques, cartographie des dégâts et une  aquarelle d’Hitler) et enfin Zachary Formwalt.

Mais ce n’est pas tout, Erik Kessels occupait tout une pièce (deux en fait) avec des tirages géants d’albums photos dites vernaculaires (le terme "amateurs" serait moins pédant et plus juste, mais bon…) parfois à disposition dans des bacs. Et puis il y avait aussi Alex Prager avec sa série Compulsion, des photos d’œil et de catastrophes improbable s dans son style habituel tout droit tiré de l’Hollywood des années 50. A voir aussi son étonnant court-métrage (la petite mort), avec Judith Godrèche, poétique et singulier. Enfin, dans les étages élevés, il y avait une petite place pour Joss McKinley, avec une série intime et reposante (Gathering Wool), des gens au repos, des vues paisibles dans un soleil levant doré.

Chez GUP Galerie, fraichement inaugurée (en passant, je suis abonné au magazine et je le conseille vivement), c’est Isabella Rozendaal qui s’affichait avec pas mal de tirages de taille raisonnable consacrés à la chasse et aux chasseurs (de tout poil) sous un angle plutôt original qui nous change du Chasseur Français (illustration ci-dessous). Franchement pas mal. Son dernier livre à l’air gratiné aussi, titré "En masse", et consacré aux vacances, avec un œil (évidemment) décapant.