Maison des métallos – Claude Iverné

La Maison des métallos  exposait jusqu’au 7 novembre le travail de Claude Iverné au Soudan, une très très longue série, une vraie avalanche de noir et blanc gris (ce qui étonne dans un pays que l’on suppose lumineux) sous un éclairage brutal avec pas mal de reflets. On y voyait toute sorte de choses, pas seulement des camps de déplacés, depuis des paysages, des portraits en pied, des huttes et abris, des ruines jusqu’à des objets tout aplatis dans le sable du désert.

La maison des métallos – Un panorama subjectif de la photographie contemporaine turque

Je ne connaissais pas la Maison des métallos (ici et 94 rue Jean-Pierre Timbaud) et l’exposition qui s’achevait dimanche dernier était donc l’occasion pour y faire un tour. Le thème en était « Un panorama subjectif de la photographie contemporaine turque ». Si vous l’avez ratée c’est fort dommage car cette exposition gratuite était de fort bon niveau et montrait des artistes peu connus me semble-t-il en France et dans des registres très variés.

Pour ma part, je ne connaissais que le travail de Nazif Topçuoglu (ici) auquel je m’étais intéressé en 2007 par l’entremise de Flatland, des scènes savamment orchestrées où des jeunes filles jouent à des jeux dangereux. L’exposition montrait 4 photos de grand format (112*153): lamentations, le sacrifice, is it for real (ci-dessous – en provenance du site de l’auteur) et suicide.

Ahmet Elhan (site ici) montrait de grands diasec  (110*220), reconstructions d’espaces intérieurs avec de petits carrés d’images faisant comme un kaléidoscope. Lale Tara (ici) montrait de très grands formats aussi, mats, montrant une jeune femme nue dans des lieux étranges ou se livrant à des activités intrigantes.

Alp Sime (ici) montrait ce qu’on voit souvent chez VU’ : du noir et blanc granuleux un peu bougé sur des sujets quotidiens banaux. Un peu dans la même veine journalistique, Emine Ceylan montrait de grand portraits dramatiques noir et blanc: âne, mariée, etc. Son site très complet montre un travail plus intéressant, plus ample,  que ce que l’expo pouvait laisser penser, c’est ici.

Arslan Sukan exposait quant à lui des photos maritime de nuit, noir et blanc, rouge ou multicolore misant sur les effets nuageux: la série produisait un fort bel effet, presque abstrait.

Arif Asci (ici) était l’un des rares à pratiquer des formats raisonnables mais sa série « miroir magique », un titre énigmatique, m’a laissé songeur et je n’ai pas vu grand intérêt à cette série qui manquait de fil conducteur. Je n’ai pas trouvée de série de ce nom sur son site, peut-être était-ce une création improvisée. Ali Taptik (ici) exposait des portraits, des nus et des choses diverses en format carré de sa série « Accident and Fate”. Pas très convainquant non plus à mon goût. Halil exposait des portraits assez glauque de nains et transsexuels, souvent à poil, un registre qui ne m’a jamais beaucoup séduit et dont j’ai une sérieuse indigestion après des Rencontres d’Arles 2009 exhibitionnistes.

Ansen est représenté par X-Ists (ici) comme Alp Sime mais son travail est radicalement différent et il m’a semblé très original, plus près d’un travail de réalisateur ou de designer que de photographe. Ces grands formats aux reflets métalliques rendent parfois les formes confuses mais on reconnait un dictateur et un  pape, de dos. Une autre œuvre montre une scène de crime sous un angle et avec une ambiance jamais vue. Un travail très surprenant.