En bref – Un autre rapprochement entre Jobs et la photo

Le NYT fait un rapprochement entre Jobs et le créateur de Polaroid, Edwin H. Land, l’un et l’autre inventeurs fort riches et fort soucieux de verrouiller le marché à coup de brevets.

IN the memorials to Steven P. Jobs this week, Apple’s co-founder was compared with the world’s great inventor-entrepreneurs: Thomas Edison, Henry Ford, Alexander Graham Bell. Yet virtually none of the obituaries mentioned the man Jobs himself considered his hero, the person on whose career he explicitly modeled his own: Edwin H. Land, the genius domus of Polaroid Corporation and inventor of instant photography.

Via The Man Who Inspired Jobs – NYTimes.com

Très bref – Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Caisse d’épargne – Off

L’an dernier la Caisse d’épargne, qui jouit d’un superbe emplacement sur la place principale d’Arles, avait été relativement inspirée dans son choix. Avec La controverse du polaroid, décidément à l’honneur (entre l’Impossible exhibition et la salle dédiée à l’espace van Gogh) on s’attendait à quelque chose de valable cette année encore. C’est raté et à oublier: ce n’est pas parce que le Polaroid est un instrument facile d’emploi que le résultat est toujours digne d’être exposé.

Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Bistro de la Roquette – Off

Au Bistro de la roquette on ne peut pas picoler (même avec modération m)ais éventuellement on pouvait vous offrir un verre d’eau) car le lieu était dédiée à une exposition impossible (l’Impossible exhibition) due aux efforts de Valérie Hersleven, également présente sur les lieux. Valérie est agent de photographes et représente notamment Julia Fullerton-Batten.

L’Impossible exhibition est un clin d’œil à l’Impossible project, à savoir la renaissance des films à développement instantané anciennement connus sous le nom de Polaroïd. On pouvait même voir des films en pré-production sachant que la mise sur le marché des versions couleurs est prévue pour le 29 juillet 2010 seulement. Du coup, on ne savait pas trop si les curieuses couleurs étaient voulues ou pas ;-) Blurb montre quelques exemples ici.

Étaient convoqués au final Léa Habourdin, Fréderick Guelaff, Hervé Plumet (avec sa poupée amusante qui m’a bien plu), Laurent Humbert (un portrait masculin très réussi en PX 100), Michael Schnabel, Estelle Rancurel (avec un portrait en rouge en mosaïque), Christophe Morlinghaus (des paysages urbains qui valent le détour), Jan van Endert, Peter Granser, Louis Gaillard (feuilles), Julia Fullerton-Batten (en grands tirages avec de mini personnages – sous un verre, face à une photo d’identité), Mathieu Bernard-Reymond (des mains – son site web vaut plus qu’un coup d’œil) et Bjorn Tagemose.

C’est un bel effort car beaucoup de ces photographes ne sont pas, a priori, des utilisateurs habituels du Polaroid et la plupart (pas tous, certes) travaillent habituellement plus dans une optique commerciale qu’artistique. Si vous l’avez raté, c’est trop tard puisque le Off ne dure qu’un clin d’œil.

Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Espace van Gogh

L’Espace van Gogh ferme la marche des sites officiels situés à proximité immédiate de l’Hôtel de ville que j’ai vus dès le 1er jour.

Cet espace est habituellement le parent pauvre sans compter que l’an dernier on s’y gelait. Cette année il y faisait une température normale. Pour le reste, l’amélioration est réelle mais limitée.
Lea Golda Holterman dresse le portrait de jeunes juifs orthodoxes, indiscutablement de beaux jeunes gens, mais si le panneau invite à se remémorer Caravage, il est dommage de ne pas apporter aux non juisf quelques clés de lecture juive. Comme je n’ai toujours pas publié sur ma visite en octobre dans le East End londonien, je ne peux citer le billet mais j’y avais vu chez TheprintSpace le travail de Frederic Aranda (Kosher Face) qui m’avait bien plus scotché et qui bénéficiait d’explications poussées notamment sur la tenue vestimentaire des juifs orthodoxes.

Toujours au re-de-chaussée une exposition consacrée à l’autoportrait qui s’avère un peu fourre-tout car on trouve des autoportaits parfois involontaires (miroir) ou limités à des ombre (Ronis, Kertesz) ou deliberes (Man Ray) mais parfois aussi ce ne sont pas des autoportraits (Dora Maar) voire pas des portraits  (atelier Atget). De nombreuses photos sont l’œuvre d’illustres inconnus: on se demande ce qui a légitimé de les retenir (peut-être des explications sur ce choix auraient été bienvenues). Les vitrines montrant un bric à brac indiscernable. Précisons que cette exposition a été montée par la Mission photographie, excroissance étatique fraichement apparue (25 mars) avec la bénédiction ministérielle, de là à dire qu’il fallait être présent même sans avoir rien à dire, c’est là un pas que je ne franchirais évidemment pas.

Enfin, comme il n’est pas de bonne exposition sans un chinois (il fut un temps encore récent ou avoir un palestinien était bienvenu,  comme quoi les temps changent), c’est au tour de Zhang Dali. Bien entendu, il est un peu contestataire. Ce brave monsieur s’est livré moins à un travail de photographe qu’à un travail d’archiviste en cherchant les photos originales ayant servi à réaliser des truquages (supprimer des gens mais aussi des pots de fleurs ou des banderoles ou carrément faire un photomontage) au service du Parti et de Mao en particulier. Ce sont là des faits de notoriété publique appris à l’école qui concernent aussi l’URSS. Autant dire qu’à l’image 13 on fatigue, arrivé à la 26 on baille et à la 37 on presse le pas et quand, enfin, on arrive devant la 57, on ressent comme le soulagement du devoir (de visiteur) accompli. Une bonne exposition mais trois fois trop longue.

A l’étage, c’est une infime fraction des polaroids que la filiale européenne a laissé en dépôt au musée de l’Elysée qui sont montrés. Ils sont menacés car la firme a fait faillite et le volet américain de la collection passe aux enchères judiciaires bientôt: le volet européen pourrait suivre. Magnifique opportunité et utile aussi que nous avions là que de montrer ce travail au public et de faire action de sensibilisation, pour ne pas dire de solidarité: eh bien c’est raté.

Les œuvres proviennent rarement de grands noms et on croule sous les clichés sans intérêt (même issus de grands noms d’ailleurs): c’est plus du remplissage qu’autre chose et il est vrai qu’avec des polaroids, il en faut pour remplir… (qu’on se rassure il y a aussi des grands formats). . . Cerise sur la gâteau, on n’a rien trouvé de mieux à faire que de numéroter les œuvres et de renvoyer à une feuille: c’est lamentable, il n’y a pas d’autre mot. Si cet exercice grotesque est encore tenable en galerie avec un public expert qui fait face à dix ou quinze œuvres, c’est se moquer du monde quand on est face à 50 ou 100 œuvres.

Alors voilà, il suffit de se limiter à la 1ère salle de Dali et de passer une tête chez Léa et ce sera bien, inutile de monter à l’étage.

En bref – Galerie Frédéric Moisan – Xavier Damon

La Galerie Frédéric Moisan (ici et 72 rue Mazarine) montre Xavier Damon, déjà vu dans la même galerie (billet ici) en mars 2009. Je ne reviens donc pas sur les agrandissements de polaroids presque abstraits pour évoquer rapidement une autre voie qu’emprunte l’auteur.

En effet, si le fond de la galerie est orné de compositions colorées, l’entrée est consacrée à une photographie plus figurative, fortement structurée aussi, autour de fenêtres notamment et, plus loin, on tombe sur une série d’objets modestes de la cuisine. Hum. Je crois bien que je préfère les polaroids aux égouttoirs et louches (série lignes),  finalement.

Les prix vont de 450 à 2 400 € (grands formats abstraits). Certains tirage de taille intermédiaire sont à 800.

L’exposition s’est achevée hier, il reste le site de l’auteur (ici) mais seuls les polas y sont visibles.

Anniversaire – Nobuyoshi Araki – 25 mai 1940

Nobuyoshi Araki est né le 25 mai 1940, il a donc aujourd’hui 69 ans.

Araki étudie la photographie et le cinéma à l’Université de Chiba et s’oriente vers la photographie dès 1964 avec une série sur les enfants. En 1970, il photographie des sexes féminins en gros plan et, en 1971 il publie un livre montrant les scènes du quotidien de son voyage de noces, scènes d’amour comprises. Araki photographie en permanence son existence, produisant ainsi des séries considérables et de multiples ouvrages (plus de 300 en 40 ans de carrière). Il est connu pour ses nombreuses photographies de femmes nues et notamment de femmes ligotées ainsi que de fleurs. Il a produit de très nombreux polaroïds.

Rencontres de la photographie d’Arles – Grande Halle

Alors que les Rencontres de la photographie d’Arles sont désormais achevées depuis lundi dernier, je vous invite à terminer notre visite du site des Ateliers.

Nous avons vu successivement l’Atelier de maintenance et celui des forges, puis l’Atelier de mécanique et  le Magasin électrique. Nous voici maintenant à la Grande Halle.

Le principe dans cette halle, c’est de donner carte blanche à des curators qui ont invités des photographes.

Ainsi, Caroline Issa & Masoud Golsorkhi montrent Jamie Isaia qui fait des autoportraits (bof), Danilo Giulaniqui fait des photos de mode (bof) et Cameron Smith. Ce dernier ne verse pas dans le nombrilisme intellectualisant de Isaia ni dans la photo de mode plate de Giulani : il m’a semblé qu’il a quelque chose que les autres n’ont pas. La fraîcheur peut-être (il avait 21 ans quand il a fait ses photos pour Tank) ? Son site perso est .

Ci-dessous deux photos de Smith exposées à Arles mais telle que parues dans Tank (avec la légende donc).

Elisabeth Biondi a retenu  Debbie Fleming Caffery (des photos noir et blanc énigmatiques dans un bordel mexicain), Pieter Hugo(ses dresseurs de hyènes) et Ethan Levitas (dans le métro de New York).

Les deux derniers méritent qu’on s’y arrête.

Je connaissais le travail d’Hugo pour l’avoir vu sur le site web de sa galerie (Yossi Milo à New York) mais en vrai c’est incomparable. Maintenant il faudra voir s’il tient la distance car son travail repose sur la qualité du sujet de reportage : sa série sur les cueilleurs de miel parait du coup bien fade (si j’ose dire) alors que d’autres, visibles sur son site, sont d’une puissance exceptionnelle.

Mon préféré reste Levitas : ses voitures de métro photographiées de profil dévoilent toujours des visages et des postures ou des tags dont l’association est créative, original et amusante. La réalisation est parfaite. Filez sur son site : .

Nathalie Ours a sélectionnéJerry Schatzberg (des photos noir et blanc de stars des temps passés), Nigel Shafran (et ses photos du quotidien qui n’auraient pas du quitter Flickr) et Stephanie Schneider. Cette dernière mérite qu’on s’y attarde. J’avais déjà vu son travail sur le web sur le site de sa galerie et il en a été question en mai 2008 sur Arte (Schneider est allemande). Le projet présenté va bien au-delà de la photo : Schneider peint et fait des films également. Toutefois, l’exposition était un peu superficielle malgré un effort de pédagogie et il était difficile d’appréhender son travail comme un tout. On était condamné à regarder ses grands polaroïds (périmés, ce qui explique les couleurs) sans avoir les clés de lecture. Néanmoins, même en lecture rapide, on ne peut rester insensible aux effets produits.

Carla Sozzani fait découvrir Marla Rutherford, Martina Sauter et Angela Strassheim

Marla Rutherford montre une série assez "sex" et "fetish". Une série colorée, un peu années soixante aussi. Le sujet m’a fait penser à une version glamour du récent travail d’Erwin Olaf (série separation) bien qu’en fin de compte il n’y a aucun rapport entre de jolies images "fetish" et le travail dérangeant d’Olaf, sensiblement plus profond. Ceci dit les jolies images c’est bien aussi. Son site est et l’image dessous en provient (regarder bien la tête du modèle).

Martina Sauter présente un travail étonnant. Chaque œuvre est composée de deux photos qui se chevauchent légèrement chaque fois pour composer,de loin, une image unique. L’effet est saisissant avec des portes, par exemple, et en plus les deux photos ne sont pas de même nature : l’une est nette et l’autre volontairement pixellisée. Tout cela contribue a créer une histoire sous nos yeux, une sorte de suspens entre les deux images. Vraiment étonnant car ce n’est pas seulement l’image qui nous est donnée à voir mais aussi un objet : pour preuve, sur un écran cela ne donne rien et je ne poste donc pas d’illustration de son travail.

Angela Strassheim instille le doute dans certaines de ses photos (serie pause). Tout à l’air normal mais quelque chose se passe. Un regard, et une inquiétude transparait. D’autres images, proprettes, aux tons acidulés, renvoient à son parcours personnel et spirituel (serie left behind). Elle est représentée par la galerie Marvelli dont l’illustration ci-dessous est extraite.

Le dernier curateur invité est Luis Venegas qui montre les travaux de David Urbano, Leila Mendez et Daniel Riera.  Je n’ai pas été convaincu par les paysages du premier, les photos dignes de Flick de la deuxième et le manque de fil conducteur du troisième.

Les artistes que je retiendrai donc dans cette halle sont : Cameron Smith, Ethan Levitas, Stephanie Schneider, Marla Rutherford, Martina Sauter et Angela Strassheim