Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Musée Reattu

Le Musée Réattu rejoint cette année le cycle des expositions officielles avec comme avantage qu’au lieu d’avoir une réduction, l’entrée est libre quand on a le pass des Rencontres (elle reste payante pour les collections hors Rencontres). En l’espèce c’est Pierre Jahan qui est le photographe retenu par le Musée Réattu et que je ne connaissais pas du tout. Je suis bien incapable de jauger la valeur de sa production mais comme il évoluait dans les mêmes années que Doisneau, René-Jacques, Ronis et bien d’autres, je me demande naïvement si on ne cherche pas un peu à exploiter le filon "photographe humaniste français faisant de jolies photos d’un Paris de carte postale" en ne lésinant pas sur le "name dropping".

Du coup, si l’exposition a le mérite de montrer, justement, autre chose qu’un Paris de carte postale, elle survole et consacre une place très significative à l’activité publicitaire (qui présente un intérêt limité, n’est pas Steichen qui veut) et au volet sur-réaliste (les photos sont partiellement brûlées suite à un incendie, n’est pas Man Ray qui veut). Au bout du compte, ce sont les photos de carte postale qui sont les plus convaincantes (les bateliers, des scènes de vie parisienne) ou celles d’actualité (la mise au rebut de statut, le retour de tableaux au Louvre).

L’autre centre d’intérêt c’est peut-être plain-chant, une illustration photographique d’un travail de Cocteau et, dans un tout autre registre, les petites-annonces de recherche de conjoint illustrées.

C’est une visite qui ne s’impose pas mais on peut y faire un saut rapidement.

Rencontres d’Arles – Musée Réattu

Le Musée Réattu, contrairement à l’an passé (billet ici), n’est pas vraiment associé aux Rencontres d’Arles mais le musée expose néanmoins des photographies, avec, comme l’an passé, le souci de les faire voisiner avec des oeuvres d’art.

Ainsi, on peut voir notamment Jebb, Jodice, Rubinstein, Maar, Boubat, Klein, Weston, Clergue ou Brassai, de beaux Rousse et quelques Plossu. En tout, 25 salles réunissent ainsi artistes et photographes.

La salle dite "des artistes" est un rappel discret de l’édition 2008 (par et pour Lacroix) avec pas mal de photo de Picasso et de d’autres artistes vus par Clergue, Avedon ou Adams avec, en prime, des robes de Lacroix.

L’exposition n’est pas transcendante faute de thème précis, de ligne directrice et il en résulte une aimable dispersion des oeuvres, peu commentées, mais se laisse toutefois voir agréablement.

Rencontres de la photographie d’Arles – Musée Réattu

J’ai déjà parlé du Musée Réattu situé à Arles, notamment dans les articles "pratiques" (ici et ) introduisant la longue série de billets consacrés aux Rencontres d’Arles.

En effet, muni de votre Pass vous aviez accès à prix réduit au Musée et, en plus, cette année, le Musée est habillé par Lacroix, l’invité de marque des Rencontres.

Les magnifiques robes, accessoires et croquis de Lacroix fonctionnent bien mieux dans ce Musée qu’au cloître Saint Trophime (dont j’ai parlé ici). Sans doute parce que ce qui nous est donné à voir ici n’est pas réservé à l’œil du créateur mais bel et bien destiné au public.

Les œuvres du musée mêlent des peintures classiques et des photographies : on y trouve quelques grands noms devenus des classiques comme Horvat et bien sûr Clergue, l’enfant du pays, comme Lacroix. Lacroix a invité aussi des artistes (peintres, photographes et plasticiens) moins institutionnels. Les critiques virulentes (un commentaire issu d’un site catholique, parmi d’autres, ici) sur une démarche comparable menée au Louvre (avec Jan Fabre) n’ont pas eu cours ici, au Musée Réattu, et c’est tant mieux : les oeuvres cohabitent sans provocation aussi vaines qu’inutiles.

On retrouve Katarina Jebb avec des œuvres de taille plus modeste qu’au cloître Saint Trophime mais tout aussi intéressantes. On trouve aussi Véronique Ellena dont j’ai vu le travail de portraitiste (son site : ) il y a quelques mois à l’espace ING de Bruxelles.

Cette exposition dure jusqu’à la fin de l’année 2008 contrairement aux Rencontres qui ont fermé leurs portes le 15 septembre alors, si vous voyagez en Provence, n’hésitez pas à passer par le Musée Réattu à Arles !

Rencontres de la photographie d’Arles – Entrer voir

Convaincu et sur place, vous voulez maintenant aller voir les expositions

Il se trouve que les deux tiers d’entre elles sont payantes, de 5 à 11 euros, 7 euros souvent (par exposition, c’est cher !).

Vu que vous venez de Paris, vous ne vous êtes pas déplacé pour des prunes donc vous voulez en voir le maximum donc la solution c’est le pass qui coûte soit 35 euros soit 40 euros. La différence c’est que dans un cas vous avez droit à une seule entrée dans chaque site alors que dans l’autre, c’est illimité. J’ai donc pris le pass à 35 euros.

Le plus simple pour quérir votre pass c’est, en sortant de la gare, d’aller vers la gauche, vers le centre-ville (de toute façon, à droite c’est un terrain vague et en face c’est le Rhône). En 5 minutes vous serez à l’arène et, à droite dans la petite montée, il y a une maison où sont vendus ces pass. L’accueil y est sympathique et vous aurez en cadeau un joli plan pliable qui vous permet de vous repérer à Arles les doigts dans le nez.

Comme je suis un blaireau, je n’ai pas pris ma carte FNAC qui donne droit à une réduction sur ce forfait (26 euros). Il n’y a pas de réduction sur le pass à 40 euros et il est en vente sur moins de sites donc bof.

Pass Arles 2008

Pass Arles 2008

Le code-barre est lu lors de votre entrée sauf quand ça ne marche pas auquel cas on pose une croix sur le n° du site à droite.

Vous noterez en bas qu’"il est interdit de photographier les œuvres" (mais apparemment tout le monde ou presque s’en moque).

Il y a les horaires aussi : sauf exception rare c’est 10H-19H (un site ferme entre 12H et 14H et un autre ferme à 18H mais c’est tout).

Avec ce pass vous avez droit à deux visites guidées d’exposition.

Pour ma part, la visite des Ateliers (un des principaux sites) ça a été deux heures de perdues, les commentaires étant proches du zéro : autant le guide connaissait pas mal le contexte du travail d’Huguier qu’il avait rencontrée, autant ça a été très léger sur Walker et Fosso et inexistant sur Gonnord et Korganow. Sans doute cela dépend-il aussi du guide.

Il faut préciser aussi que le pass donne droit à des réductions : l’accès au musée de l’Arles antique est gratuit, le Musée Réattu à demi-tarif et la Fondation Van Gogh aussi.

Demain on finira les apects pratico-pratique avec boire, bouffer et dormir à Arles.

Rencontres de la photographie d’Arles – Ce que c’est

Chaque année, depuis 39 ans, se tiennent les "Rencontres de la photographie", à Arles (dans les Bouches du Rhône). C’est, comme dit l’autre, "l’événement photo incontournable de l’année", parrainé en 2008 par Christian Lacroix, créateur de mode et arlésien.

Amateur encore récent de photographie, et casanier de surcroît, je ne me suis jeté à l’eau que cette année. A peine remis de mes efforts, je vais vous livrer mes impressions au cours des prochains jours mais, pour commencer, deux mots sur ce qu’est cette manifestation.

Ces Rencontres, ce sont de multiples expositions de photographies qui se déroulent du 8 juillet au 14 septembre 2008. L’ensemble des sites d’expositions, au nombre de 19, et complété de deux sites "partenaires" (FNAC et SFR) est situé à Arles et est visitable à pied, hormis, peut-être, l’Abbaye de Montmajour, le seul que je n’ai pas visité (avec la piscine).

Il est à noter qu’un de ces sites devait être fermé dès le 17 août et que 7 d’entre eux sont clos le 31 août : mieux valait donc se rendre sur place avant cette date au risque de ne pouvoir visiter la moitié des sites (8 sur 19).

Au-delà de ses sites, d’autres ont un caractère plus temporaire et moins ambitieux : ils ne figurent pas explicitement sur le plan fourni par les "rencontres" et sont "démontés" au fil de l’eau.

Ces Rencontres, ce sont aussi des occasions de côtoyer des photographes (sinon, ce ne serait plus des rencontres…). Cette période d’échanges a eu lieu lors de la semaine d’ouverture, du 8 au 13 juillet 2008. Au programme : des colloques et conférences, des stages de photographie avec des professionnels, etc.

J’ai voulu éviter la foule donc je suis allé plus tard en visite mais je ne sais pas si c’est un bon choix. En tout état de cause, je n’ai pas été bousculé par les visiteurs et c’est justement ce que je recherchais. Le principal regret c’est d’avoir raté le "off".

Ces Rencontres ce sont enfin des manifestations "autour" du festival comme cette année au Musée Réattu, revisité par Lacroix qui a sélectionné les œuvres du fonds Réattu, invité des artistes de son choix et intégré son propre travail (robes hautes coutures, croquis préparatoires, tapis). Accessoirement, les "pass" des Rencontres donnent des réductions sur des manifestations diverses (le Musée Réattu mais aussi l’exposition Combas à la Fondation Van Gogh, etc).