Circulation(s)

Avec quelques mois de retard, un long retour sur Circulation(s) 2014 où j’ai eu droit cette année à une visite guidée au 104 et où je suis retourné pour écouter une table-ronde. J’avais aussi « kickstarté » le catalogue. Le lieu, pour commencer, est plus animé et la circulation plus facile qu’à Bagatelle où se tenaient les éditions passées. Il est aussi possible de s’y restaurer et de passer une tête dans une librairie, par exemple. C’était un bon cru.

Abram Uroš (sexy east), Anthony Todd (sun city poms, de vieilles pom pom girls), Brambilla Anna-Lisa (autisme), Calligaro Sandra (Afghan Dream, des afghans « normaux »). Sandra partage sa vie entre France et Afganisthan et rapporte ici des images d’une « classe moyenne supérieure » qu’elle a côtoyé dans des magasins qu’elle croyait initialement réservé de fait aux expatriés. Elle s’emploie à montrer leur « normalité » et les craintes qui pèsent sur cette potentielle élite de demain, à l’aube du retrait économique et militaire des Etats-Unis, engagée dans un compte à rebours angoissant.  Chernyshova Elena (Jours De Nuit, Nuits De Jour, Norilsk), Dal Mas Aurore (Figures, autoportraits de dos). Le travail d’Aurore, économe de moyens, est réalisé avec son propre corps nous dit-elle, à l’aveugle d’une certaine manière, et l’on est surpris d’y découvrir des plastiques toujours « sculpturales » mais si diverses qu’elles semblent issues de modèles différents. Dinato Martina (magia fotografia, photos retouchées). Martina expliquait en italien (retraduit en anglais ;) côte à côté la photo vernaculaire d’origine (mariage, communion, etc) et sa version retouchée avec le texte de la demande. Etonnants petits formats et curieuses demandes. Dzienis Przemek ( I Can’t Speak, I’m Sorry, corps gênés) expliquait que sa série était volontairement très minimaliste, illustrant un concept (comme la gravité) ou simplement montrant l’embarras et l’inconfort des corps. Fert Bruno (Les Absents, palestiniens absents d’Israël) indiquait qu’il était peu satisfait de ses photos du conflit Israelo-palestinien, il s’est donc engagé dans un travail plus « cérébral » à la recherche des traces des palestiniens chassés en 1948. Il en ramène des image à la plastique irréprochable, parfois étonnante comme cette ruine cernée d’un clôture au milieu d’un champ. Gatti Massimiliano (Lampedusa or the extended desert, reliques de migrants) expliquait avoir réalisé des dizaines de photos en lumière naturelle d’objets trouvés sur les lieux où les migrants sont en transit, en les suspendant ce qui leur donne l’air de flotter. Il précisait aussi que ses tirages originaux « flottent » aussi dans le cadre afin de leur garder un aspect vivant. Gaudrillot-Roy Zacharie (Façades, des façades sans bâtiments), Gouriou Vincent (Singularités, portraits clairs) dont je voyais le travail (que je connais) pour la 1ère fois « en vrai ». Granjon Sylvain  (Les Zidiomatiks, expressions littérales) expliquait rapidement son travail qui en fait n’en a pas besoin: il s’agit simplement d’illustrer par une photo une expression française (comme « Dormir sur ses deux oreilles »). Hudelot Marie (Héritage, portraits croisés) expliquait en mots simples l’objet de son travail tiré en recto verso sur de grandes bâches suspendues dans le hall d’accueil, des portraits inspirés au visage invisible, sous tendu par par ses origines françaises et algériennes tournant autour du combat et de la féminité avec un traitement sensible et léché, de l’inspiration, de l’originalité et une palette saisissante, un des travaux les plus convainquants du 104 et une découverte. Hueckel Magda (ANIMA. Images From Africa, animaux crevés) expliquait l’origine de ses photos par les rituels, ces photos de cadavres d’animaux ne sont pas des photos pour tous les yeux (même si le noir et blanc met de la distance). Je connaissais son travail plus sage vu à Arles il y a bien longtemps (ici). J. Dean Victoria (The Fortified Coastline). Jonderko Karolina (Lost) témoignait des disparitions en Pologne avec photos d’identité d’autant plus effacées que la disparition est ancienne et photo des chambres souvent laissées en l’état. De Karolina je connaissais deux autres séries, Self-portrait with my Mother et If I lay here. Kane Aisling ( Virgin Territory, intérieurs irlandais). Kauppi Andreas (Strange Days). Liebaert Pierre (Macquenoise, huis clos rural) a précisé qu’il a rencontré par hasard le fils et qu’il a fallu du temps pour qu’il découvre la ferme où il vit seul avec sa mère, à 40 ans. C’est un travail étalé sur plusieurs années dont un bref extrait est exposé. Longly Katherine (Abroad Is Too Far, copie d’Europe) expliquait que ces villages/villes calqués sur ceux d’Europe sont laissés aux mains de spéculateurs, parfois privé de route d’accès décente et sans aucune infrastructure publique ils sont finalement vides et se dégradent sans même avoir été habités. Tout au plus servent-il de cadre à des photos de mariage… Lugassy Samuel (Gymnast & Wrestler, sportifs bulgares égarés). Passons plus vite sur Lupi Luca (panorama factice de bord de fleuve ou de mer),Mccullough Jan, Meyer Marcel, Nyholm Erica, Olivet Lucas et Orlowski Gabriel (qui indiquait que sa série, consacrée à « la vie des jeunes », se passait de commentaire, ce qui n’est pas faux).

Plasencia Rubén évoquait sa série consacrée aux aveugles, un vieux sujet tandis que Plauchut Virginie montrait une image pudique au regard d’une phrase extraite d’un récit d’inceste. Poliakova Marina expliquait dans un anglais à l’accent ukrainien que personne ne ferait habituellement poser les hommes comme des femmes et surtout pas en Ukrzaine: c’est ce qu’elle a fait et on voit mieux le ridicule de la situation et ce qui est aussi finalement « imposé » à certaines femmes. Je n’ai aucun souvenir d’avoir vu le travail de PUT PUT.

A parti d’ici j’ai remis les prénoms et noms dans l’ordre, histoire de changer.

Julie Rochereau présentait une brève série sur les sites nucléaires, à peine esquissés, avec les nuages de vapeur d’eau des tours de refroidissement, comme une menace obscure. Une sorte d’écho aux fluffy clouds de Jürgen Nefzger (vieux billet ici) ?

Thomas Rousset  montrait des photos énigmatiques, peut-être est-ce le même qui présentait son travail au WIP à Arles en 2009 (billet un peu énervé, j’étais moins âgé ;) ici). Avec Delphine Schacher (un site Tumblr seulement ?)on revient à du plus facile avec de toutes jeunes filles vêtues de robes de fête prêtées par l’auteure pour l’occasion. J’ai revu cette série en bonne place il y a deux jours à Arles. Delphine vient de finir ses études à l’Ecole de Photographie de Vevey et j’ai déjà acheté un travail à une de ses camarades d’école: je me demande si je ne vais pas récidiver.

Ulrike Schmitz évoque le déplacement forcé de sa famille (allemande) en Union soviétique en 1946. Christiane Seiffert se représente mimant des objets avec son propre corps et une certaine économie de moyens…  Avec Jean-François Spricigo on remonte quelques marches. Le personnage n’est pas très souriant, c’est le moindre que l’on puisse dire, le débit est rapide, les idées nettes, le ton presque professoral mais à l’entendre, car il présentait son travail, on comprend vite que Jean-François a réfléchi à son art, que son travail n’est pas gratuit, qu’il est allé plus profond que bien d’autres (la plupart ?) de ses collègues. Du coup, l’avis qui était le mien il y a quelques années (en 2009, ici) mérite d’être nuancé. Il n’en reste pas moins qu’un travail d’édition, sans doute, serait plus adapté que des tirages accrochés aux murs.

Je passe sur Sputnik (Moritz Krauth) que j’avais déjà vu à Lille (ici) et Clément Val. Zoé Van Der Haegen présentait sa série Battlefield consacrée à l’incongru dans le paysage (disons-le comme ça, faute de mieux), aux petites associations visuelles étranges. Marlous Van Der Sloot n’est pas une découverte, on a déjà vu son travail, à Photoespaña notamment on l’a revu à Arles cette année mais ça manque un peu d’explications.

Je passe sur les parapluies de Matej Andraž Vogrincic vus à ArtBrussels en 2010 sur le stand de la Škuc Gallery pour terminer, dans l’ordre alphabétique, avec Marc Wendelski et les protestataires allemands en lutte contre la destruction d’une forêt.

On leur souhaite plein de succès pour la prochaine édition.

Unseen PhotoFair 2013

Il y a quelques seamines je suis allé à Unseen Photo Fair à Amsterdam (après un passage éclair et coûteux au Stedelijk Museum qui ne vaut pas ses 15 € d’entrée). A 70€ l’aller-retour, il ne faut pas se priver; on peut y ajouter les 23,95 € du menu chez Haesje Claes et les 7,50€ pour le pass transport de 24 heures (à acheter à la sortie de la gare à droite à la station de métro, par exemple).

Arrivé sur le site de la foire, je suis passé rapidement dans le petit pavillon consacré aux photographies « pas chères »  qui ne sont hélàs que des modèles réduits des tirages originaux et j’ai zappé l’exposition JR (dont le marketing est excellent, c’est toujours ça) regrettant celle de Camera Work de l’an passé.

Je ne me suis pas attardé non plus à la foire aux livres où une foule compacte empêchait à peu près toute circulation (et c’est bien dommage de ne pas aérer cette sympathique manifestation avec un espace plus grand). En revanche j’ai complété ma collection de Foam Magazine dans la serre prévue à cet effet (qui n’accepte pas les cartes bancaires par une étrange bizarerie). Ces divers espaces étaient d’accès gratuit, contrairement au coeur de l’exposition qui repose sur deux lieux se faisant face et une multitude de galeries. Je faisais partie des early birds et j’avais donc un billet à prix réduit quand je l’ai échangé à l’entrée contre un bracelet qui permettait aux garde-chiourmes d’identifier ceux qui avaient payé leur dîme.

Pas de surprise dans la salle ronde (Gasouder), découpée en quartiers de fromage comme l’an passé. Des surprises en revanche dans le choix des auteurs, dont un grand nombre m’était inconnu ce qui m’a ravi (tant qu’à faire 7H de Thalys, autant voir du neuf) et en même temps un peu inquiété sur ma connaissance du marché. J’ai été agréablement surpris par la diversité des stands, des formats et des techniques et j’ai noté un retour à des formats (et prix) me semble-t-il plus réalistes.

WordPress ne permettant pas en ce moment d’insérer des liens clicables, ce qui suit est essentiellement le relevé des galeries (en gras) et des auteurs exposés, ce qui en l’état a un intérêt limité.

Je vais simplement, histoire d’alléger le tableau, citer tous les photographes exposés dont je me souvenais du travail, on verra qu’il y en a assez peu: Viviane Sassen (série pikin sleen) en petits formats et solo show chez Stevenson, Trine Sondergaard, Astrid kruse Jensen, Fabian Unternahrer et Schnabel et Benitah (petits portraits noir et blanc) rehaussés chez Esther Woerdehoff, Penelope Umbrico, James welling, Rauschenberg et Gadirian chez Aperture, Mona Kuhn, Jessica Backhaus, Noémie Goudal, Richard Mosse, Anders Petersen, Julie Cockburn, Tiane Doan na Champassak, Phillip Toledano, Hassink et Tod Hiddo chez Kaune Posnik Spohr, Pieter Hugo, Ruud van Empel. Erwin Olaf,  Rob Hornstra, Moryima? La Chapelle, Phyllis Galembo, Miles Alridge.

G/P gallery: Takashi Kawashima,Taisuke Koyama, Daisuke Yokota. A partir de 1200-2000 euros. Stigter van Doesburg: Alexandra Leykauf, Max Natkiel, Peggy Frank ( gouache sur papier brillant) et Elspeth Diederix. Martin van Zomeren: Katja mater, Scheltens et Abbenes. Michael Hoppen: Chloé Sells, Alberto Villar, Ashkan Honarvar, Jeff Bark (à partir de 1500-2200 €). Julie Saul Gallery: Arne svenson.sarah Anne johnson.Carolyn Janssen.pas mal de te travail sur photo.reinier gerritsen. Galerie vu: Maja Forsslund, JH Engstrom, José Ramon Bas, Esther Vonplon. A partir de 1200 €. Martin Asbaek: Ebbe Stub Wistrup, Nicolai Hovalt. Van zoetendaal collections: aucun nom ne figurait mais il représente entre autres Paul Kooiker. pas de noms.  Aperture: Jason Evans, Éva Fiore Kovacovsky, Barbieri, etc. Wim van Krimpen: Helena van der Kraan, Holger Niehaus, Tanja Deman. A partir de 690 €. Flowers London: Tom Lovelace, Esther Teichman, Lorenzo Vitturi. Sabrina Amrani: Larissa Sansour (palestinaute) et Amina Benbouchta (auto-portraits cachés). Kuckei + Kuckei: Guillermo Srodek-Hart, Guy Tillim et Miguel Rothschild. Boetzelaer Nispen: Anouk Kruithof. Wouter van Leeuwen: Michael Wolf, Pietro Mattioli, Grégory Halpern, à partir de 490 €. Edel Assanti: Nicolai Howalt. Next level galerie: Asako Shimizu, Céline Nieszawer, Ronan Guillou. Fons Welters: Paulien Oltheten, Berend Strik (photo brodée de tissus). Gun gallery: Julia Hetta, Mikael Janssen. Gallery Kant. Photographers’ gallery: David Robinson, Martin Lindqvist, Jessica Eaton et John Hinde. Gallery Taik: Joakim Eskildsen, Santeri Tuori, Tanja Koljonen et Maija Savolainen. lhGWR: Karianne Bueno, Krista van der Niet, Iana Mesic, Stephan Keppel, à partir de 850-1000 €. Kahmann gallery: Katrien Vermeire, Barry Kornbluh, Tiane doan na Champassak, Lonneke van der Palen, Schilte et Portielje, à partir de 1000 €. Tagomago. East wing: Philippe Dudouit et Mari Bastashevski. Mirko Mayer: Dan Dubowitz, Ralf Bauer et Harald f. Müller. Les filles du calvaire: Corinne Mercadier. Cokkie Snoei:  Abri de Swardt, Elza Jo et Jonas Lund. The wapping project bankside: Edgar Martins. Flatland gallery: Jaap Scheeren, Stanislaw Lewkowicz. Wagner et partner. Natascha stellmach (photo et dessins). Christophe Guye: Esther Mathis, Sascha Weidner,  Lina Scheynius (1500-1800 €), Rinko Kawauchi. Robert Morat: Marten Lange (à partir de 850 €), Peter Puklus (950-1500 €), Simon Roberts. Aando fine arts: Tilman Peschel, Kim Boske, Bien-u Bae. Juliette Jongma: Misha de Ridder, Lisa Openheim. Alex daniels reflex Amsterdam: Hisaji Hara. The empire project Istanbul: Ali Taptik, Jasper de Beijer, Gozde Turkkan, Esra Rotthoff.

Sur le pourtour du fromage, outre les stands gâteaux et boissons, on trouvait quelques partenaires ou galeries très modestes. J’ai retenus les « jeunes talents »: Florian van Roekei, Anika Schwarzlose, Willem Popelier (que j’avais vu à Liège), Ola Lanko et Natascha Libbert.

Et puis aussi j’ai bien aimé Polly’s picture qui montrait de vraies découvertes avec Anna de Jong, Philipp Dorl, Suzanne Posthumus, Liam Tickner, Anne Huijnen, Lotte Reimann, Sara-Lena Maierhofer, Isabelle Wenzel. Le tout pour quelques centaines d’euros. Font partie de la plateforme aussi, mais je n’ai pas vu leur travail: Dana Slijboom, Gael Odilon Paccard, Nadine Watson et Linda Beumer.

En ressortant, on allait en face vers le transformator huis. J’ai retrouvé des noms connus: Onorato et Krebs, Indre Serpytyte chez Paradise row, Anna Skladmann, Christopher Bucklow et Michelle Sank (nouvelle série à 850 € encadrée) chez Vassie, Anders Petersen, Lara Gasparetto et Ren Hang chez Stieglitz 19.

Pour le reste, que des découvertes. Peter Lav gallery: Adam Jeppesen. Steven Kasher. Pobeda: Alexei Kiselev. Goshua Rubchinsky. Gallery Vassie: Matthew Murray. Conrads: Sascha Weidner et Anna Vogel. Galerie Bart: Femke Dekkers et Yvonne Lacet. Seelevel Gallery (qui est une galerie en ligne, ce qui permet donc d’écarter tous les auteurs qu’elle représente): Marrigje de Maar, Isabelle Wentzel (750 €, quel dommage qu’elle choisisse une galerie en ligne, j’étais à deux doigts de lui acheter quelquechose, mais tant pis), Marnix Goosens, Koen Hauser, Lieve Prins. La Noble: Deborah Baker, Robert D. Phillips et Anne Leigniel. M97: Liang Weizhou, Adou, Huang Xialang et Lui Dan.

Avant de quitter la foire, on trouvait un peu plus loin la Kallenbach gallery, en partenariat avec Gup, qui vendait des tirages à quelques centaines d’euros d’auteurs qu’elle ne représente pas (je me suis limité à ceux ayant un site web): Steven Brahms, Noortje Schmit, Bernhard Handick et Noël Loozen.

C’est une bonne « photo fair » et j’y retournerais si je le peux l’an prochain.

Copenhague 2012 – Jour 1 – Photo City Carlsberg (Ny Tap )

On reste à Copenhague sur le site de l’ancienne usine Carlsberg pour le festival de photo 2012 qui se tenait en juin dernier. Tout n’étanbt pas traduit en anglais, je ne suis pas sûr du lieu exact. En tout cas, l’expo était massive et sur des tables pour une large part (des travaux d’étudiants). Enfin, plus exactement, les photos (et autres travaux) étaient sur des planches posées sur des trétaux. C’est une autre façon de regarder: je ne m’étais jamais fait la remarque que visionner des photos sur une table et accrochées sur un mur, ce n’est pas du tout pareil.

Une autre partie de l’immense salle présentait des travaux sous une forme plus classique.

Vu le nombre d’étudiants présents (une trentaine), je ne vais mentionner que ceux qui disposent d’un site web digne de ce nom avec un projet artistique (pour autant que je puisse en juger). En général, l’écrémage est radical. Ce qu’on peut dire c’est que les travaux présentaient une grande diversité et des formes très originales, avec des petits livres, des tirages sur des supports étranges, des mélanges de mediums, etc, ce qui témoigne d’une vraie vitalité et c’est toujours sympathique.  On retiendra Johanna Wallin (polas encadrés, portraits extrérieurs), Simon Blanck (5 pages de livre, encadrées), Kim William Catton (documents divers – portraits,carte – sur Hugo Muller), Mette Hartung Kirkegaard (3 tirages sur tissu, vague portrait mêlé à un paysage solarisé accompagné d’un petit rectangle de bandes colorées).

On peut citer aussi Alexander Kirkhoff (10 photos illustrant une actualité que j’ai pas vues sur son site), Andreas Engman (5 étrangetés, chiffres, lignes, photo d’enveloppe), Malin Bernalt (un petit livre broché avec de petits portraits dedans – c’est  sa spécialité les petits livres). Venaient ensuite Alexander Arnild Peitersen (8 photos rochers, lit défait, etc), Laura Amelia Zdunek, John William Haggblom (6 tirages de parcelles de terrains vendues), Azra Halilovic (livret et photo d’enfant rehaussée à la gouache), Lotta Tornroth (2 dépliants dont un encore bien plié et emballé avec sa ficelle), Christopher Landin (fac-simile d’une page de La Nausée de Sartre, en danois, et quelques photos diverses sur une feuille).

Pour finir, on évoquera Hannes Anderzén (mini boites lumineuses), Cora Hillebrand (2 tracés d’oscilloscope, Sebastian Thomsen (immeuble de nuit) et Simon Berg (une multitude de petits formats couleur carré du quotidien).

Le collectif Kronotop.dk montrait les travaux de ses membres: Martin Stub-Holm El-Touky (4 exterieurs nuit urbains), Jesper Frimand Christensen (intérieur modeste et monsieur de même), Freya Sif Hestnes et aussi Jens Raunkjær Christensen (détails de nature défigurée, arbre trop taillé, béton dans une prairie, etc)

La dernière partie de l’expo s’appelait Tagfat et était consacrée aux étudiants à l’école de photographie et de cinéma de Copenhague. Leur travail est visible sur le site de l’école sous les rubriques (efterår 2011) Automne 2011 et (forår 2012) Printemps 2012. Là encore, comme il s’agit d’étudiants, je ne cite que ceux qui font l’effort d’avoir un site web. Ils sont peu nombreux dans ce cas (3 seulement sur plus d’une vingtaine): Jacob Julius Thomson (9 étranges petits formats carrés couleur), Yael Pharhi Gravesen (série traces) et enfin Liv Bang avec des portraits de jeunes de sa série maniodepressiv.

Copenhague 2012 – Jour 1 – Photo City Carlsberg (slottet)

Après un retour sur Vienne (en 2012 et 2010), le temps est venu est de s’attaquer à un autre séjour. Copenhague, j’y vais depuis 2011 et j’y retourne d’ailleurs si tout va bien dans quelques jours: ce sera donc Copenhague qui sera l’objet de la prochaine série qui commence avec une institution nationale, Carlsberg (oui, la bière).

Les anciennes usines aujourd’hui désaffectées occupent une surface monumentale et l’architecture originale vaut la visite mais c’est surtout le volet photographique qui m’a amené là-bas car plusieurs expos s’y tiennent dans le cadre du festival de photographie de Copenhague.

Sur le site il y a une sorte d’immeuble administratif (au Pasteursvej 4) auquel on accède par un … monte-charge et on se retrouve au 6ème. A Copenhague, ils appellent ça un chateau (slottet). On voyait Henrik Saxgren avec sa série Brikby county, un village d’entrainement avec des afghans de carnaval, tout à fait grotesques. Cela rappelle un peu Ulrich Gebert (billet ici). Detour par Martin Bubandt, c’est 5 très grands formats de carcasses de voitures en forêt. La vie de rongi par Jakob Dall:ce sont de grands formats noir et blanc classieux tandis que Jan Dago choisisssait a contrario la couleur pour montrer la misère de Bucarest et de la Bulgarie. Retour au noir et blanc pour l’effrante Birmanie militaire de Niels Hougaard et toujouyrs de la peur et de l’horreur même pour l’ex-Yougoslavie de Martin Lehmann, charnier, pommier, porte rouillee.

Au 5ème étage, outre des images de Getty dont on se moque un peu, on voyait (accrochés à des fils linge) le travail de Pascal Blondeau, les enfants du paradis, des vilains portraits de vilains clowns, genre Joker ou sorcières.

Enfin bref, une rapide excursion au pays des photojournalistes.

Londres – National portrait Gallery, National Gallery et V&A

Dans la série « revival » et comme promis, retour à Londres, cette fois début décembre 2012.

Il y avait trois bonnes raisons d’aller à Londres, d’abord la National Gallery inaugurait sa 1ère exposition de photographie (Seduced by Art: Photography Past and Present), un événement historique, ensuite se tenait la prestigieuse exposition du Taylor Wessing  photographic Portrait Prize à la National Portrait Gallery et, enfin, au V&A se déroulait une exposition (Light from the middle east) consacrée à la photographie du Moyen Orient (dans la Porter Gallery) mais aussi, en parallèle, à « 50 ans de photo britannique » (dans la fameuse salle 38a que tous les amateurs de photo passant au V&A connaissent). J’en ai profité pour jeter un oeil à l’Underground gallery.

Sur la dernière visite je ne dirais rien car c’était vraiment la dernière puisque la galerie a fermé. Sur les deux premières je ne dirais rien non plus car j’ai acheté les catalogues (comme chaque année d’ailleurs pour le Taylor Wessing Price qui s’est appelé aussi, au fil des sponsors, Schweppes Price – de 2003 à 2005). Le seule chose à dire est que ce genre d’expo est inratable et que le catalogue ne peut qu’être qu’un piètre avatar de l’exposition « en vrai ».

A part ça, au V&A, la petite expo 100% britannique était fort sympathique avec plusieurs images pour chaque auteur ce qui permet d’avoir (un peu) une idée du travail de chacun. C’était l’occasion de retrouver des noms biens connus comme Martin Parr (mais en noir et blanc !), Bill Brandt, Chris Killip, Roger Mayne et Don McCullin et d’autres qui le sont moins (pour moi en tout cas) comme Deller et Kane, Nigel Shafran, John r.j. Taylor, Fay Godwin, Maurice Broomfield  (couleurs vibrantes et aussi scènes de travail noir et blanc), Elsbeth Juda (mode en noir et blanc), Grace Robertson, Raymond Moore, Mark Edwards et enfin Peter Fraser.

Mais le gros morceau c’était l’expo consacrée à la photographie du Moyen-Orient, une exposition de grande ampleur portant sur une géographie largement ignorée. Cette expo de longue durée s’est achevée seulement le 7 avril 2013. Elle était structurée en 3 parties (recording, reframing et resisting) et comptait 30 auteurs. C’était une grosse expo et je ne vais pas, là non plus, la décrire par le menu, le catalogue le fait très bien (il encore disponible et au prix d’origine). Par contre, les auteurs étant souvent peu connus en France, indiquer leur site web n’est pas inutile de même que montrer quelques images.

Pour Recording, on retrouvait deux noms bien connus en France mais appartenant à deux générations (et deux sexes) différents: Abbas (petit format noir et blanc sur la révolution arabe) et Yto Barrada (tas de briques dans une cité, évocation peut-être de maisons détruites en Palestine). Pour le reste, des découvertes: Mehraneh Atashi (iranien s’entrainant au zurkhaneh – une sorte de « gymnase traditionnel »), Newsha Tavakolian (femme tenant le portrait de son fils mort), Abbas Kowsari qui a été shortlisté pour le prix Pictet (gros plan sur le T-shirt d’un peshmerga illustré d’un portrait de star de rock), Issa Touma (procession soufi en panoramique noir et blanc) et Mitra Tabrizian (grand format panoramique dans un style contemporain où se croisent hommes et femmes voilées, comme figés) dont le site web très riche vaut le coup, mélange de codes orientaux et de style occidental.

Toujours dans la même section, on découvre Waheeda Malullah (une femme repose allongée, à la demande de la photographe, à côté de ce qui semble être un « lit carrelé » mais qui est une tombe), Manal Al-Dowayan (portrait noir et blanc d’une femme portant une ardoise où est repétée la phrase « l’ignorance est obscurité »), Tal Shochat (un portrait d’arbre avec fruits sur fond noir), Abdulnasser Gharem (route couverte du mot siraat par l’artiste – la voie et plus spécialement la voie vers Dieu dans le Coran) et enfin Ahmed Mater (d’abord on croit voir la Mecque et les fidèles et finalement c’est un aimant et de la limaille de fer, très malin).

La section suivante, reframing, compte moitié moins d’artistes et repose sur l’appropriation (le « recadrage ») d’images anciennes. La série commençait avec Shadi Ghadirian dont on connaît le travail (billet madrilène de 2011, par exemple) mais pas cette série de portraits noir et blanc de style ancien (le titre de la série porte le nom d’une période de l’histoire iranienne, Qajar) mais accesoirisés d’objets modernes. On ne présente plus non plus Youssef Nabil vu à la MEP il n’y a pas si longtemps (ici) avec ses fameux portraits colorisés ou Walid Raad (billet ici).

Pour le reste, là-aussi des découvertes: Raeda Saadeh (autoportrait couché, enroulée dans des journaux), Bahman Jalali (surimpression colorée de vieilles photos noir et blanc barrées de rouge), Hassan Hajjaj (avec des femmes en tchador siglé LVMH par exemple), Taysir Batniji (tours de guet, sur le modèle de Donovan Wylie – billet ici).

Dans le dernier volet de l’expo, baptisé resisting, est démontrer en quoi la photographie peut résister à l’argument souvent employé de preuve et de vérité photographique. C’est donc le territoire de la photo manipulée et altérée.

Atiq Rahimi (photos de Kaboul en très petit format noir et blanc réalisées avec une caméra de photomaton),  Amirali Ghasemi (banales photos de fêtes où les corps sont remplacés par des aplats blancs), Joana Hadjithomas & Khalil Joreige (fausses cartes postales endommagées d’un photographe imaginaire d’un Beyrouth radieux), Şükran Moral (rossignols ajoutés sur des photos de bateaux de migrants).

La visite se termine avec Nermine Hammam (soldats melangés à des paysages de cartes postales kitsch) et Sadegh Tirafkan (foule de croyants et petites photos d’identité superposées formant comme un motif de tapis). Quant à Camille Zakharia, ne n’ai pas bien suivi son oeuvre totalement abstraite (contrairement à ses autres travaux). John Jurayj montrait une photo d’immeuble floue trouée et collée sur un miroir rouge et enfin, Taraneh Hemami montrait des reproductions altérées de photos de terroristes présumés.

Une très belle expo :)

Vienne – Mois de la photographie 2010 – Jour 5

Et voilà, fin de l’épisode historique « Vienne 2010 » avec le 5ème et dernier jour qui portera sur l’exposition qui se déroulait chez mo.ë (Thelemangasse 4/1) qui apparemment a mis la clé sous la porte… L’expo était assez copieuse avec une douzaine d’auteurs mais finalement peu de photographes… Il y a vraiment peu à sauver du naufrage: éventuellement Judith Stehlik, Sophie Pölzl (vague silhouette dans le noir) et Antoinette Zwirchmayr.

Autant dire que l’édition 2010 de ce mois de la photographie à Vienne n’était pas particulièrement fructueuse ce qui m’a incité à être très sélectif pour l’édition 2012 afin de limiter les déconvenues sur place et à dégager ainsi du temps pour les richesses artistiques et muséales locales, hors du champ photographique. Quant aux lieux éliminés en 2012, je les ai visités depuis mon domicile ;)

Vienne – Mois de la photographie 2010 – Jour 4

Nous approchons de la fin de notre périple rétro-viennois à l’occasion du mois de la photo 2010 dans la capitale autrichienne. Rendez-vous chez art-com Gallery (Schottenfeldgasse 64) … qui a coulé dans l’intervalle: tant pis pour Gerhard Aba qui montrait des femmes en moignons dans une abiance érotico SM malsaine et pour Martin Siebenbrunner et ses photos de mode. Galerie ArtPoint (Universitätsstraße 5) exposait sur le thème de l’Albanie donc, bon, intérêt limité pour le sujet. J’ai vu le travail de Leonard Qylafi (un négatif dans un positif) et des frères Fusha, Bevis (un parc à Tirana) et Albes (bunkers et portraits d’enfants notamment). J’ai raté Alketa Kurrizo.

La mauvaise série se poursuivait avec la Galerie INTakt/workstations (WUK, Währinger Straße 59, Stiege III) dont le lieu était difficile à trouver sans aucun flêchage. L’expo était ridicule avec une ou deux images par auteur réparties dans deux salles  faussement « underground ». Pas moyen non plus d’associer travaux et auteurs. Un grand moment de solitude où l’on se demande pourquoi on est venu à Vienne… conforté par un tour sur le site (quand il existe) des auteurs présentés que je ne listerais même pas. L’institut slovaque, Slowakisches Institut (Wipplingerstraße 24–26), ne rattrape rien de la journée avec une dizaine de photos “de famille”, de vie quotidienne en couleur par Petra Cepková.

Le seul point (relatif) de satisfaction est venu du centre tchèque (qui exposait aussi plus tard en 2012), Tschechisches Zentrum (Herrengasse 17) avec le travail de Josef et František Seidel, des photos vers 1900 de la campagne locale, en format agrandi toutefois.

Le prochain billet sera consacré à la dernière journée à Vienne.