Rencontres de la photographie d’Arles – Palais de l’Archevêché

L’exposition au Palais de l’Archevêché est centrée sur Arles. Parrainée par le quotidien local, La Provence, il faut bien avouer que, pour ma part, je n’ai rien vu là de bien fascinant. Peut-être faut-il être arlésien pour mieux apprécier.

Entre reportage sur les 30 glorieuses ou le patrimoine industriel d’Arles (de petites photos noir et blanc pour l’essentiel, semble-t-il issues de la PQR) ou bien encore les nombreuses photographies d’artistes locaux traitant de sujets régionaux (architecture arlésienne, tauromachie, etc) dans les année 1900-1950, je n’ai rien vu de saisissant.

Même les photos de mariages d’arlésiens « au cours des âges », une idée de Lacroix, m’ont semblé plus relever de l’animation culturelle locale que d’une démarche créative ou artistique inspirée mais cette histoire de mariage, on y reviendra, sert de fil rouge au cours de ces Rencontres.

Cerise sur le gâteau, les légendes sont absentes ou, au mieux, figurent dans des cahiers ce qui ne permet pas de se repérer. Je passe également sur l’éclairage, très médiocre, et générateur de reflets.

Cette question des reflets d’ailleurs, on y reviendra, est particulièrement gênante même si certains on su en tirer profit avec humour et talent.

Alors, que peut-on sauver de cette exposition ?

Peut-être peut-on évoquer le travail d’Alain-Charles Beau sur la corrida et la mode (à travers les défilés Lacroix notamment), en grands formats couleur ? Ou bien encore celui de Lucien Clergue, figure de proue de la photographie arlésienne qui a obtenu une reconnaissance internationale ?

Somme toute, les travaux de ces artistes renommés ne m’ont pas paru le meilleur de leur production.

Sans doute peut-on sauver surtout les impressionnantes et anonymes photos en noir et blanc, en grand format, des bombardements d’Arles au cours de Seconde Guerre Mondiale, vus d’avion. Inscrites dans un contexte historique, ces vues peuvent être rapprochées, avec un peu d’audace, tant les finalités, le public, les thèmes et les moyens différents, des travaux d’Artus-Bertrand ou de MacLean, de par leur technique et l’angle de vue si particulier. La caractère fascinant des vues aériennes n’aura d’ailleurs pas échappé à Google avec ses cartes et son Google Earth.

Sans doute aussi peut-on mentionner les éléments (photographies et autres documents) relatifs au camp de Salier et au fichage des nomades, un rappel historique pas inutile de ces temps troublés du à Mattieu Pernot (dommage de ne pas avoir présenté aussi son travail sur les tsiganes et son ouvrage éponyme qui s’articule autour de codes esthétiques soigneusement choisis comme ceux de la photographie anthropométrique, par exemple).