Exposition à la MEP : Leibovitz, Klein, Elbaz, Aupol

Je suis allé voir presque à son ouverture (en juin) l’exposition en cours à la Maison Européenne de la Photographie (MEP) qui se termine dans quelques jours (le 14 septembre). Il est donc temps de chroniquer et ce d’autant que, le temps passant, j’avais imaginé que le jugement sévère que je portais à chaud, à la sortie des lieux, se serait émoussé.

Il n’en est rien. Si vous voulez voir une exposition de photographies intéressante, passez votre chemin et allez à Arles (il est plus que temps) ou préparez votre prochain séjour à Lyon. Je reviendrai sur ces deux évènements dans de prochains billets.

Pour être honnête, je ne connaissais pas le travail de Leibovitz et c’est donc naïvement que j’ai passé le pas de la porte de la MEP, après une longue attente, en raison d’une affluence estivale considérable. Ce que j’ai vu m’a laissé indifférent puis m’a agacé prodigieusement. Cette accumulation de photographies, sans ligne directrice va jusqu’à se donner elle-même en spectacle : un mur est recouvert de petites photos destinées au livre publié au même moment illustrant les « repentirs » de Leibovitz, ses hésitations dans ses choix. je n’ai rien vu d’inspiré, d’original, d’émouvant ou d’intelligent. Juste une auto-célébration par déballage de boites d’archives : ami regardeur, débrouille toi. J’ignore si cette promotion du livre contribuera à de bonnes ventes mais vraiment, quelle déception. Le pire dans l’histoire c’est que, renseignement pris, Leibovitz a déjà fait (beaucoup) mieux que ce qui est présenté en vrac dans les salles. Quel gâchis.

Les avis sur cet expo sont partagés entre enthousiasme et, tout comme moi, déception (les nombreux commentaires postés, que je vous invite à lire, sont parfois assassins, un vrai régal).

Si vous ne pouvez aller à Arles ou Lyon, allez voir Avedon au Jeu de Paume. Vous verrez la différence avec Leibovitz (ou pas : si vous n’allez pas voir Leibovitz) et en plus vous avez jusqu’au 27 septembre. Aucune excuse.

Et il y avait quoi d’autre à voir à la MEP ? Hélas rien.

Klein d’abord. Il a travaillé sur les chevaux. Sans doute voulait-il faire aussi prétentieux que Leibovitz. Cela fait pitié. A oublier. Dans le même genre, à Arles, il y a un travail sur le même thème qui ferait honte à Klein, celui de Alfons Alt, qui manifestement sait mieux de quoi il parle.

Elbaz ensuite. Elle montre des photos de pauvres gens dans la guerre. Sortez les mouchoirs. Ensuite sortez de la salle (rapidement). Photos étouffantes de détresse dans une salle aveugle. De l’air, vite.

Aupol enfin. Il présente quelques photos de la prison de Clairvaux et d’un de ses détenus. Ce n’est pas plus gai mais la pièce est ouverte sur l’extérieur par une baie vitrée ce qui donne un peu d’air. Rien de bien fascinant mais au moins cela permet de se laver les yeux après avoir vu le travail de Leibovitz, Klein et Elbaz.

Si vous allez à la MEP, terminez par Aupol, cela limitera (peut-être) la déception.

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