Rencontres de la photographie d’Arles – Atelier de mécanique

Pour ces rencontres de la photographie d’Arles, qui se terminent, après l’atelier de maintenance et les forges, passons à l’Atelier de mécanique.

Je ne reviens pas sur Guido Mocafico que j’ai déjà évoqué ici dont les memento mori ne « passent » pas sur un écran et qu’il faut voir « en vrai ». Je passe aussi sur Joël Bartolomeo, étant allergique aux vidéos.

Que reste-t-il alors ? Pas grand chose pour être franc.

Joachim Schmid voulait montrer des centaines de photos ou d’images détruites qu’ils collecte dans les rues mais un problème technique a conduit à en présenter des photocopies quand j’ai visité. Cet incident dénature l’exposition car dans son cas c’est moins l’image que l’objet, le support de la photographie en tant qu’objet physique qui compte, avec ses arrachements et ses déchirures : que dire d’une photocopie ?  Quoi qu’il en soit, il ne s’agit guère ici de photographie : il s’agit plus d’un geste artistique qui repose sur l’usage de la photographie. D’ailleurs, Schmid n’a pas photographié. Cela fait penser évidemment à Bourcart dont j’ai parlé ici. Tous les deux se désignent ainsi plus artistes que photographes : ils ne prennent pas de photos, d’autres les prennent pour eux et ils s’approprient ces objets. Pour Schmid, on est presque au stade de « l’installation » et l’œuvre est moins chaque photo sortie de la poubelle, prise une à une, que l’ensemble des photos pris comme un tout, et disposées en un long ruban sur les murs. Pour ma part, je n’ai pas du tout apprécié mais bon, chacun ses goûts comme dit l’autre. Plusieurs groupes sur Flicker font pareil sans compter des sites spécialisés comme celui-ci ou celui-là. Il y a un article génial sur le sujet, très bien documenté, et plus neutre que mon propos : il renvoie même à des études académiques et c’est ici.

Grégoire Alexandre nous montre des photos dont on suppose, cela se devine parfois, qu’il s’agit de commandes publicitaires. De fait, l’ensemble est très hétérogènes, épars, et l’absence d’éléments de contexte, particulièrement regrettable, comme si on craignait, peut-être, de rabaisser le travail réalisé en désignant la marque qui le finance. Au final, on voit de belles photos, certes, mais que disent-elles ? Faut-il les prendre comme de simple témoignage de l’activité publicitaire de notre temps ? Ces photos sont séduisantes, après tout, c’est déjà ça. Son portfolio est visible ici.

Grégoire Korganow présente un diaporama de photos de podium. Bon. Dans un grand écart, il montre aussi les photos d’un reportage mené auprès de femmes de prisonniers à Rennes et raconte ainsi leur existence difficile. J’ai l’impression d’avoir déjà vu et l’autre de nombreuses fois (de jolies filles qui se trémoussent et de pauvres femmes qui ont choisi le mauvais mari). Je suppose que le but était d’émouvoir.