Galerie Esther Woerdehoff – Jürgen NEFZGER

Aujourd’hui c’est la techno-parade à Paris et j’avais oublié que pas mal de galeries sont sur le trajet. Chez Esther Woerdehoff en revanche, c’était calme et c’est tant mieux.

La galerie, situé au fond d’une cour, n’est pas très grande (ni trop petite d’ailleurs) et ce qui y est présenté est généralement intéressant. Cette fois, c’était Jürgen Nefzger, Prix Niepce 2008. Ce prix est généralement considéré comme la marque du talent pour son heureux récipiendaire. Et aujourd’hui était le dernier jour de l’exposition de Nefzger donc vous n’aurez plus qu’à manifester votre intérêt auprès de la galerie (a priori c’est Françoise Paviot et non Esther Woerdehoff) pour avoir droit à une présentation privée ou bien vous promener sur son site web. Nefzger ne fait pas des images géantes, ne photographie pas non plus des top models ou bien ses fesses ou bien encore sa cocotte-minute. Nefzger ne photographie pas tout et n’importe quoi. Il ne fait pas du facile.

Nefzger photographie des paysages, avec constance, application et, surtout intelligence. Ce dernier point fait toute la déférence entre des photos et une œuvre, entre des images (que l’on trouve seulement « jolies » ou « moches ») et des œuvres qui donnent à réfléchir ou bien touchent au cœur. Et ses paysages, ce n’est pas « forêt d’automne » ou « coucher de soleil ». Je connaissais sa série fluffy clouds qui donne à voir des scènes champêtres (pêche à la ligne, golf, etc) avec comme toile de fonds des centrales nucléaires : c’est à la fois gentiment ironique et vaguement inquiétant, un peu sur-réaliste aussi.

J’ai découvert ses premiers travaux, en panoramique noir et blanc, et non à la chambre et en couleurs comme par la suite : des scènes que l’on croirait « fausses », un sentiment d’étrangeté s’en dégage. La série consacrée aux pavillons aux portes de Disneyland (série Aux Portes du Royaume) m’a moins séduit tant il est vrai que le sujet a été arpenté par d’autres. La série sur Dunkerque (nom de la série) est riche de trouvailles plastiques comme ce « Dépôt des matières premières d’une usine sidérurgique » qui ressemblent à des apéricubes géants ou encore ce « Extrémité du môle 1 au port est de Dunkerque » qui nous montre notamment un triangle de béton émergent de l’eau, aussi bizarre que le parallélépipède dans 2001.

Ces images sont extraites du site de l’artiste et je vous invite à le visiter pour y découvrir les séries complètes et celles également présentées à la galerie que je n’évoquerais pas ici (Panta Rhei et Hexagone Le paysage consommé -The landscape consumed qui abordent la problématique environnementale).

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