Visite guidée du musée Niepce à Chalon – la suite

Vendredi dernier je suis allé à Chalon sur Saône visiter le musée Niepce, consacré à la photographie. Voici la suite de l’article commencé ici.

Pénétrons donc, à l’étage, dans une belle salle avec, tout autour, des photos de paysans chinois réalisées par Bertrand Meunier (prix Niepce 2007) qui travaille chez Tendance Floue (son travail est ).  En principe, je n’aime pas les photoreportages à prétention « plasticienne » mais là, ce n’était pas mal comme je l’ai écrit déjà ici. Il y avait aussi un film en boucle sur le sort de ces paysans pauvres qui exercent le plus souvent un autre métier pour joindre les deux bouts.

Dans les salles suivantes on revenait  à l’Histoire avec, d’abord, le clou de la visite : le 1er appareil photo du monde. Cette boite en bois trouée, sans objectif, n’impressionne guère derrière sa vitrine.

La vie de Niepce et ses procédés sont mis en lumière, si j’ose dire, avec quelques babioles qui auraient un vague rapport avec sa vie (des lunettes, un bout de bois, etc) et surtout des explications sur l’héliographie (un procédé de reproduction des images avec du bitume de Judée) et le pyréolophore (une sorte de moteur). Hélas pour Niepce, son sens des affaires n’égalait pas son génie des inventions et, avec son frère devenu fou, il ne put rien concrétiser en monnaie sonnante et trébuchante.

Dans cette salle, on peut regarder aussi un excellent film qui à lui seul vaut le déplacement et qui dure 45 minutes, réalisé sous la houlette de Michel Frizot, sommité de la photographie (Directeur de recherche au CNRS et auteur d’ouvrages de référence dont une histoire de la photographie). Ce film est complet, didactique et aussi attrayant : un vrai bon travail de vulgarisation technique et historique. On y voit notamment la « first plate » (en gros, la première photographie), aujourd’hui au musée de l’Université d’Austin au Texas. Comme j’ai fait une modification dans Wikipédia, vous pouvez regarder mon petit ajout ici qui comprend un lien intéressant (en anglais).

A propos de Niepce, un site bien fait se trouve ici.

Ensuite, on voit quelques daguerréotypes et calotypes puis les premiers appareils utilisant des plaques (ou des rouleaux) au gélatino-bromure. La photo en couleur est traitée uniquement avec la revue « réalités ». Bof. La visite de la section historique se clôt avec des appareils de stéréoscopie anciens ce qui est plus original.

Avant de voir la salle consacrée à la photo finlandaise qui nous ramène aurez de chaussée, il y a une salle consacrée au portrait (visages contemporains). On peut ainsi voir une série de portraits de Thomas Ruff, qu’on ne présente plus, mais de petite taille. Je croyais qu’il n’avait fait que de grands formats pour avoir vu un portrait de plus de 2 mètres à Beaubourg (celui-là). On peut voir aussi deux portraits magistraux d’un vieux monsieur par Éric Poitevin (série gens d’Arbois).

Pour le reste, le plateau est moins prestigieux : on trouve Richard Dumas (de l’agence VU dont le travail est visible ),  Dirk Braeckman avec deux surprenants auto-portraits où l’image d’un autre visage est projeté sur le sien, une œuvre de Jean Luc Moulène (visible chez sa galériste : ici) et plusieurs portraits de célébrités par Jerôme Schlomoff (bof). On voit aussi des choses de Dan Peebles (son site est ), de drôles d’indiens par Gilles Saussier (représenté par la Galerie Zürcher à Paris et New York et ici aussi) et, plus intéressant à mon goût, des portraits de galiciens par Virxilio Vieitez. Ces portraits sont montés dans trois panneaux de 9 photos chacun : ce sont des visages sévères de paysans (suppose-t-on) aux habits frustes (il est représenté en France par l’agence VU et certains de ces travaux sont visibles ici).

La dernière partie de l’exposition est consacrée à la photographie finlandaise de l’après-guerre jusqu’aux années 80. J’ai noté les noms comme j’ai pu, n’étant pas très familier des noms finlandais, et j’ai renoncé aux diacritiques aussi (tant qu’à faire).