Polka galerie – Eté 2008

La galerie Polka est située au fond d’une impasse pavée calme et verdoyante (l’allée du figuier) fermée à la circulation, qui donne au 104 rue Oberkampf (M° Parmentier) à Paris. J’ai entendu parler de Polka aux Rencontres d’Arles et après avoir parcouru le site web (ici), je suis allé voir ce que valait l’exposition le samedi précédant la fin de celle-ci (mardi 30 septembre).  Dans un coin, on pouvait voir un dialogue Israël – Palestine entre le travail de Abir Sultan, de Tel Aviv (son site: ) et de Hatem Moussa, de Gaza,  centré sur la plage avec force voiles, AK47, barbes et drapeaux. Des images un peu surréalistes pour un occidental que ces plages ensoleillées avec hommes en armes et baigneuses en robes. Les cartels étaient très détaillés, comme pour la plupart des autres travaux d’actualité ce qui facilite la lecture des images et maintient l’intérêt. Moi qui suis habituellement contre l’exposition de photo de presse, j’ai été agréablement surpris par cette combinaison des textes et des images. Je découvre d’ailleurs, a posteriori, en préparant ce billet, que c’était justement l’objectif recherché (voir , par exemple).

Il faut dire, arrivé à ce stade, que Polka est un site web, une galerie et un magazine (naissant : 2ème numéro) dont le patron n’est autre que Alain Genestar, ancien directeur de la rédaction de Paris Match. Ses enfants, Adélie et Édouard, participent à cette nouvelle aventure ; ce dernier était d’ailleurs présent, ce jour là, à la galerie. David Alan Harvey (son site: ici) nous montrait des tirages aux couleurs très saturées de ses photos de « chevaux du nouveau monde » ainsi qu’un cheval sous la neige à New-York, en noir et blanc. Il me semble qu’il a bien compris son sujet, tout comme Alfons Alt à Arles et contrairement à Klein à la MEP (mon billet là-dessus) ce qui démontre une fois de plus les multiples possibilités offertes par un sujet. Gilles Caron et Don McCullin étaient représentés par de petites photos en noir et blanc, de stars et du Biaffra (c’est un peu le grand écart). On pouvait voir une photo célèbre de Cohn-Bendit en mai 68 par Caron reproduite ci-dessous.

J’adhère moins, pour ma part, aux photos de presse anciennes et je ne voue aucune dévotion aux stars actuelles ou passées. Dans le même genre, on voyait des photos de Rizzo dans les années 50 avec Monroe, Bardot ou La Callas. Bof. Je termine avec les photographies qui m’ont paru les plus parlantes. Il faut avouer que ce fut un choc de voir le travail de James Nachtwey. Le rapprochement avec le travail de Paolo Pellegrin est tentant (vu à Arles, voir mon billet ici). Les formats sont moins grands, moins « graphiques » aussi et il n’y a pas « d’effets visuels » : du coup, c’est particulièrement brut pour ne pas dire brutal. Les légendes détaillées qui manquaient à Arles sont ici précieuses. Maladie, drogue, misère : on est pas loin de l’horreur du réel. Les photos sont bien entendu sans retouche, avec les bords du négatif bien visibles. James est une pointure dans son domaine et il a été récompensé par le TED Price (la vidéo de son discours de plus de 20 minutes où il commente son travail et ce qui l’anime est ici – en anglais). Eric Valli nous montre des visages plus souriants et des paysages extraordinaires, dans l’Himalaya. Ses portraits intimistes, comme ses tirages Diasec géants de photos de yaks ou d’un pont suspendu presque abstrait au-dessus des eaux vertes sont bluffants. Cette dernière fait la couverture de son livre (« Le ciel sera mon toit », chez Gallimard) mais ne elle rend pas grâce à la prise de vue. Son site web est ici (attention, il y a une musique de fond). Enfin, le meilleur pour la fin avec Vanessa Winship, déjà vue à Arles (mon billet ici) mais avec d’autres images.  Ici, il ne s’agit plus d’écolières mais de simples riverains de la mer Noire vaquant à leurs occupations.  Il s’en dégage souvent un fort sentiment d’attente. J’aime bien celle, ci-dessous, de cette jeune femme russe, habillée pour sortir dirait-on, prise dans la station balnéaire de Tuapse (Russie) et extraite du site web de Vanessa ().

Autant vous dire que j’ai été enthousiasmé par cette visite, la qualité des photos et la nature de la présentation.