Photomeetings au Luxembourg, des photos, des workshops et des conférences (suite)

J’avais promis ici (c’est un billet « pratico-pratique ») de revenir sur Photomeetings, manifestation tenue à Luxembourg à laquelle je me suis rendue et qui s’est achevée le 13 septembre dernier. L’occasion d’en reparler m’en est donnée en revoyant avant-hier, à Lyon, lors du Septembre de la photographie (leur site : ), le travail de Paula Muhr, chez Caroline Vachet (son site: ici). De l’un et de l’autre je vous reparlerai bientôt.  Le travail de Gisèle Freund m’a laissé de marbre, étant peu versé dans la célébration de nos chers disparus et étant allergique à la photographie de célébrités (voir mon billet arlésien traitant entre autre de Paul Fracchetti). Était néanmoins visible, pour ceux qui apprécient, son travail de portraitiste appliqué à Sartre et Cocteau, parmi ceux que j’ai pu reconnaitre. J’ai eu la même impression pour le travail de René Burri et d’ailleurs, les cartels étant presque inexistant à l’Université, il était bien possible de les confondre. Herlinde Koelbl présentait de nombreux diptyques « chaussure de femme » / « élément de décor » dont la valeur décorative et la fraicheur l’emportent, à mon sens, sur des prétentions artistiques éventuelles.

C’est un travail un peu surprenant venant d’une artiste à la carrière déjà accomplie (elle est née en 1939) et « sérieuse » : elle a remporté le Prix Erich Salomon en 2001 pour l’ensemble de son travail et voit son ouvrage « Portraits juifs » porté au théâtre en 2007. Autant dire que la dame ne fait généralement  pas dans le léger. Plus intéressant, à mon sens, est son travail sur la chevelure (pourquoi pas ?), publié dans un livre intitulé « Hair » (que vous pouvez acheter ). Un travail très graphique et fluide, pour les femmes, où les cheveux paraissent comme des vêtements ou des personnages, selon les cas.

Un travail plus tranché, pour les hommes, puisqu’on y voit une chevelure hirsute mais aussi une chevelure dans diverses étapes menant à sa disparation pour cause de rasage. Jessica Backhaus montrait sa série « what still remains ». Je n’ai pas vu d’unité dans ce travail, hormis le caractère volontairement banal des « petites choses » photographiées en petit format couleur. On peine à rentrer dans le sujet en dépit de l’abondance des photos et pour ma part je n’ai pas vraiment ressenti grand chose en voyant cela. Alors, si l’ensemble ne produit guère d’effet, que dire de chaque photo prise isolément… Peut-être un livre aurait-il mieux servi ce travail. Il fait dire que l’exposition, dans un long couloir de la fac, n’était pas très favorable avec beaucoup de reflets…. et un éclairage soumis à une minuterie. Paula Muhr faisait preuve d’une démarche moins photographique et plus artistique en confrontant les photos de sa mère dans sa jeunesse et celle-ci rejouant la même scène de nos jours, le tout commenté par celle-ci. Un travail assez troublant sur l’identité et le temps qui passe. Une mise à nu aussi dans ce travail extrêmement personnel, intimiste auquel le petit format rend justice.

Les photos ci-dessus ont été prises par mes soins et les reflets sont dus aux conditions d’exposition. Les photos floues sont en revanche floues à l’origine. Je vous raconterai la suite dans un prochain billet.