Musée de Sérignan – 3ème partie – autour de 1900

Jusqu’au 5 octobre, au Musée de Sérignan, se tenait une exposition de photographie intitulée “Images du corps, vertiges et vestiges – Photographies de la Collection Rhône-Alpes et du Musée d’Art Moderne de Saint-Étienne Métropole”. Avec près de 200 photographies, de toutes époques, on en prenait vraiment plein les yeux et, en plus, sans être troublé par les visiteurs. On ne peut que regretter, en revanche, l’absence de cartels explicatifs, y compris sur la logique de l’accrochage, l’absence de repère chronologique ou stylistique. Aucun catalogue n’a été réalisé non plus. Une vrai déroute muséale et je passe sur les reflets omniprésents. Ceci étant posé, un rassemblement de pièces de ce niveau articulées autour d’un thème intéressant n’est pas chose ordinaire et la visite valait donc la peine.

On pouvait voir quelques anonymes (des nus des années 30) et des photos du début du 20ème siècle consacrées notamment à la photo de sculptures, un genre que pour ma part je ne goûte guère (Édouard-Denis Baldus, Achille Mauri). On pouvait voir aussi, dans un genre voisin, une photo de casque de gladiateur (vers 1898) par Adolphe Giraudon, trois photos assemblées des corps de Pompéi par Giorgio Sommer, une salle du Louvre par J. Kuhn. Le registre ethnographique n’était pas écarté avec des femmes en Égypte (vers 1880) par Adrien Bonfils. Je n’ai pas pu repérer les travaux de Carlo Naya et Otto Schoefft, Albert de Balleroy, Théodore Blanc et Antoine Demilly qui œuvrèrent tous autour de 1900 (peu avant ou peu après) et qui étaient annoncés dans le communiqué de presse. Dans cette période de la photographie « historique », le seul travail que j’ai trouvé marquant est celui de John Thomson, « street life in London » qui remonte à 1878 et nous donne l’impression de vivre au temps de Jack L’éventreur et ce d’autant que les photos ont été prises à White Chapell (où eu lieu le 1er meurtre en 1888).

Un peu plus tardif (1900), on pourra citer Félix Thiollier dont le marabout (l’oiseau) a quelque chose d’un manchot (l’homme). La photo que j’ai prise illustre aussi, hélas, le caractère pénible des reflets. Il n’en reste pas moins que ce drôle d’oiseau a l’air terriblement humain, non ? Je me demandais à quoi il me faisait penser mais son allure inquiétante me rappelle les personnes qui luttaient contre la peste.

Dans un prochain billet nous poursuivrons la visite jusqu’à l’immédiat après-guerre.

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