Musée de Sérignan – 4ème partie – Jusque vers 1950

Jusqu’au 5 octobre, au Musée de Sérignan, se tenait une exposition de photographie intitulée “Images du corps, vertiges et vestiges – Photographies de la Collection Rhône-Alpes et du Musée d’Art Moderne de Saint-Étienne Métropole”. Avec près de 200 photographies, de toutes époques, on en prenait vraiment plein les yeux et, en plus, sans être troublé par les visiteurs.

Sur la période couvrant les années 30, 40 et 50, ll nous est donné à voir de multiples thèmes.Une vue de cirque par René-Jacques (50’s), les affiches arrachées et porte par Nigel Henderson de même que la photographie de statuette par Ernst Ludwig Kirchner (30’s) ne m’ont pas étonné mais bien d’autres choses ont suscité mon intérêt. Walker Evans tire le portrait d’anonymes dans le métro (1941), certains valent vraiment la peine, en petit format noir et blanc. Jan Lukas œuvrait également dans un registre documentaire avec de nombreuses femmes jouant avec des ballons (1950), des images très « datées ».  Piet Zwart dévoile de minuscules photos montrant des enfants handicapés qui tentent d’écrire (1930) tandis que August Sander montre d’aussi terribles images d’un corps martyrisé, par la guerre cette fois, avec des gros plans sur les mains d’un blessé. Sander est surtout pour ses « typologies » portant sur des métiers et activités humaines (un splendide portfolio ici), j’ignorais ce travail qui porte non sur une personne (il a fait des série où l’on voit des mutilés) mais sur un élément d’anatomie en gros plan.  A l’autre extrême, on trouve le travail de Federico Patellani avec de magnifique photos d’Anna Magnani, très sexy (exemple ci-dessous), et des scènes de bain. J’ai moins apprécié la photo d’un vieux monsieur, allez-savoir pourquoi.

On pouvait voir aussi des travaux sur des fragments de corps : le travail de Raoul Hausmann (vers 1930) m’a laissé perplexe (de minuscules photos de pieds, visages et bustes féminins), le travail de Vaclav Jiru (vers 1950) dévoilant des jambes de danseuses appuyées sur une table, dans les loges, était plus séduisant.  Le corps humain peut aussi présenter un intérêt graphique, comme un objet géométrique ou coloré. C’est ainsi que l’on pouvait voir un intéressant travail de Paul Facchetti dont le rendu d’une chevelure blonde de 1947 en procédé « carbro » avec un fond bleu était étonnant (ci-dessous).

Sans le secours de la couleur, cette fois, on pouvait voir aussi une photo de Peter Keetman (swimmer, 1950) dont les symétries, le reflet du nageur dans l’eau et le découpage d’ensemble présentent un attrait graphique évident. On voit comme deux >> dans cette photo que j’ai photographiée ci-dessous.

Lisette Model était représentée par une seule photo : des jambes vue à ras du sol (1940). Compte tenu des reflets, je n’ai pas photographié le travail. En revanche, cela m’a fait penser à « Paris vu par un chien », le travail de Jean-Louis Swiners (illustration ci-dessous), postérieur de 20 ans environ.

Des corps ce sont aussi des visages et nous avions le choix entre celui du désespoir (Cas Oorthuys) et celui, intriguant de Carlo Mollino, un intéressant travail (1933) sur le reflet et le visage féminin dégageant tout à la fois une  impression de tristesse de lassitude et de douceur. On a aussi l’impression qu’il y a deux visages : c’est assez étonnant.