Galerie La B.A.N.K. – Amal Kenawy et Juliana Beasley

La Galerie La B.A.N.K. présente le travail de Juliana Beasley jusqu’au 6 novembre. Accessoirement, quelques œuvres de Amal Kenawy sont aussi présentes, jusqu’au 31 octobre.

Là encore, après la rue Sainte Anastase (voir mon billet ici), on n’est pas gâté par le cadre : la rue Volta c’est vraiment moche. A l’intérieur de la galerie en revanche, contrairement à Nuke, c’est très grand, à tel point qu’on se croit plus dans un musée que dans une galerie. Et en plus il y a deux niveaux, c’est dire l’espace. Il y a même deux personnes pour assurer l’accueil. Par contre, hier samedi il n’y avait pas de visiteur.  Pour mémoire, cette galerie est présente à la FIAC, signe qu’à défaut d’un située sur un site enchanteur, la galerie s’est signalée à ses pairs par la qualité de ses choix artistiques. Je passe sur Amal Kenawy dont les installations sont au sous-sol (je ne comprends rien aux installations, encore moins qu’aux photographies). Juliana Beasley présente quant à elle deux séries de photographies.

La première est consacrée aux « lapdancers ». Les filles sont nues (ou presque) et sont assises sur le client (qui reste habillé) pour une « danse » érotique. Là ou c’est fort c’est que la photographe s’est elle-même livrée à l’exercice pendant… huit ans. Du coup, son reportage est vraiment vu « du dedans ». Je dois avouer que c’est troublant d’être là devant ses pauvres types avachies et ses pauvres filles affriolantes en petites tenues : un sentiment de voyeurisme désagréable, de voir ce qui ne devrait pas l’être. Et puis c’est aussi le spectacle d’une certaine misère sociale et affective. Les lieux sont glauques, un peu crado et les types ne sont pas des gravures de mode. On sent la sueur et la cigarette froide à travers les photos, on entend la musique de péquenot (son périple va de New York à Reno mais on se croit toujours au fin fond du Nevada sur les photos). Elle a produit un livre en prime.

Son autre série, Rockaway Park, nous montre une Amérique décidément pas terrible à voir non plus.  Ce sont cette fois, vraiment de pauvres gens, dans le Queens, qui ne pourraient même pas se payer une danse de « lapdancer » à 20 dollars. Des corps fatigués, trop maigres ou trop gros, cette fatigue qui suinte des hommes et des femmes représentés dans des décors de misère encombrés de bric à brac ou vide de toute décoration (des chambres ?). Là-aussi c’est assez troublant même si c’est terriblement banal… quoi que. En effet, le soin apporté à la composition transparait dans « décalage » : le type avec sa caravane baptisée « honey », le vieux monsieur torse nu avec un chapeau de cow-boy, etc

Les images sont extraites du site de la galerie. La première série est et la seconde ici.

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