Mois de la photographie à Paris – 7 – Baudoin Lebon – Ecole d’Helsinki, Dialogue entre 4 générations

Quand on a des attentes fortes, la déception est souvent au rendez-vous (bis)

J’ai déjà dit tout le bien que je pensais de la Galerie Baudoin Lebon (ici) mais là, il faut bien avouer que j’ai été déçu par cette exposition montée par Taik, contraction de Taideteollinen korkeakoulu (Université d’art et design d’Helsinki). C’était hier le dernier jour pour visiter.

Les formats particulièrement généreux de trois des quatre artistes finlandais invités limitaient l’espace de chacun à une portion si réduite que cela confine au ridicule : ce n’est pas avec deux œuvres que l’on peut se faire opinion sur l’artiste et c’est tout juste si l’on peut se faire même une opinion sur chaque série aussi chichement illustrée.

Par ailleurs, aucune indication n’était donnée dans la galerie, hormis pour la vidéo montrée au sous-sol : l’obligation de fléchage permettait de citer le nom de l’artiste.

Quant au site web, hélas, il n’est guère bavard. Je suis tellement déçu que je viens de commander le bouquin réalisé par Taik (The Helsinki School: New Photography by TaiK – 26,40 EUR sur internet) , idée que j’avais en tête sans l’avoir concrétisée depuis mars, date à laquelle Photo Nouvelles avait consacré son numéro à la Finlande. Je rappelle pour mémoire que 2008 était l’année de la Finlande en France (j’en ai dit deux mots ici pour l’expo sur la photo finlandaise au musée Niepce).

On voyait donc, chez Baudoin Lebon, une série de Timo Kelaranta appelée « Quiets » : de petits formats intimistes très diversifiés dans les thèmes traités mais toujours intimistes dans le traitement, parfois en noir et blanc, parfois en couleur. Comme il s’agit de petites formats, il y a avait le nombre, a priori 40 si la série était bien complète (je n’ai pas compté). Timo Kelarantal a tiré un livre de cette série : si vous êtes bilingue français – finlandais, vous pouvez l’acheter à l’EMMA ici ;  le bouquin est en finlandais et en anglais (les deux images ci-dessous en sont extraites). L’EMMA c’est l’Espoo Museum of Modern Art et Timo Kelaranta vit justement à Espoo.

Hormis donc cette série dignement représentée et visible dans la petite pièce qui jouxte l’espace principal d’exposition, les oeuvres des  trois autres artistes devaient se contenter de peu.

Janne Lehtinen montrait d’intrigantes photos grand format couleur dans « le » style scandinave : des personnages bizarres seuls perdus dans des espaces naturels déserts, des paysages nordiques isolés. En l’espèce, ces héros sont équipés d’improbables et rudimentaires machines à voler. Parabole de l’homme qui tente de s’échapper de sa condition ? Ridicule de de ses efforts face à la puissance de la Nature ? Simple construction plastique entre géométrie des formes techniques et souplesse des lignes des paysages ? Des photos qui en tout cas ne laissent pas indifférents et ce d’autant que cette série, « sacred birds », a été démarrée en 1997 ce qui témogne d’une certaine persévérance. Pour en voir plus, c’est par ici.

Ola Kolehmainen travaille essentiellement le thème de la photographie « d’architecture ». La (brève) sélection montrée dans la galerie privilégiait des travaux qui tendent vers l’abstraction. Le résultat est séduisant à l’oeil et ce d’autant que les tirages géants (200 x 180 cm en gros) sous Diasec produisent toujours leur petit effet. Ceci dit, on a quand même l’impression d’avoir déjà vu par centaines de photos de cette nature. Je n’ai pas trouvé les photos présentées sous forme importable mais pouvez les voir en Flash ici. Vous en verrez d’autres chez Dominique Fiat, son galériste en France, ici.

Ea Vasko est une toute jeune artiste (28 ans) dont les travaux présentés sont également abstraits. Ils représentent, pense-t-on, des lumières diffuses dans la nuit qui paraissent autant de taches de lumières colorées. Il y a aussi des portes à deviner avec des éclairages recherchés. Ce n’est pas vilain mais, là-aussi, les tirages Diasec sont un peu facile pour faire de l’effet et on a l’impression d’avoir vu cela quelque part.

Comme c’est une jeune artiste, elle dispose de son propre site web (la photo ci-dessous en est extraite) où est montré son travail plus en détail et présenté son « statement », ici.

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