Galerie Zürcher – Sarah Dobaï

La Galerie Zürcher présentait jusqu’au 3 janvier les derniers travaux de Sarah Dobaï (site ici dont l’illustration ci-dessous est tirée).

L’espace d’exposition, totalement nu et blanc, relègue l’administration de la galerie derrière un mur vitré de telle sorte que l’espace est totalement libre et dégagé. J’étais seul lors de la visite ce qui ne faisait qu’ajouter à l’ambiance étrange des photos de Sarah Dobaï.

Celles-ci fonctionnent accrochées deux par deux, selon le même schéma, répété. D’un côté, une photographie d’un espace banal et désert extrait d’un centre commercial ; de l’autre, un personnage, souvent une jeune femme mais pas toujours, ni beau ni laid, peu apprêté, l’air triste et abandonné, un peu recroquevillé ou au moins dans une attitude fermée, et pieds nus.

La tension nait d’un espace vide, à droite, au caractère inquiétant car habituellement  plein de monde : où sont passés les clients ? Est-ce la nuit ? Un jour de fermeture ? Plus grave encore ? Et cette tension renvoie aussi au personnage à gauche : que lui est-il arrivé ? Pourquoi cette mine triste, ce peu de vêtements, ces pieds nus comme ceux d’un naufragé ? Enfin, ce personnage est dans un monde improbable et irréel, uniformément gris (un décor de studio) ce qui tranche encore avec les couleurs vives d’un monde commercial.

C’était un travail intéressant qui était montré là, comme j’aime, qui amène à se poser des questions, comme toute oeuvre d’art, et dont l’interprétation est affaire personnelle.

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