Galerie Zürcher – Sarah Dobaï

La Galerie Zürcher présentait jusqu’au 3 janvier les derniers travaux de Sarah Dobaï (site ici dont l’illustration ci-dessous est tirée).

L’espace d’exposition, totalement nu et blanc, relègue l’administration de la galerie derrière un mur vitré de telle sorte que l’espace est totalement libre et dégagé. J’étais seul lors de la visite ce qui ne faisait qu’ajouter à l’ambiance étrange des photos de Sarah Dobaï.

Celles-ci fonctionnent accrochées deux par deux, selon le même schéma, répété. D’un côté, une photographie d’un espace banal et désert extrait d’un centre commercial ; de l’autre, un personnage, souvent une jeune femme mais pas toujours, ni beau ni laid, peu apprêté, l’air triste et abandonné, un peu recroquevillé ou au moins dans une attitude fermée, et pieds nus.

La tension nait d’un espace vide, à droite, au caractère inquiétant car habituellement  plein de monde : où sont passés les clients ? Est-ce la nuit ? Un jour de fermeture ? Plus grave encore ? Et cette tension renvoie aussi au personnage à gauche : que lui est-il arrivé ? Pourquoi cette mine triste, ce peu de vêtements, ces pieds nus comme ceux d’un naufragé ? Enfin, ce personnage est dans un monde improbable et irréel, uniformément gris (un décor de studio) ce qui tranche encore avec les couleurs vives d’un monde commercial.

C’était un travail intéressant qui était montré là, comme j’aime, qui amène à se poser des questions, comme toute oeuvre d’art, et dont l’interprétation est affaire personnelle.

Mois de la photographie à Paris – Alors au final c’était bien ?

Le mois de la photographie à Paris s’achève en ce début 2009 et avec lui un cycle d’articles qui lui était consacrés.

Le bilan est à mes yeux mitigés.

Faute d’un thème compréhensible et de parcours différenciés, il a été bien difficile de s’y retrouver : tenter de séparer le bon du mauvais n’a pas été simple et il n’est pas certain que, pour ma part, j’ai réussi l’exercice. On peut déplorer, outre donc ce manque de pédagogie qui passe d’abord par la clarté de l’énoncé, le caractère un peu forcé de l’exercice qui consiste à montrer de tout et, de fait, un peu n’importe quoi.

Du coup, en dehors des galeries et lieux d’exposition dont la réputation n’est plus à faire et qui ont souvent misés sur des valeurs sûrs, rares ont été les (bonne) surprises et autres découvertes.

Il reste toutefois quelques bonnes choses à voir (je vous invite à relire mes articles) et parmi elles, certaines seraient bienvenues chez moi. Il s’agit des travaux de : Raúl Ortega, Christophe Beauregard, Juha Nenonen, Sylvain Gouraud, Melody Mousset et Yuna Mathieu-Chovet ainsi que Marta Jonville.

Mois de la photographie à Paris – 27 – Instituto de México – Transmigration : quatre photographes mexicains en Europe

Nous arrivons au terme du (très long) mois de la photo à Paris avec ce 27ème article. L’exposition qui se déroule à l’Instituto de México s’achève le 17 janvier 2009, il n’est donc pas trop tard pour y passer.

Ce n’est pas souvent que l’on voit de la photographie mexicaine à Paris, c’est un euphémisme. Ceci dit, ne vous attendez pas à voir des cactus, des sombreros et des ruines Mayas  pour ne citer que quelques clichés car l’objectif c’est plutôt de montrer l’Europe avec des yeux mexicains.

Je ne me souviens plus de ce que montrait Flor Garduño, c’est dire ; par contre elle a un site web (ici) qui confirme pouquoi je n’ai pas retenu ce que j’ai vu. Je me souviens vaguement des photos de Pablo Ortiz Monasterio : il me semble qu’il s’agit de photos en noir et blanc d’architectures et de bas-reliefs. Cristina Kahlo (petite nièce de Frida), nous montre une fête foraine en Suisse, multicolore, comme on imagine les fêtes en Amérique du Sud.

Bref. C’est un peu regrettable mais rien de tout cela ne m’a vraiment marqué alors même que ces photographes sont des talents reconnus du monde hispanophone, primés au Mexique et ou en Espagne.

Je garde le meilleur pour la fin avec Raúl Ortega, dont le travail est visible à l’étage, dont une photo (ci-dessous) illustre d’ailleurs la plupart des articles du web et ce n’est certainement pas pour rien. Raúl Ortega a travaillé sur la diversité, comme on dit en novlang, à savoir sur les populations immigrées, en l’espèce en Espagne. Ces photos empreintes de sensibilité et de fraicheur donnent, pour une fois, une vision plutôt positive de ce phénomène.

Rien que pour ça, allez voir l’exposition, c’est jusqu’au 17 janvier 209.

Mois de la photographie à Paris – 26 – Cité internationale des arts – Europe échelle 27 et Xelles 27

Nous arrivons bientôt au terme du mois de la photo à Paris qui paradoxalement dure plutôt trois mois qu’un seul. La double exposition à  la Cité internationale des arts est désormais terminée depuis plus d’un mois mais il serait dommage de ne pas en dire deux mots.

Xelles 27 est une série de portraits d’artistes féminines originaires de 27 pays d’Europe, de toute spécialité et de tout âge. Ce sont de beaux portraits, réalisés par Xavier Lambours, qui fait ainsi la preuve des qualités de photographes  mais pour ma part je n’ai rien vu de bien transcendant là-dedans.

Cette appréciation vaut globalement aussi pour l’autre exposition, baptisé Europe échelle 27 : de jolies photos et alors ? Et bien c’est surtout l’occasion de découvrir une agence à travers les travaux de Francesco Acerbis, Patrick Bard, Christophe Beauregard, Marie Dorigny, Fouad Elkoury, Sébastien Erome, Robert Kluba, Andrew McLeish, Marie-Paule Nègre, Philippe Schuller, Ambroise Tézenas.

Cette agence c’est Signatures dont le site est . Xavier Lambours aussi en fait partie ; étaient aussi associés deux photographes que je n’ai pas retrouvés sur le site de Signatures, Anne Van der Stegen et Martine Voyeux.

En effet, si l’exposition n’est pas follement inspirée, à part, peut-être, la série « technomades » de Christophe Beauregard (visible ici, où des jeunes miment l’usage de leur mobile – illustration ci-dessous) c’est l’occasion de découvrir des photographes qui ont pu, dans d’autres contextes, s’exprimer de meilleure façon.

Signatures vend par ailleurs des tirages en ligne, signés et numérotés (ici). Évidemment, il ne s’agit pas de tirages au rabais tirés à des dizaines, si ce n’est des centaines d’exemplaires, mais d’éditions raisonnables à des prix qui le sont tout autant au regard des prix pratiqués pour des daubes photos à grand tirage.

Un bon article sur l’exposition et Signatures figure sur Issuu, ici.

Anniversaire – Alfred STIEGLITZ (1er janvier 1864 – 13 juillet 1946)

Alfred STIEGLITZ, en ce 1er janvier 2009, aurait eu 145 ans.

Alfred STIEGLITZ abandone ses études d’ingénieur en Allemagne et rejoint New-York en 1890. Il dirige American Amateur photographie de 1893 à 1896 puis lance Camera Notes en 1897, année où il édite aussi des portfolios. Alfred STIEGLITZ est le plus connu des pictorialistes américains. Il affectionnait les conditions de travail les plus difficiles (pluie, neuge, obscurité) et réalisa de nombreuses vues de New-York. Camera Club l’expose en 1899 et il en démissionne en 1900 pour fonder le groupe photo-secesion et son journal, Camera Work (en 1903) avant de lancer les Littles Galleries of photo-secession (en 1905) qui devient la galerie « 291 » où il expose de la peinture moderne européenne dès 1907 avec l’appui de Steichen en Europe. Il organise, en 1910, l’International Exhibition of Pictorial Photography et publie le magazine 291 jusqu’en 1916. Il sera exposé en 1913 à la Galerie 291. En 1917, Camera Work et 291 s’arrêtent. En 1925 il dirige la galerie Intimate puis de 1929 à 1946, An american Place.