Maison européenne de la photographie – American dream

Depuis quelques semaines, la MEP (Maison européenne de la photographie) a renouvelé son accrochage.

La MEP montre à chaque exposition les visages multiples de la photographie et, cette fois encore, le programme est varié, avec aussi bien Combas, Fiorio, Rousseau, Minot-Gormezan ou Rios. Le plus étonnant est peut-être de montrer des… cartes postales américaines à la MEP, support d’un autre âge a priori réservé aux collectionneurs enthousiastes, aux côtés des étiquettes de fromage, bagues de cigare et jouets Kinder. Il semble que les collectionneurs de carte postales soient des cartophiles (selon cette référence). Bref.

L’exposition se déroule dans une semi pénombre et les cartes postales sont dans des vitrines. Tout le problème quand on expose de petits objets c’est que, pour bien voir, il faut être près et que, lorsqu’on est près, on masque d’autant la vue aux autres visiteurs (vu que  les objets sont petits). En clair, et bien que peu de visiteurs soient présents dans la salle lors de la visite, on ne voyait pas grand chose.

Les vitrines présentent donc 220 photos de la fin du 19ème et début 20ème, par thèmes. La 1ère vitrine explique l’origine de la carte postale et en quoi, par son prix très bas, sa facilité de réalisation et son cout d’acheminement infime, elle est devenue à l’époque l’équivalent de nos SMS. C’est intéressant : j’ignorais tout de ce phénomène mais je demande ce qu’il en était en Europe au même moment et là, les cartels sont muets. Dommage.

L’illustration ci-dessous montre une parie de la 1ère vitrine : il est écrit « La carte postale apparait au milieu du XIXème siècle, mais l’âge d’or de la carte postale photographique commence au tournant du siècle. Les frais de distribution exigé par le Service Postal US sont minimes, et le mode de distribution du courrierdans les endroits ruraux et peu habités devient performant. »

mep-cartes-postales-us

Ensuite viennent donc les cartes postales qui balaient les enterrements et autres autopsies, la vie rurale (et ses concours de gros melons), les « arts populaires », les sorties et kermesses, les transports modernes, les déguisements (« blackface » et costume de poulet), les femmes, les hommes, les enfants, les catastrophes, les immigrants, etc. Les commentaires sont abondants, bonne chose, mais ne correspondent pas vraiment à ce qu’on voit (le rapport est parfois lointain) ; en fait, les commentaires sont plus intéressants que les images, ce qui est le comble.

Globalement, j’ai eu l’impression de revoir ce que je voyais étant gosse, il y a 30 ans, quand mes parents me trainaient dans les foires à la brocante en province. Sauf que là c’est aux États-Unis mais la vie paysanne reste la même.

Je ne saurais trop vous conseiller de passer très vite fait dans cette salle et d’ailleurs, à part quelques retraités et moi, personne ne s’attardait.