Galerie Loevenbruck – Alain Declercq

La Galerie Loevenbruck (40 rue de Seine et ici)  présentait jusqu’au 7 mars, le travail d’Alain Declerc.

Plusieurs types d’œuvres étaient présentées jusqu’à aujourd’hui dont, bien sûr, des photographies, mais d’un genre un peu particulier puisqu’il s’agit  de camera obscura (l’illustration ci-dessous est tiré du site de la galerie).

Comme on le voit, l’image apparaît circulaire mais surtout floue et mal éclairée. Non seulement la technologie de la camera obscura est archaïque et produit des résultats approximatifs mais encore l’artiste a-t-il choisi d’en faire une « hidden » (sic) camera obscura : une sorte de camera de surveillance qui, comme ses soeurs modernes, produit naturellement des images moches, mal cadrées, mal éclairées.  On devine toutefois vaguement une ville américaine vue au-ras du sol et, plus particulièrement un intrêt pour les sujets policiers : voitures de flics, centres pénitentiaires, etc. Accessoirement, on ne peut s’empêcher de penser en voyant cela à un trou de balle (au trou d’une balle, quoi) ou au canon d’une arme (on parle bien aussi de « fusil à images » après tout).

On retrouve là un des thèmes chers à l’artiste (une Amérique armée arrogante mais défaite) qui joue volontiers les succédanés de révolutionnaire avec, entre autre production, des travaux de dessin réalisées grâce à l’impact de balles (portrait d’un président américain, aigle américain, etc). Le personnage s’était aussi fait remarqué par d’autres actions tant et si bien qu’il avait été perquisitionné par la Police.

C’est ce que j’appelle de la provocation de salon : on se fait remarquer comme on peut et pour pas cher (le risque personnel est nul) et ce ne sera pas le 1er artiste à essayer de choquer le bourgeois, même si cela confine au grotesque par moment. Une sorte d’écho assourdi du Futurisme (en savoir plus : ici) peut-être, qui fête ses 100 ans cette année ?  Il ne manquerait plus qu’il soit subventionné par l’État américain et la boucle serait bouclée : a priori ce n’est pas le cas, l’honneur est sauf.

Du coup, à l’aune de ces « exploits » passés, multiformes (installations, film, photographies, etc), ces photos ne me semblent même pas pouvoir présenter un quelconque intérêt  au titre de « provocation artistique ». Dommage.

Sur ces bonnes paroles, je vous laisse méditer (ou pas).

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