Galerie Celal – Play loud. Please

La galerie Celal (45 rue saint Honoré et ici) montrait jusqu’au 3 mars une exposition collective réunissant notamment trois photographes, Janine Gordon, Thomas Parnet et Julien Taylor.

La galerie est bizarrement configurée avec deux niveaux en sous-sol qui ressemblent à des grottes mais au final l’espace est vaste et se prête bien à une scénographie.

Janine Gordon montrait « rebellion from Tyranny » et deux autres travaux comparables (son site ici),  trois panneaux de 9 photos (12 000 euros par panneau ou 1 500 euro par photo). Des sortes de monochromes colorés sur fond d’émeutes. Pas très convainquant. mais sn site web présente de nombreux autres travaux dont certains me semblent plus réussis (Boxers and Wrestlers ou Haiti par exemple, des noirs et blancs bruts et sans artifice).

Thomas Parnet montrait quelques tirages noir et blanc sans thème bien précis à 850 euros. On apprend en lisant son CV (ici) qu’il est  vaguement cadreur et un peu musicien, qu’il est venu à la photo en période de désouvrement et qu’il a rapporté les photos exposées de New York après les avoir faites en novembre dernier. Tout est dit.

Julien Taylor nous présente là un travail bien différent de ce qu’il montrait à la galerie Frédéric Moisan (mon billet ici). Il nous livre un travail en grand format sur boite lumineuse, dans le genre photo de mode à 6 000 et 7 000 euros. Il s’agit de photographies réagençant dans le temps et l’espace (comme Iosif Kiraly) des installations d’artistes.

J’avoue que j’ai toujours du mal à comprendre l’inflation dont souffrent certains jeunes photographes sachant que des artistes comme Becher ou Mapplerthorpe, qui ont déjà laissé leur trace dans l’histoire de l’art sont à peine plus cher que ce jeune homme qui n’a encore rien (ou peu) démontré. Ceci dit, la remarque vaut plus généralement pour « le contemporain » où l’échelle de la valeur est passablement malmenée tant il est vrai que n’importe quel ignorant fortuné pourra claquer 10 000 ou 15 000 euros pour une oeuvre colorée contemporaine d’un photographe passé de mode le lendemain. D’un autre côté c’est décoratif alors pourquoi se priver : il y a bien des amateurs de Rolex or et des amateurs de Patek vintage.

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