Maison européenne de la photographie – programmation avril-juin

La MEP (ici et 5 rue de Fourcy), que je visite à chaque nouvelle exposition, montre ses choix pour les mois d’avril, mai et juin. Cette fois, pas besoin de faire plusieurs posts (voir mes billets ici) avec seulement 5 expositions, globalement décevantes une fois encore.

Tout en bas, c’est Laurent Van der Stockt qui nous montre ses photos de guerre, souvent des civils, beaucoup de détresse, des images efficaces qui plongent le regardeur dans la triste réalité : on a presque froid en regardant ces pauvres gens dans la neige.

François Fontaine (son site hélas en flash ici)  dispose de moins d’espace pour montrer son travail : une série sur la statuaire parisienne, aux effets un peu trop artificiel de flou et d’éclairage et une série plus sincère et convaincante sur les christs de Salvador de Bahia.

Riccardo Zippoli (son site ici) nous rejoue le coup des reflets, un grand classique en photographie avec l’ombre. La dernière fois, à la MEP, on avait eu droit (mon billet icià Minot-Gormezano pour  “L’ombre, le reflet”… Cette fois c’est Venise (dans le genre cliché, difficile de faire mieux). L’idée cette fois c’est de photographier Venise  vue dans les reflets des fenêtres et pour faire sérieux nous avons des vers en quatre langues pour accompagner chaque diptyque.

En remontant, on arrive aux étages 2 et 3, chacun consacré entièrement à un photographe. Ces étages sont vastes et on sature un peu.

Gérard Uféras montre plus de 100 tirages des coulisses des opéras et défilés. Au début on est séduit puis la lassitude gagne devant une telle accumulation. C’est un peu le problème en photographie : il est facile d’appuyer sur le déclencheur et tout photographe produit des milliers de clichés. Demander au visiteur de faire le tri dans un océan d’images, c’est un peu facile.

Le même constat s’applique à l’exposition Henri Cartier-Bresson. On peut certes tomber en pâmoison devant chaque photo du maître (au prétexte que c’est un maître) mais j’ai du mal à croire que chaque tirage est un chef d’œuvre (même Picasso a commis des travaux de moindre qualité). Du coup, la sélection m’a paru trop large. Il n’en reste pas moins la valeur documentaire d’un temps révolu et, dans certains cas, des images inspirées, pleine de poésie. J’ai aussi un peu de mal à comprendre que la MEP consacre autant d’espace à HCB alors même qu’une Fondation porte son nom et montre son œuvre.

Au fil du temps, je me demande où va la MEP, comment elle se positionne face à des manifestations (Arles, Perpignan, Mois de la photo), face à des musées et fondations et face aux galeries. Je me demande ainsi finalement si son rôle doit être de disposer de son propre lieu d’exposition en plein Marais ou si elle ne ferait pas mieux de se concentrer sur ses travaux de recherche (conférence, publication, etc) quitte à monter, dans d’autres lieux, temporaires, des expositions.

Cela lui permettrait certainement de dégager des ressources considérables pour ce qui me semble être son « coeur de métier » où elle a peu de concurrence. Pour l’heure, ses choix d’expostions me semblent des demi-choix, à mi-chemin d’un peu tout (musée, galerie, festival) et, au final, des ratés : mieux vaudrait laisser faire galeries et musées dans ce domaine.

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