Galerie Rabouan Moussion – Mary Sue : Mary goes round

La Galerie Rabouan Moussion (ici et 121 rue vieille du temple) montre Mary Sue pour son exposition Mary goes round. C’est visible jusqu’au 23 mai.

L’artiste, qui entretient le mystère dans son CV, travaille toujours la même thématique, comme son nom l’indique, d’un certain « idéal » féminin mâtiné de dérision et de détresse (jusqu’au suicide, avec sa série Mary Sue Suicide, non visible à la galerie).

Cela nous vaut de voir un personnage féminin de collégienne digne de manga (babies, socquettes, petites culottes blanches, jupe courte à damier, nattes,etc) s’adonner à l’usage immodéré des chevaux de bois, lesquels sont également plus proches de Mon petit Poney (le monde féérique d’Hasbro destiné aux petites filles) que du manège 1900.

Mais à y regarder de plus près, tant la vidéo que les photographies et les sculptures de poneys de manège sont un brin inquiétantes : il y a de l’humour dans la mise en scène et le traitement joyeusement coloré des scènes mais aussi de l’inquiétude. Mary Sue tire au pistolet dans sa vidéo entre manège et rodéo, les photographies sont réellement percées (!) comme si des balles les avaient traversées et les petits poneys sont comme empalés sur la tige qui sert à les animer dans un manège.

Finalement, il y a une étrange tension entre l’apparence éminemment « kawaï » des oeuvres (couleurs et formes) et leur « fonction ».

Le reste de l’espace de la galerie est consacré à une série plus ancienne de Mary Sue, consacrée au jeu des élastiques des petites filles dans un traitement mélangeant babies, minijupes (cela doit être une obsession) et élastiques colorés emmêlés comme des entraves sur des jambes nues : une des photos, non exposée mais visible sur le site va plus loin et plus clairement en montrant une Mary Sue en plein bondage « à la Araki » où les cordes sont remplacées par des élastiques.

Coïncidence ou pas, la galerie représente aussi Oleg Kulik qui aime à s’exhiber en chien dans ses performances et en photo, n’hésitant pas à mordre le public (parait-il). Une de ses photos avait d’ailleurs été embarquée par la police lors d’un récent accrochage (à la FIAC).

Au final, je reste plutôt dubitatif face à la tiède perversité de Mary Sue, qui me semble un peu facile et décorative. Une excellente critique est lisible ici à qui je dois l’illustration ci-dessus.

On trouvera en prime à l’étage de la galerie, deux photos de Erwin Olaf, de sa dernière série qui fait peur, paradoxalement appelée Paradise portraits (ici) et qui sont dignes des portraits du Joker joué par Nicholson.

En tout état de cause, l’exo est à voir.

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