Rencontres d’Arles – En marge du Off – Les galeries « amateurs »

En marge du Off, c’est à dire ne figurant même pas dans le « Off » décrit dans le dépliant officiel, on trouve quelques galeries qui se font connaître par un affichage plus ou moins sauvage et plus ou moins visible dans la ville, mais c’est le jeu. Je ne découvre d’ailleurs que de retour à Paris, que le site web du Off présente une liste plus complète des participants (ici) que la version imprimée (il faut dire que la liste des participants ne se nomme pas ainsi mais « Autour du festival »: pourquoi faire simple ?).

Les galeries sont heureusement peu nombreuses, heureusement car ce n’est pas vraiment le lieu, Arles n’est pas une ArtFair et Paris Photo (par exemple) est plus indiqué pour ce genre de démarche commerciale. Néanmoins, il ne faut pas être borné et certaines galeries montrent des travaux intéressants, plutôt orientés vers les jeunes et les auteurs émergents ce qui est « dans l’esprit » du lieu.

Seule une galerie « amateur » me semble montrer des travaux dignes d’intérêt, pour le reste, dans le meilleur des cas il faudrait un aperçu plus large des images pour se faire une meilleure idée et, dans le pire des cas, il vaut mieux oublier.

Des galeries, j’en ai évoqué quelques une déjà à travers les lieux exposant de la digigraphie: il s’agit de lieux a priori éphémères et je ne suis pas sûr qu’il s’agisse réellement de galeries (parfois, elle semblent se confondre avec l’auteur présent ou être la vitrine d’une association). Elles sont également régionales voire locales. Ainsi, j’ai cité Arts galerie 13 (49 rue voltaire) qui montre Laura Jonneskindt mais aussi Mickael Upstone (un travail fumeux entre vues du Maroc et abstraction qui relève à mon sens de la pratique amateur – comptez 250 euros par tirage).

On peut mentionner aussi l’association Thalassinos (3 rue du grand clar) qui montre cinq photographes de la banlieue d’Athènes, plus précisément du centre culturel d’arts plastiques de Chalkida (!),  le professeur et quatre étudiants. C’est juste à coté du Capitole (celui d’Arles) mais ce n’est pas très visible et l’association essaie aussi de vendre des produits locaux. Georges Zafeiriou (le prof) évoque le souvenir d’une amie dans une maison qui va disparaitre, Helene Dinaki présente trois photos de corps dans des tons jaunes, Catherine Liatzoura montre une danseuse (?) et un masque; il y a  aussi Marie Xanthou et Despina Pilati. L’espace offert à chacun est limité et on ne voit pas bien au final pourquoi, parmi la production grecque, ces cinq auteurs sont mis en avant.

Toujours dans la veine associative, Afrique en vie (au 30  rue de Chartrouse) montrait des photos d’Afrique en noir et blanc de Quentin Top (80 euros le tirage).

« America – america », série montrée par la galerie « Le corazon » (1 bis rue Reattu) qui fait aussi restaurant, est l’occasion de découvrir un membre du Collectif zabriskiepoint (leur site est en construction ici), Arnaud Berlendis. Il nous montre de petites photos de New York (150 euros), un moyen de se rembourser du voyage peut-être ? Ce ne sont pas de mauvaises photos en soi mais Flickr est peut-être un meilleur endroit pour les montrer, il y a de très bonnes photos sur Flickr.

Je ne sais pas trop si La boucherie est une association, une galerie ou juste un lieu. Quoi qu’il en soit, c’est au 22 rue des porcelets et le lieu était effectivement une véritable boucherie il y a peu. Il y avait deux photographes, l’un travaille sur le thème de la « distance » (dit-il) en jouant sur la mise au point et l’autre montre des nus féminins presque noirs avec des textes. Je crois que l’exposition s’appelle Stein et co (?). C’est vraiment très Off: cette expo ne figure nulle part.

Je termine avec l‘Atelier Archipel (8 rue des douaniers) qui n’ouvrait qu’après 17 heures et montre de la photo et bien d’autres choses. C’est peut-être parmi les galeries « amateurs » celle qui présente le travail de photographie le plus abouti, celui de Philippe Lesage dont un homonyme fait de la photo de nu féminin. Ce Philippe Lesage montre plusieurs séries en noir et blanc d’une grande maturité, dans de petits formats très nets: chantier naval et port de calais font partie de ses travaux, un témoignage honnête d’une grande finesse qui ne manque pas de qualité plastique. Dommage qu’une galerie (parisienne) ne s’intéresse pas encore à son travail. Il ne dispose pas a priori de site web.

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