Rencontres d’Arles – En marge du Off – Les individuels

Le programme du Off des Rencontres d’Arles est très divers: on a déjà évoqué ici les galeries « amateurs » ou « pros » dont une partie se trouve un peu en marge et ne figure dans aucun programme. On y trouve aussi des individuels qui font en général un peu mieux que des amateurs (même si certains le sont) mais qui pourraient rester sur Flickr. A ce titre, je n’ai pas jugé utile de mettre des illustrations et le seul photographe qui sort du lot a un site web en flash :(

Les deux premiers sont vraiment Off (inscrits nulle part). William Ropp (au 5 rue du séminaire) montre des portraits de femmes africaines, comme du fusain, de belles photos comme on en voit beaucoup aussi il faut bien le dire, avec bien sûr un livre à vendre. Il y a avait un autre lieu mystère, c’est celui occupé rue des Lices (rien que ça) par Jean et Victor Picon (29 et 19 ans) où le jeune Victor présentait des photos choisies par on ne sait qui comme représentatives de leur vision de « demain ». Mouais, bof. Je ne sais pas combien leur a coûté la location de l’espace mais ils auraient pu viser plus modeste comme lieu. Il y avait aussi le travail de Arnaud Lajeunie (24 ans), une « compilation »,  donc un peu en vrac (ça se laisse voir ici). Le lendemain ils avaient ajouté un panneau mentionnant Guillaume Chauvin et Remi Hubert (le reportage bidonné à des fins « artistiques » que Paris Match a pris pour un vrai). A oublier et gageons que ce sera vite fait.

C’est une tout autre impression qui se dégage du travail plus mature de Gilles Gal (4 rue de la roquette) qui nous offre des paysages en format panorama de Beauduc, poétiques et vaporeux.

Au PCF (eh oui, il ne faut pas être sectaire) au 1 rue Portagnel on trouve six photos de l’élue communiste de Bordeaux, Natalie Victor-Retali (série désapparences – son site ici). Si vous êtes gentil comme moi et même pas membre, on vous offrira quand même des gâteaux et de l’eau, ils sont sympa les camarades :) Le plus intéressant c’est peut-être de gravir l’escalier (du 16ème siècle m’a-t-on dit) pour trouver l’expo d’étudiants farceurs autour … d’une gommette rouge: c’est une super idée car la salle est vide sauf la gommette rouge au mur et un petit texte affiché. Le texte affiché peut faire penser à un tract et le rouge de la gommette peut évoquer la lutte ce qui est marrant sur le site du PCF et c’est vrai aussi que la gommette (rouge) indique une vente réussie d’une œuvre dans une galerie, autre clin d’œil au monde marchand et capitaliste, tout indiqué pour le PCF. Et puis les plus intellos verront là comme une suite à l’expo sur les « vides » à Beaubourg ;) Le site est des farceurs est ici.

Circa (2 rue de la roquette) vend plutôt des objets anciens et de créateurs mais présentait le travail de Jordi Cuxart. Une des personnes présentes semblait se gausser d’avoir mouché un visiteur qui s’interrogeait sur la notoriété de l’auteur en lui indiquant que Jordi Cuxart avait été exposé au MoMa (où je ne sais quelle institution muséale prestigieuse américaine). C’est possible quoi qu’étonnant mais ce qui est sûr en tout cas c’est que Jordi Cuxart est inconnu de ArtNet et de ArtPrice: tout est donc dit quant à sa notoriété. Son travail représente un danseur noir sur fond noir (série homenaje al negro), un travail assez convenu.

Et vogue la galère (13 rue Molière) montrait des photos colorées de nuit de Richard b. Dupuy (série milky way) avec les lumières qui filent en raison d’une pose longue. C’est vu et revu cent fois même si l’effet coloré produit est agréable à voir.

La Galerie de poche (27 rue des porcelets) qui est vraiment minuscule et se compose de deux, euh, placards, montrait le travail de Dana et Stéphane Maitec (séries Mémoires d’un dandy et Les pinceaux de Ben-Ami Koller) dont le site web est vraiment pro et se trouve ici. C’est dans cet article le seul travail qui se détache. Visitez leur site web et passez les voir car c’est jusqu’au 15 septembre a priori. Les deux séries n’ont rien en commun et permettent de voir à la fois une caricature de dandy dans un style bling-bling éclatant avec force paillettes et « beautiful people » dans un univers très mode flashy et vaguement décadent (5 tirages géants un peu à l’étroit) et 4 photos hypersobres de pinceaux sur fond noir qui invitent à la méditation et à la réflexion. Les deux photographes sont installés à Paris. Dans les « individuels », c’est l’expo à ne pas rater.