FotoGrafia – Festival international de Rome – Un bref retour

Avant de reprendre le fil des billets sur Arles, voici un bref retour sur FotoGrafia (site ici) , le festival international de la photo à Rome (j’en rentre à l’instant et j’ai une oreille bouchée :(

En un mot, décevant. Heureusement que Rome dispose de bien d’autres attraits.

Il faut savoir que ce festival se déroule au Palais des Expositions et dans 26 autres lieux (des galeries notamment) mais en ce moment il n’y en a plus que trois ou quatre d’ouverts. Parmi ces derniers, j’ai trouvé une petite expo sérieuse (commentaires bilingues et papier explicatif) et une autre bien faite (dans une librairie, avec des explications qui se tiennent) de photos de voyage mais aussi une galerie de fermée et 5 photos se battant en duel dans une agence de je ne sais quoi. Au final, si ce petit échantillon est représentatifs de l’état des 26, c’est tout de même un peu inquiétant pour envisager de revenir.

Quant au Palais des expositions, où seule une exposition de Gérard Rancinan était déjà close, le dispositif était encore complet. Le programme annoncé (entrée payante à 10 euros) était alléchant avec des travaux des photographes issues des Académies et institutions culturelles de six pays, installées à Rome, soit près de 40 noms, une exposition de Nan Goldin (Heartbeat), une autre de Giorgio Barrera (Attraverso la finestra), une exposition collective (Mutation II Moving stills) et aussi une trentaine de photographes pour une exposition collective intitulée La Gioia. En complément, le Palais des expositions montrait (gratuitement) une exposition de Davide Monteleone, une autre de Guy Tillim et enfin le travail de Giovanni Verdezoto (les deux derniers montrait une série centrée sur Rome).

En fin de compte, si l’exposition gratuite montre bien des photos, l’exposition payante n’en montre guère accrochées aux murs: il s’agit de diaporama classique (Nan Goldin, mais il y a une justification), de visionnage sur écran LCD ou de projections géantes. Un seul fait exception à ce traitement, Giovanni Verdezoto avec des tirages papier. Vous me direz qu’après tout les photoreporters sont passés des  magazines aux cimaises alors pourquoi pas des cimaises à la diapo. Pourquoi pas en effet mais on regarde pas une projection à un rythme imposé à 4 mètres de distance comme on regarde à sa guise (en sautant une image, en passant du temps sur une autre) une photo à 50 cm de soi. D’ailleurs, je sais que les photographes (enfin au moins ceux que je connais) ne vendent pas des diaporamas ou des films mais bien des tirages…

Dans le pire des cas, les travaux semblaient très incomplets et anonymes : un seul écran LCD partagé par l’ensemble des académies, sans légende ni rien du tout. C’est un peu se moquer du monde.

Ceux qui étaient projetés sur écran géants se partageaient une même salle où coexistaient 7 écrans (un peu en hauteur) dans une cacophonie indescriptible, certains ayant sonorisé leur travail.

Quant à Mutation II Moving stills, il s’agissait de vidéos (ce qui n’est pas ma tasse de thé) que j’avais déjà vues (certes pas toutes mais bon…) au MUDAM à Luxembourg.

Au final, à côté d’Arles par exemple, le rendement coût/intérêt de la visite est désastreux. Je ne suis donc pas sûr d’y retourner l’an prochain et si c’est le cas, ce ne sera pas plus de 2 ou 3 jours et il s’agira alors d’être sélectif car la mauvaise nouvelle c’est que certaines expositions dans les galeries ne sont visibles que tardivement l’après-midi (ce qui neutralise les matinées) sans pour autant se clôturer très tard le soir. Précisons également que se déplacer à Rome n’est pas évident pour qui ne connait pas le plan des bus ou qui ne dispose pas d’un scooter (le métro pour des raisons évidente est embryonnaire) et vous comprendrez que 2 ou 3 jours c’est suffisant au regard du volume d’expositions à voir mais peut-être pas assez en terme d’organisation personnelle et logistique.

Je reviendrai plus tard plus en détail sur les travaux vus car, même si l’événement est exagérément survendu, il y avait quand même des photos intéressantes (et puis à Rome il y a plein de choses à voir :)