PHotoEspana – Festival international de photo à Madrid – Un bref retour

Je rentre de Madrid à l’instant et j’ai encore une oreille bouchée :(  Et pourquoi Madrid ? Parce que s’y déroule jusqu’à la fin du mois (un peu plus tard pour certaines expos), PHE, c’est à dire PHotoEspana (leur site ici).

Autant le dire tout de suite, le festival de Rome qui présente un intérêt pour le moins limité est battu à plate couture et Arles n’a qu’à bien se tenir. Par de nombreux aspects en effet, ce festival, qui se tient à Madrid, est bien supérieur à Arles, pourtant une référence (enfin il parait, j’ignore ce qu’il en est vu d’une capitale européenne, américaine ou asiatique).

Pourquoi ?

Tout d’abord,  ce Festival se déroule dans le centre-ville d’une capitale européenne parfaitement desservie par un métro ultramoderne (climatisé comme à Rome mais reliant directement l’aéroport au centre ville en 30 minutes – celui de Paris à côté, c’est le Tiers-Monde) ce qui aplati Arles (en gros, un village) et Rome (il faut marcher beaucoup, les transports en commun sont un casse-tête).

De plus, le tissu artistique est dense à Madrid et en conséquence, le Off, ce n’est pas la cours des miracles, c’est la cours des grands: rien ni personne ne vient « parasiter » le Festival pour tirer profit de l’événement, le Off est solide et articulé souvent autour de galeries permanentes de niveau relevé. Autre point fort, les entrées sont toutes gratuites et, mieux encore, passer 5 jours à Madrid, hébergement et vol compris coûte moins cher qu’à Arles ou à Rome sans parler du coût de la vie, bon marché (petit-déjeuner à 2 euros, repas du midi à 9 ou 12 euros sur directive de la ville de Madrid, ticket de métro aéroport centre-ville à 2 euros, etc).

Enfin, les expositions principales sont sérieuses avec des commentaires abondants en espagnol et en anglais, des cartels irréprochables et une densité de photographies à couper le souffle, j’y reviendrais mais quand je vois ce que la MEP ou le Jeu de Paume donnent à voir et pour le prix qu’ils le donnent à voir, il y a de quoi rougir (de rage pour les visiteurs et de honte pour les organisateurs français).

La logistique est également soignée (passage des sacs  au scanner, gardes et vidéo-surveillance  bien visibles, toilettes impeccables gratuites, consignes) de même que la simplicité biblique des horaires (sur ce dernier aspect, Arles est toutefois en net progrès).

Et pour finir, ici, peu de diaporamas à l’italienne mais des vrais tirages. Pas de stars aux commandes comme à Arles. Pas non plus de frimeurs à deux balles et autres trouducs qui croient décrocher la lune, que ce soit parmi les visiteurs ou de l’autre côté du comptoir. Pas non plus de cette faune de dignitaires de la photographie à parader. A Madrid, même dans les galeries prestigieuses, on vous accueille avec le sourire (et même on vous ouvre tout spécialement les portes) et on vous donne parfois gentiment un papier d’explications, même si vous êtes en bermuda.

Bravo et merci à PHE, à Madrid et à ses galéristes, pour le sérieux de ce festival doublé d’un esprit d’ouverture et de tolérance que je n’imaginais pas ! La gentillesse ça parait niais à Paris (et sans doute ailleurs) mais pour moi c’est toujours bienvenu :)

En bref, PHE c’était l’évènement photo à ne rater sous aucun prétexte et là, c’est sûr, si je peux, j’y retourne en 2010 tout comme au Septembre de la photo de Lyon (c’est tous les deux ans) qui est dans le même esprit (un peu moins institutionnel cependant).

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