PhotoEspaña – Galeries – Le tour des galeries du 22 juillet 2009

Des impératifs professionnels m’ont tenu un peu éloigné de mon clavier ces dernières semaines et il est vraisemblable que la charge ne diminue pas de sitôt.  Je n’en ai pas moins voyagé au Luxembourg (pour Photomeetings) et à Groningen au Pays-Bas (pour NoorderLicht) et j’en parlerai bientôt.

Pour le moment, il reste à terminer le récit des aventures madrilènes de cet été. Je poursuis donc avec la journée du 22 juillet, où seules les expositions officielles ont été relatées dans un billet précédent, pour passer aux galeries du « off ».

Je commence avec 5 galeries dont les travaux m’ont bien plu.

Chez Blanco Soto (Alameda, 18)  le projet de Paco Mesa et Lola Marazuela, intitulé parralele 45°25′ nord montrait des photographies prises sur ce parallèle à travers différents pays, un projet amusant que de tirer ainsi un trait sur une carte et de le suivre. Le projet montre également des cartes afin de situer la trajectoire des artistes.

Magda Bellotti (Fucar, 22) invitait Juan del Junco (série el sueno de ornitologo: cuaderno de campo). Il s’agit de très grands formats couleur présentant des oiseaux morts, toujours sous le même angle de profil, de dessus ou dessous, parfois avec une étiquette. Chaque image est composée de plusieurs photos format une sorte de damier comme un rayonnage d’entomologiste. C’est assez troublant.

Tercer Espacio (San Pedro,1) exposait Elena de la rua montre des photos couleur de formats raisonnable de plantes dans une serre, entre portrait et paysage, sauvage et domestique. Chaque photo montre un morceau de la serre qui nous rappelle qu’on est dans un cadre non naturel. Un peu triste mais un travail honnête et intéressant.

Deux galeries avaient choisi un programme asiatique. Tribeca (Maratin, 7) ne paie pas de mine mais l’espace est assez vaste et l’accueil y est tout à fait charmant. On y voyait de grands tirages de Liu Wei avec ses fameux sauts suspendus dans le temps et ses acrobaties impossibles font penser à Darzacq ou Ramette mais lui penche plutôt pour la tête en bas et des scenes de groupe. Il y avait aussi un tirage vraiment géant en trois morceaux (presque 5 mètres de long), celui où  s’envolent 10 personnes depuis une BMW. Dolores de Sierra (San augustin, 15 bajo) montrait de son côté Hong Hao et il faut préciser que la galerie s’est clairement orientée bers le marché chinois. Ses très grands formats couleur montrent une multitude de petits objets colores vu de dessous sur fond noir Certaines compositions sont presque abstraite (boutons, friandises). Cela se laisse voir, c’est très décoratif et au-delà peut-être pourra-t-on y voir un questionnement sur l’abondance de produits dans nos sociétés.

Je termine ce billet avec les propositions les moins convaincantes à mon goût.

Marita Segovia (Lagasca, 7) est une galerie mais surtout un lieu de vente d’antiquités. De fait, ce n’est pas extraordinaire comme photographies. Ion Sobera montrait un ensemble hétéroclite de vues en noir et blanc d’architecture en grand format, de petits trucs assemblés en mosaïque (comme des parasols) et des vues de port (des containers). Matias Costa présentait un ensemble un peu plus élaboré avec des paysages panoramiques aux raccords visibles et des paysages intimistes minimalistes.

Fernando Pradilla (Claudio Coello, 20) dont le site web en construction montrait Ding Musa, Vicente de Mello, Albano Alfonso, Beth moyses et Fernando velazquez mais très franchement, le caractère ultracontemporain (comprenez « minimaliste et obscur ») des travaux, qui exploitent la photographie d’assez loin et de façon extrêmement hermétique m’a laissé sur ma faim. La Fabrica Galeria (Alameda, 9) fait à peine mieux avec Ignacio Uriarte (son site énigmatique ici) qui montrait des diapos d’un décompte montrant les chiffres en lettres romaines constitués de… Stylos bic. A voir aussi des photos d’un papier blanc avec des ombres dessous. La galerie héberge des grands noms comme Marina Abramovic et Rineke Dijkstra. My name’s lolita Art (Almaden,12 bajo) montrait aussi des travaux conceptuels, avec une vidéo et des photos sur une table et sur les murs d’un type seul qu’on pourrait prendre pour un touriste. Le tout est totalement anonyme: pas de titre, pas de nom de l’auteur. Bof. En prime, surement d’un autre artiste, une photographie d’un plat où deux têtes (mouton et porc) se tirent la langue (ou, plus précisément, se roulent une pelle). Cela ne restera pas dans les annales.

Enfin, Formato Comodo (Lope de Vega, 5) ancrait son exposition dans le réel, contrairement au galeries évoquées ci-dessus, mais le caractère politique de l’exposition ne m’a pas séduit, pas plus que la forme retenue par le photographe, Alonso Gil, pour ses tirages. La politique, c’est le peuple Sahraoui. La forme, ce sont des tirages proches de l’aquarelle, sur papier à dessin. Une vidéo, interview d’un leader, complétait le dispositif.

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