Galerie Esther Woerdehoff – Sony World Photography Awards Tour et Etincelles

La Galerie Esther Woerdehoff (ici) fait partie de mes favorites et je ne rate aucun de ses accrochages mais il faut bien dire qu’au cours des dernières semaines, c’est un programme un peu faible qui nous est délivré même si, dans l’accrochage en cours quelques photographes sont à découvrir.

Le 3 octobre dernier, je suis allé voir Etincelles.

Outre le travail remarqué de Stéphanie Lacombe qui subsistait du précédent accrochage, Peter Suschitzky, John Goodman et Chris McCaw étaient invités. Hélas, le caractère un peu « en vrac » de l’accrochage et la taille réduite des formats donnaient une impression de désordre voire d’inachevé et d’abandon un peu désagréable. Quant aux pièces elles-mêmes, que dire ? Les nus de Peter Suschitzky ne m’ont pas semblé bien inspirés, les clichés de John Goodman dans le « style VU' » ne m’ont pas davantage séduit et moins encore les expériences de Chris McCaw dont le dossier presse indique « “sunburned photographs” ont été crées à l’aide d’une simple boîte percé d’un trou par lequel les rayons de soleil brûlent le papier et créent, lentement, tel un photogramme, une cicatrice tridimensionnelle dans la photographie. »

Le 17 octobre, je suis allé voir le Sony World Photography Awards Tour (site ici).

La multitude d’auteurs ne trouve qu’un espace bien réduit pour s’exprimer. Une seule photo, ce doit être la règle du jeu du concours de Sony mais, en galerie, c’est d’un effet moyen: on attend plus d’une galerie que la reproduction de photos récompensées: on attend de voir si les auteurs sont à même de construire une œuvre ou, à défaut, capable de produire un travail cohérent inscrit dans la durée et soutenu par un minimum de réflexion. Par ailleurs, parmi ces photos, certaines n’ont à mon avis rien à faire dans une galerie: tant leur finalité que leur qualité ne les destinent nullement à un accrochage.

Cela n’empêche pas que, dans cet ensemble hétérogène, quelques auteurs ont retenu mon attention et que je vous invite à aller voir pour vous faire votre opinion (cela se termine le 24 octobre),

Kosuke Okahara montrait une image d’automutilation et j’y reviendrai car j’ai vu son travail à l’occasion de Noorderlicht (à Groningen) fin septembre cette année alors même qu’il travaille pour VU’ (ici). Il faudra aussi que je raconte ce que j’ai vu au Pays-Bas.

David Zimmerman (site ici) montrait des images du désert, presque abstraites  et d’une grande pureté formelle bien servies par un tirage diasec. Dans un même registre, assez formel, j’ai bien aimé le travail de Edgar Martins (site ici) sur ses plages de nuit; il semble s’être fait une spécialité des photos de nuit. Tamany Baker (site ici) montre aussi des images soigneusement composes mais y introduit une dimension plus personnelle et intimes avec sa série wolfie montrait des petits animaux tués par son chat.

Je termine avec deux photographes qui œuvrent davantage dans le reportage: on ne manquera pas Chiara Goia (site ici) qui s’est intéressé aux ateliers de contrefaçons de sculptures en Chine et à Claire Martin (site ici) dont un portrait de drogué est à couper le souffle.