Baudoin Lebon – NU(e)S

On ne présente ce pilier de la photographie parisienne qu’est la galerie Baudoin Lebon (ici et 38 rue sainte croix de la bretonnerie). J’étais passé la semaine dernière mais c’était jour de vernissage (et de performance) donc plein de monde et donc sans intérêt (une galerie c’est fait pour voir, pas pour se faire bousculer, parler la bouche pleine ou se faire voir).

Cette fois, c’était plus calme mais il y avait tout de même un de ces prototype de parisien « suffisant et insuffisant » comme dirait Talleyrand.  Je ne résiste donc pas au plaisir de vous narrer le spectacle de l’imbécile heureux en train pérorer, gratifiant un Mapplethorpe au mur de nullité surcotée (le galériste: il s’agit d’une œuvre de son tireur et non de Mapplethorpe), faisant des commentaires sur le déclin du marché de la photographie, surtout en Europe, à cause de la crise (le galériste: j’ai vendu récemment une photo 150 000 euros à un allemand) et s’étonnant à l’annonce d’un prix que celui n’ait pas encore baissé (le galériste: 5 000 euros, ce n’est pas assez cher pour avoir baissé. Ndlr:  en effet, à ce prix là, même le trader victime de la crise peut encore s’en acheter une par mois sans crainte).

Un grand moment.

Concernant l’accrochage, baptisé nu(e)s, il n’évoque pas les nuages mais la nudité (surtout féminine). La variété reste toutefois de mise: noir et blanc ou couleur, ancien ou contemporain, artiste de notoriété internationale ou plus limitée, le regard est assuré de trouver là matière à s’ébaubir ou à réfléchir. Le seul hic, et il est de taille, c’est l’absence d’étiquette sur place et l’absence de dossier de presse sur le site web si bien que l’on ne sait pas ce que l’on regarde, ce qui est vraiment déplaisant et extrêmement frustrant. Pour couronner le tout, la liste complète des artistes n’est mentionnée nulle part sur le site, certains auteurs exposés ne sont pas représentés par la galerie ou, en tout cas, ne figurent pas sur le site web (je pense à Lucille Reyboz) si bien qu’on ne peut même pas consulter les oeuvres chez soi.

A cette réserve près, l’expo vaut le déplacement et c’est jusqu’au 5 décembre 2009.

Au sous-sol reposent quelques pièces de Shadi Ghadirian (des objets militaires ornés d’un ruban rouge).

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