59 rivoli – Stephane c. et Adam Cohen

Pour la dernière visite de la journée d’hier, j’ai choisi le 59 Rivoli que, tout comme Magnum et Paris-Beijing, je n’avais pas encore visité.

Après avoir été un squat, le lieu est devenu un immeuble bourgeois restauré à grands frais par la Mairie de Paris pour héberger gracieusement des créateurs qui se trouvent ainsi, de fait, subventionnés. Pour ma part, je ne dédaignerais pas de disposer gratuitement d’un loft ou d’un bureau rue de Rivoli, on a déjà vu plus mal comme emplacement. En contrepartie de la gratuité du loyer, tout le monde peut venir voir, également gratuitement, ce qui se trame dans ces murs. Il semble (au vu de la page web ici) que, déjà, les occupants tendent la main afin de faire payer les charges par le méchant capitaliste. Le 59 suivra-t-il le 104 comme « exemple de bonne gestion », l’avenir le dira mais ce n’est pas le sujet de cet article.

Stéphane c. (site ici, plein de Flash) exposait au rez-de-chaussée ses tirages noir et blanc dans le style VU’ (granuleux vaguement bougé, sujets borderline) un peu dans tous les formats et sans véritable ligne directrice (800 euros les 30×40 et jusqu’à 1 600 euros).  Quelques clichés émergent dans cet ensemble inégal: c’est un peu au visiteur de faire le tri. Si vous voulez voir du « style VU' », allez chez VU’.

Adam Cohen, au 1er étage, a de son côté opté majoritairement pour la couleur, ne refusant pas parfois le recours au noir et blanc. Les photos sont tirées de films, lit-on, et, de fait, une télévision est installée dans un coin (squattée par quelques visiteurs). L’ensemble des photos présentées est hétérogène et dépourvu de commentaires;  on croit discerner deux séries distinctes. Les tirages de qualité très médiocre et fortement pixellisés sont cernés d’une épaisse bordure noire et punaisés au mur, un choix qui se défend mais ce qui se défend moins c’est que les tirages seront refaits et encadrés pour un achat. On se demande bien alors quel est le propos artistique de l’accrochage et ce que veux montrer l’auteur: des tirages proprets encadrés ou des tirages crados affichés à la sauvage ? Une fois encore, tout se défend, mais il s’agit de faire un choix.

Bref, tout cela n’est ni révolutionnaire ni même inventif et ressemble à ce que l’on peut voir dans certaines galeries, on pourrait y voir un compliment mais je ne sais pas si c’est là la vocation du 59 Rivoli.

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