Maison européenne de la photographie – Jodice, von Graffenried, Poupel, Esmeraldo

J’en avais déjà parlé un peu avant (ici) mais la MEP a renouvelé son accrochage pour le printemps. Je suis donc passé le 24 avril dernier. Comme il était tard, je n’ai pas pu voir le travail de Philippe Perrin (haut et court), ce n’est que partie remise.

Tout en bas, au fond près des toilettes il y a Sérvulo Esmeraldo (avec ses Excitables) mais il y avait un peu de monde (la salle est minuscule) donc je ne me suis pas attardé. Dans l’entresol, il y a aussi  Nadia Ferroukhi sur laquelle je n’ai pas passé beaucoup de temps non plus.

Antoine Poupel (Zingaro – son site ici) montrait quant à lui des photos de cirque, surtout des scènes équestres, gâchées par des reflets sur le diasec brillant. Il n’y avait pas un chat, vite vu aussi.

Le spectacle devenait intéressant avec Mimmo Jodice et Michael von Graffenried (outing – son site ici)

Ce dernier occupe tout le niveau inférieur de la MEP et la présentation, sans être chronologique, commence par ses débuts, plutôt modestes, en noir et blanc vers 79-85. Le thème algérien est ensuite longuement développé avec des textes abondants et des coupures de presse sous vitrine: il est vrai que le photographe s’y est consacré de 91 à 2002. Quelques images aussi du Soudan datées de 1995. Et une vidéo. En dehors de la salle, deux tirages géants du Caire nous attendent. La série our town (usa 2006) est consacrée à New Bern, ville américaine très moyenne où s’établit en son temps un ancêtre de l’auteur, à travers 12 panoramiques couleurs diasec. Dans le même coin, london calling (2010) montre un panoramique de sortie de mosquée et une vidéo sur le même thème à Bricklane. Il y aussi un film avec un couple de drogués (19 minutes).

Enfin, toute une salle (rouge) est réservée à nu au paradis (88-97), une série sur les nudistes (ou naturistes, je ne fais pas la différence) mais là, on ne fait pas dans le Jock Sturges, mais plutôt dans l’animal humain ordinaire et sans grâce.

Quant à Mimmo Jodice, c’est une vaste rétrospective couvrant 50 ans de carrière (1960-2010) qui nous est proposée là, d’un grand classicisme qui tranche avec les sujets engagés que traite von Graffenried. Le comble du classique est atteint avec des photographies d’antiquités, tirées de surcroit à l’ancienne (charbon, gélatino-bromure, virage sépia, etc). C’est peut-être là aussi le plus convainquant. La salle contigüe montre un volet expérimental du travail de Jodice dont pour ma part j’ignorais tout et qui est presque sur-suréaliste. Enfin, les autres salles développent des thèmes divers: social, nature, Naples, mer, etc.

C’est jusqu’au 13 juin 2010.

Publicités