Galerie Bailly contemporain – Sabine Pigalle – Protectors

La Galerie Bailly contemporain s’est installée depuis peu rue de Seine (au 38) et reste ici aussi. Jusqu’au 26 juin, elle présente une série que je ne connaissais pas de Sabine Pigalle (son site ici), et qui s’appelle Protectors.

Comme dans les autres séries de la photographe, on reconnait un style Sabine Pigalle: une photographie léchée, propre et nette, des modèles au teint mat et clair voire presque blanc, des lèvres pulpeuses rehaussées de rouge, un grand dépouillement, un style que l’on pourrait qualifier de japonisant, très séduisant, quoi qu’un peu froid.

La série repose sur la ré-interprétation des saints des métiers, un magnifique prétexte à des compositions presque géométriques et abstraites tant les corps sont, lissés, idéalisés, et la composition structurée.

Les tirages de grand format sous diasec et l’éclairage choisi mettent en valeur ces pièces que j’imagine d’un prix coquet (diasec + grand format = cher). Ailleurs dans la galerie, de plus petits formats, en grand nombre, sont sagement alignés. Une notice plastifiée commente chaque image, une attention qu’on trouve rarement en galerie. On remarquera aussi que la photographe porte un regard fort construit sur son propre travail, à en lire son commentaire en ligne sur le site de la galerie, ce n’est pas si fréquent non plus de trouver un photographe capable d’un tel exercice de distanciation et d’explication.

Voilà une photographie à la fois commerciale (décorative et esthétique) et rattachée à un fond culturel indéniable (les saints, le nu, les corporations médiévales, le portrait flamand) qui en élargit la portée. Nul doute que cela devrait se vendre.

L’illustration ci-dessous provient du site de la galerie.