Salon de Montrouge 2010 – 55ème édition

Après une 54ème édition décevante (ici), j’ai décidé de ne pas perdre 2 heures en transports en commun pour aller (et revenir) à Montrouge et de faire une visite virtuelle du 55ème salon de Montrouge (ici) qui met en ligne un excellent catalogue classé par médium. Du coup j’ai regardé les pages 26 à 31 consacrées à la photographie.

Il y a ceux qui n’ont pas de site web ni blog ni rien: Hakima El Djoudi qui fait aussi de la vidéo et des installations,Wang Taoran & Wu Wenwen, Barbara Ryckewaert est encore étudiante (aux Arts déco), Manon Recordon est fraichement diplômée des  Beaux-Arts, Gauthier Sibillat est un photographe qui a pourtant déjà exposé. Agnès Godard n’a pas de site web non plus et comme c’est une directrice photo reconnue (elle et née en 1951 aussi) cette activité l’emporte sur le web sur son activité plus artistique. Il est fort regrettable de voir autant d’artistes, souvent jeunes, ignorer encore en 2010 le web. C’est navrant.

Ensuite il y a ceux qui sont présents mais de manière indirecte.  dric Eymenier n’a pas de site web mais ses vidéos sont visibles ici. Olivier Menanteau, photographe, n’a pas de site web non plus, mais une de ses intervention dans un colloque se trouve ici (c’est un jargon presque indéchiffrable – bonne chance au courageux lecteur). Adrien Vescovi n’a pas de site web mais un blog (ici) où il est précise que ce qui est à voir n’est pas son travail mais « ce qui tourne autour », dommage car lui aussi a déjà été exposé. Pour ceux-là aussi, dommage de laisser la parole à autrui sur le web plutôt que de la prendre soi-même franchement en montrant son travail où en le commentant.

Et puis il y a les auteurs qui ont compris qu’un site web ce n’est pas superflu, surtout pour un artiste qui s’exprime en image.

Les trois premiers n’ont guère suscité de ravissement oculaire. Julie Vayssiere n’est pas que photographe et son site web est ici. Hermann Wendler est photographe et son site est ici mais je n’ai vu qu’une seule photo (son blog est plus disert ici). Isabelle Giovacchini (site ici)  ne fait pas que de la photo, loin s’en faut.

Je termine comme d’habitude par ce qui me semble e plus convainquant (au moins depuis le web). Jean-Robert Dantou est  membre de Picture Tank (site ici), collectif bien connu: allez donc voir le site en question.  Ghizlène Chajaï (ici) ne fait pas que de la photo et elle n’ a qu’un blog mais on peut y voir quelques uns de ses travaux.

Marie Quéau, enfin, que nous connaissons (un peu) dont on travail montre l’inquiétant dans le banal, pour l’avoir découvert l’an passé à Arles (billet ici). La série paillasse visible à Montrouge (a priori, j’ai reconnu le chien qui dort) est toujours là.

Au final, pas mécontent quand même de ne pas me déplacer à Montrouge.

Galerie Images de fer – Emma Barthere – Pieds nus

Cette galerie ouverte en 2009 seulement et que j’ai découverte par hasard, à l’extrémité de la rue de seine (au 13 et ici), montrait jusqu’à hier le travail de Emma Barthere, la série Pieds nus.

Il me semblait avoir déjà vu quelque chose comme cela je ne sais plus où et le sentiment de déjà-vu dominait largement lors de la visite. Le rapprochement de jeunes femmes ordinaires et nues dans des lieux industriels abandonnés est un contraste facile, qui fonctionne plutôt bien, il faut l’avouer mais l’inexpressivité des modèles, comme posés là, donne un caractère plutôt banal à l’ensemble, passée la séduction des corps. En fin, il ne se dégage pas grand chose (illustration ci-dessous en provenance du site de la galerie).

On est à 1000 lieues d’un travail comme celui de Léa Crespi (sa page chez VU’ ici) puissant et dérangeant, où la photographe exprime avec force un contraste saisissant en se mettant de surcroit elle-même en scène, dans des postures difficiles.

Au sous-sol de la galerie, les travaux industriels, de Alain Pras continuent d’être exposés et cela vaut le coup d’œil.

Samedi 22 mai 2010 – Que de ratés :(

il y a des jours comme ça… Hier samedi, profitant du beau temps et muni de mon bel agenda des expositions photos réalisé par Le Photoculteur je me suis cassé le nez chez Magda Danysz car j’avais noté que l’expo durait jusqu’au 22 alors que ce n’était jusqu’au 15. Arrivé chez Polka j’ai oublié de visiter le sous-sol. Chez Anne Barrault je m’étais aussi trompé d’expo, de même que chez Christophe Gaillard (eh oui, Naar c’est pas chez lui, c’est chez Olivier Robert).

Il est temps de prendre des vacances.

Pour couronner le tout, la galerie VivoEquidem était fermée mais là c’est leur faute car nulle part ne figurent les jours et horaires d’ouverture, ni sur le site web ni sur la porte de la galerie. C’est pas très sérieux.

bref.

Polka Galerie – Action!

Petite visite avant-hier dans un lieu “sûr” et bien connu, Polka galerie (ici et Cour de Venise, 12 rue Saint Gilles), dans une après-midi un peu décevante (ah tiens, j’ai recopié le début d’un autre billet ;)

Dans mon empressement, j’en ai oublié de visiter le sous-sol mais l’exposition est prolongée jusqu’au 5 juin ce qui laisse l’occasion d’y retourner (éventuellement).

Dans le 1er espace d’exposition on voit accrochés ensemble Jodi Bieber (son site ici) et Jürgen Schadeberg. Le 1er avec notamment un grand tirage couleur d’une jeune danseuse et le second avec de moyens formats noir et blanc des années 70 à 90 (pas mal de portraits); tous les deux situent l’action en Afrique du Sud et se consacrent à la réalité noire. Pour ma part je connaissais surtout, de Bieber, sa série real beauties, plusieurs fois récompensée je crois.

Dans l’autre espace, on change de monde avec André S. Solidor et une série de grand formats couleur humoristiques. Elliott Erwitt (qu’on voit beaucoup, trop ?), en choisissant de se déguiser derrière ce patronyme, tombe dans la facilité un peu lourde: on quitte le clin d’œil complice qui caractérise son travail pour tomber dans le beauf photographique. Peut-être, est-ce du second degré, peut-être pas. Quoi qu’il en soit, les acheteurs éventuels apprécieront la farce (ou pas).

Deux autres séries noir et blanc étaient accrochées mais carrément dans l’espace bureau de Polka ce qui n’est guère commode, du coup je n’ai pas allongé le cou.

J’y retournerais peut-être la semaine prochaine pour voir la suite au sous-sol puisque, a priori, pas moins de 9 autres auteurs y exposent.

Affaire à suivre.

MAMCS – D’un regard à l’autre

J’ai rapidement évoqué (ici) ma petite visite à Strasbourg du MAMCS. Je vais commencer par ce qui, à mes yeux, était annexe, à savoir le musée et l’exposition baptisée D’un regard à l’autre consacrée au fond photographique du musée. Le principal c’était l’exposition Perlstein sur laquelle je reviendrai.

Il est à noter que la collection du musée peut être visualisée sur le site du musée, en ligne, ici. C’est très bien fait et il y a 967 oeuvres photographiques en provenance de 131 artistes. Du coup, je renvoie souvent vers une image du fond, depuis le nom de l’auteur.

Dans la collection permanente du musée, outre Arp et sa famille (le musée est situé rue Jean Arp), on peut voir Ernst, Miro, Kandisky, trois Picasso, un Renoir et une salle Gustave Doré avec une peinture gigantesque (la plus grande que j’ai jamais vue). A l’étage, il y a notamment quelques nouveaux réalistes (Buren, Hains, César, Arma), Baselitz, et peu de photographes (Roland Fischer).

L’exposition D’un regard à l’autre qui est terminée depuis fin avril est l’occasion de revenir sur les collection de photographies du musée des origines (ou presque) à nos jours.

L’accrochage est particulièrement désordonné comme on va le voir et on commence par la fin (chronologiquement parlant) avec des tirages géants, souvent en diasec et sylvestres (!) avec Yannick Demmerle (un sous-bois), Eric Poitevin (un immense sapin vert), Véronique Boudier (un tronc couché avec une  fille dessus), Xavier Veilhan (la manifestation – une immense image comme peinte), Jean-Luc Tartarin (bordure de foret). Ensuite on revient aux origines avec de nombreux négatifs sur papier ciré (souvent régionalistes), une belle série architecturales de Le Secq  (photolithographie sur papier) et pleins de choses diverses vers 1850. On saute ensuite très vite, par grands bonds, dans cette même salle, à Atget (vers 1890), Renger-Patzsch (vers 1930) puis Kenna (vers 1980) !

On revient ensuite à Fenton (vers 1855) et Charles-David Winter (né à Strasbourg) en 1870 en une longue série sur sa ville natale (guerre et pont sur le Rhin).

Puis se succèdent ensuite encore, de manière toujours confuse, Muybridge, Ricardo Terre, Eugène-Henri Cordier puis Baldus, Bayard et Dieter Appelt. On revient suite à un ensemble plus contemporain avec Les menines revues par Witkin, Duane Michals (le retour du fils prodigue que nous avions vu à Arles – billet ici), deux Irving Penn (cigarettes) mais aussi Julius-Edouard Schindler (vers 1875),  deux Sudek (vers 1930), Claude Batho (vers 1950), Toni Catany (vers 1970) et Adolphe Braun (vers 1850).

A l’étage, on est accueilli par Winter et Burkhard (Mexico vu de loin – déjà découvert à Paris et Lyon) puis une multitude de portraits réunis dans une même salle: Harry Callahan, Philippe Pottier, George Hurrell, Platt Lynes, Jacqueline Rau, Winter encore, Olympe Aguado, Olivier Blanckart, Nadar, Carjat, Pierre Petit et enfin Rudolf Schafer avec ses émouvants portraits de morts déjà vus à Lyon (billet ici). C’est probablement la meilleure partie de l’exposition, cohérente autour d’une thématique unique, le portrait, souvent féminin, et privilégiant les petits formats au-delà de la mode actuelle du gigantisme. C’est aussi l’occasion de faire des découvertes (ci-dessous, Jacqueline Rau), soit  de photographes méconnus soit de plus connus qu’on ne côtoie le plus souvent que via des livres et non via la photographie.

On arrive ensuite dans une salle minuscule et plongée dans l’obscurité où l’on observe des daguerréotypes sous vitrine (surtout Winter et Strasbourg). Là-aussi, c’est plutôt réussi: scénographie irréprochable et thème original. Il n’est pas fréquent de voir de telles productions: la seule fois où j’en ai vu c’était à Chalon au musée Niepce (billet ici).

La visite se termine sur un assemblage hétéroclite de nus de Jacqueline Rau (vers 38) surtout, qui côtoient 2 Muybridge, 2 Mapplethorpe, 2 Coplans (vu à Sérignan, billet ici) ainsi que Molinier et Laurence Demaison.

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Coffee company et autres lieux secondaires

J’évoquais hier une exposition honnête qui ne justifiait pas, en revanche, de se déplacer à Groningen. J’en évoquerais cinq autres dans ce billet, dont l’ampleur limitée ne mérite pas un billet pour chacune, qui se tenaient toutes dans des lieux de vie plutôt que dans des galeries. Pour une fois, je n’ai pas cherché les sites web des auteurs.

Coffee company c’est un cafe et il n’était pas indispensable d’y aller pour voir 5 photos de voyage de Harry Bos dans les Balkans (j’ai cru que c’était en Italie) installées dans le couloir menant aux wc. Chez Boekhandel Van der velde (une librairie), il n’était pas nécessaire d’aller voir de jolis paysages naturels de carte postale par Huib Ebbinge qui occupaient le 1er étage partagés avec des poteries contemporaines et des livres d’art.

Wallstreet studio n’a rien à voir avec la Bourse mais avec une rue chaude (sex shop et prostituées en vitrine – enfin bon, il y a une vitrine et un sex-shop, on est à Groningen, pas à Amsterdam). La « galerie » (une sorte de garage) abritait le travail de Walburgis Meijers: de toutes petites photos abstraites tres colorees avec pleins de ronds. Très joli. Drukkerij De Marge montrait 5 photos panoramiques de châteaux par Rein Paalman. Joli aussi.

Chez Aat#, on se retrouvait même chez l’habitant, Ada w. Sluiter, qui montrait ses photos de voyage en Afrique (un an à vélo), une dame bien sympathique par ailleurs qui porte des dreadlocks et accueille le visiteur en français (c’est toujours appréciable).

Enfin, chez Prentwerk art & artbooks, où l’on vend et achète de la musique de jazz, de vieux disques, de vieux livres d’art et de photos  on trouve les oeuvres de Wolfgang Eichler (des prostituées ?) en tirage de 100 donc à seulement 275 euros (son site ici).

Bref, une sorte de Off de Noorderlicht, bien aimable mais pas indispensable à voir non plus.

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Pictura

Voici venue l’heure du dernier article sur Noorderlicht 2009 et ce n’est pas l’exposition la plus modeste (en nombre), au contraire, avec presque 20 auteurs.

Comme sur d’autres sites, on croit que c’est petit de prime abord mais c’est une erreur. Il s’agit encore de photos d’étudiants de divers domaines de la photographie, cette fois le travail de fin d’année de la FotoAcademie d’Amsterdam. Je ne mentionne ici que les auteurs ayant un site web individuel en état de marche où figure autre chose qu’une carte de visite. L’ensemble des diplômés et de leur travaux sont de toute façon visibles sur un site collectif, ici.

Esther Buitenhuis (site ici) bâtit des compositions géométriques abstraites en diasec tandis que Gneomar van Nispen (site ici) aboutit à un résultat proche en figeant des fluides colorés en mouvement. Marjolein de Rijk (site ici) montrait des portraits aux nombreuses superpositions, très retravaillés. Marc Driessen (site web ici) montrait de banales scènes de rue. Marc Kruse (site ici) nous gratifie de photo sombres et voilées où on distingue à peine un corps féminin. Angeline Swinkels (site ici) montre  3 photos dans une communauté de hippies (enfin on dirait) et Feiko Koster (ici), un genre de gothique revisitant la bible. Katinka Schreuder (site ici) montre des panoramiques de rue où passent des gens avec des surimpressions ou reflets adroits. Paulien Kluver (site ici) montrait untrès grand portait dans l’escalier.

Karin Kohnstamm (site ici) exposait trois portraits ravissants assortis à des fleurs et Kim Mandemaker (site ici) des portraits de mode très réussis.

Tout cela au final n’est guère convainquant et les sites web ne le sont pas plus: c’est très étrange d’être si dubitatif avec le recul alors que sur le coup, l’ensemble m’avait plutôt séduit. Il est vrai que les sites web sont très approximatifs et véhiculent une impression d’amateurisme vieillot.

Deux auteurs m’ont rappelé d’autres photographes.  Eelco Hofstra (site ici) montrait un travail proche de celui de Metzger avec des vues de voiture de nuit, immobile, feux allumés sauf qu’il s’agit là de création publicitaire. Et dans le travail de Marianne Berkhoff (site ici), avec ses poulets et dindes seules ou en groupe, on se croirait (un peu) chez Petitprez, que je préfère toutefois.

Les 4 derniers m’ont semblé plus intéressants.

Peter Paul Schouten(site ici)  montrait des espace géométriques presque blancs habités parfois d’une frêle silhouette humaine floue. C’est pas mal mais le site web, pourtant pas en flash, ne permet pas de lier les images.

Dans la même veine « du blanc »,  Nadine van Den Berg (site ici) montre des paysages urbains… très blancs où evolue un personnage en blanc.