Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Bourse du travail – Diaphane

C’est gratuit , c’est Off et c’est bien, c’est Diaphane et il faut y aller dare-dare, c’est une des (rares) bonnes surprises du Off et même des rencontres. Cela se passe à Bourse du travail, à deux pas de l’accueil des touristes. L’exposition n’est pas grande mais vaut la peine et pour être franc je n’avais jamais entendu parler de Diaphane qui bosse avec les Photaumnales de Beauvais.

Martin Kollar (vu à Lyon – billet ici) dont je suis fan, montre une vache opérée et un centre d’équarrissage (c’est un peu gore). Alexa Brunet (ENSP, installée à Marseille – son site ici – il vaut la peine d’être parcouru) montre des ados souvent gentiment serrés l’un contre l’autre, plein de sensibilité. Vous me direz que tout ça c’est bien gentil mais ce n’est pas révolutionnaire. Peut-être mais ce n’est pas dénué de qualité et photographier ses fesses, une petite cuillère ou un rideau en pensant faire intelligent, contemporain, innovant ou que sais-je encore, ce n’est pas toujours un gage de réussite. Donc revenons à nos photos proches des gens qui parlent aux gens (sans médiateur culturel).

Yann de Fareins (son site très carré ici). Ses photos sont carrées, comme son site web.  Il nous montre une série (L’idée d’une femme) moins directe que ses camarades et œuvre dans la poésie en noir et blanc.

Michel Semeniako(ici) nous montre des bâtiments industriels superbement éclairés de nuit, un travail déjà en partie découvert dans les dernières Transphotographiques (billet ici) et qui est sa marque de fabrique. Il montre aussi des sculptures vues dans le même contexte, un peu plus loin dans l’expo. Nigel Green nous livre quant à lui une sorte de typologie des batiments reconstruits dans l’immédiat après-guerre après les destructions subies, une ode au béton armé et à la brique de verre.

Un écran de télévision projetait le résultat de résidence dans des lycées de plusieurs auteurs parmi la génération montante des photographes français:  Xavier Lambours, Yannick Labrousse, Luc Choquet, Ambroise Tezenas, Philippe Guionie, Awen Jones et Denis Darzacq. En cherchant leur site web, je me rends compte que la moitié d’entre eux, sauf erreur, n’en possède pas: n’est-ce pas sidérant ?

On termine avec les Photaumnales: Aurore Valade (scènes jouées par les habitants du lieu – billet sur son travail ici), Tina Merandon (corps dans de curieuses positions – intriguant), Geraldine Lay (extrait une passante dans la rue un peu comme Beat Streuli mais en moins gros plan – représentée par la Galerie du Réverbère à Lyon ici), Beatrix von Conta (un « entre deux » urbains – un peu comme Lionel Pralus l’an dernier – billet ici, également représentée par le Réverbère ici ) et Philippe Guionie (de sympathiques jardins ouvriers).

C’est une exposition facile d’accès mais pas simpliste, qui s’inscrit dans la réalité et dans le terroir (celui de la Picardie), loin des prises de tête et des esprits torturés, loin aussi des destinations prétextes alors même qu’il suffit de regarder près de chez soi.

Alors voila, faites y un tour et n’hésitez pas à acheter un livre, il parait qu’il s’en vend seulement de 1 à 4 par jour: à vous de faire remonter la moyenne ;-)

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