Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Ateliers – Atelier de mécanique

Voilà venu le temps du dernier article de ces Rencontres d’Arles 2010, consacré à  l’Atelier de Mécanique. Une vraie avalanche ici aussi mais cette fois de vraies découvertes (ça tombe bien, c’est du prix Découvertes dont il est question) sont là, même si certaines auraient mieux faits de rester couvertes.

Et d’ailleurs, ça commençait mal avec Fischli et Weiss dont le travail noir posés sur des tables sous verre était absolument invisible en raison de reflets: on peut se demander à quoi pensait le scénariste quand l’idée lui est venue. On connaissait déjà le binôme pour ses amusantes sculptures minimalistes, là on ne voyait rien.

Anne Collier montre des choses banales punaisées au mur ou dans des boites tandis que Liz Deschenes montre des  panneaux métalliques nus ou blancs sans photo. Passons. Roe Etheridge recycle des photos de magazines et crée de bizarres assemblages (je préfère le gros porc qui illustre sa page chez Gagosian). Passons encore.

On revient heureusement sur terre avec Taryn Simon (aussi chez Gagosian d’ailleurs) dont je connaissais vaguement le travail (à travers An American Index of the Hidden and Unfamiliar) mais que je voyais cette fois en vrai: des portraits de gens condamnés à tort sur un lieu signifiant pour eux (le lieu du crime par exemple). C’était incontestablement à voir et bien éloigné de l’intellectualisme pénible de ses voisins. La série est visible dans un livre, The Innocents.

Hans Peter Feldmann exposait aussi un projet intéressant quoi que moins politiquement engagé et dans la veine germanique de la série / typologie avec une  photo par an de ses amis de 0 à 101 ans, même cadre même étiquette en petit format noir et blanc. Chaque âge est donc illustré par un portrait soit 101 (euh, ou 102).

Viennent ensuite deux auteurs qu’on se passera de commenter. Kazuo shinohara photographie des rues. Darius Khondji montre surtout des photos de lumière avec du filé, la pluie de nuit. J’ignorais qu’il s’agit là de découvertes. La situation ne s’améliore pas avec ce qui suit: une longue traversée du désert pour qui n’est pas féru d’art contemporain (si c’est de cela dont il s’agit). Trisha Donnelly montre 3 photos seulement dans une salle immense et une vidéo. Shannon Ebner reste aussi pour le moins conceptuel et échappe à la description. Marlo Pascual montre une installation avec projos, diasec cassé, chaise sur table, etc. Gilad Ratman nous gratifie d’une vidéo avec des têtes qui sortent des arbres.

Brève éclaircie avec Solmaz Shahbazi dont les manèges au Disneyland de pacotille iranien et vide (dreamland) sont un curieux mélange de détresse et de bonheur coloré.

On poursuit avec  Annette Kelm qui montre une femme avec un cafe comme nu film (en 6 images) et Elad Lassry, très conceptuel aussi. Je ne m’acharnerais pas sur Leigh Ledare, déjà vu l’an passé où il montrait sa mère en pleine frénésie sexuelle: cette fois c’est son ex qu’il nous montre avec pénis et sperme bien sûr pour faire bonne mesure.  A l’heure du porno en libre accès sur le net et après les années de liberté sexuelle des décennies passées, il ne choque pas et reste seulement sans intérêt avec un étalage plutôt misérable.

Ah oui, tiens, j’allais oublier Gassian avec des photos de rock, mais ce n’est pas grave.

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