Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Ateliers – Atelier de maintenance

L’Atelier de Maintenance, en cette 41ème édition des Rencontres d’Arles fait partie des grandes déceptions. Il regroupe deux ensembles sans points commun, d’une part les travaux de Jean Pigozzi et Michel Campeau et, d’autre part, une exposition baptisée Shoot!

Le 1er volet, j’en ai raté la moitié ce qui ne m’a pas mis de bonne humeur: pour une raison inconnue j’ai raté le travail de Michel Campeau. En revanche, j’ai bien pu voir le travail de Jean Pigozzi que j’aurais mieux fait en revanche de rater. la vie est mal faite. Pigozi montre 125 petits formats noir et blanc de people et de lui: du Martin Parr en format réduit, sans le génie des couleurs ni l’humour corrosif. Vous me direz que reste-t-il alors à voir? Un concentré de beaufs. J’ai vu par ailleurs que le photographe est un homme d’affaires brillant et un collectionneur émérite d’art africain: le décalage n’en est que plus saisissant.

Quant à Shoot!, bien que montée par Clément Chéroux, pointure en son domaine (ENSP, doctorat en histoire de l’art, conservateur au Centre Pompidou, etc), c’est aussi une déception. Non pas que la sélection ou l’accrochage soit critiquable, au contraire, non, il a fait de son mieux. Ce qui est dommage c’est le thème: une tête d’épingle dans une botte de photographie, un sujet moins que mineur, à la frange de la marge de la bordure de l’univers photo.

L’origine du sujet c’est le tir photographique c’est dire un dispositif qui permet dans un jeu de foire, de tirer sur une cible et d’avoir à cette occasion un portrait de soi. Ce genre de distraction, né dans les années 20 s’est à peu près éteint dans les années 70. L’exposition commence donc par des cartes postales d’anonymes couvrant cette périodes. Vient ensuite la vie au stand de Ria van Dijk, grande amatrice du genre, photographiée pendant plusieurs décennies (!) occupée à son jeu favori. Sylvia Ballhause joue aussi la durée avec 29 polaroids de la même personne réalisés sur une durée de  24 ans.

Des diapositives montrent aussi quelques célébrités en plein exercice de tir: Brassai. Eluard, Man Ray, Cartier-Bresson.

Après cet aller-retour entre ancien et nouveau on revient à une époque plus contemporaine et on s’éloigne du coup du tir photographique pour en venir à ceux qui utilisent un fusil dans des expériences photographiques, des héritiers en quelque sorte du tir photographique.

La jointure est assurée par une vidéo de Nikki de Saint Phalle tirant.

Emilie Pitoiset montre 3 tirs retravaillés tandis que Jean-Francois Lecourt tirent dans des photos et dans l’appareil. Rudolf Steiner tire quant à lui sur sur un stenope qui crée un trou dans la boite et le film: du coup, on le voit en train de tirer. Agnès Geoffray montre une femme egardant dans le canon de son fusil. Patrick Zachmann montre une suite de photos qui retrace l’instant précédant le moment où il se fait tirer dessus en reportage (impressionnant). Oskar Bony se fait tirer dessus aussi mais fictivement: l’autoportrait le montre tombant avec grâce comme un gangster dans un fil noir tandis que la vitre et la photo sont marqués d’impacts.

De tout cela, les trouvailles sont rares, peut-être Zachmann et Saint Phalle.

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