BNF François-Mitterrand – Grande Galerie – La France de Raymond Depardon

La BNF expose sur son site François-Mitterrand « La France de Raymond Depardon ». Le photographe qu’on ne présente plus, sorte de monument national, livre ici 36 tirages géants magnifiquement éclairés, sans le moindre reflet, dans une vaste salle toute blanche. On ne pourra que regretter le prix d’entée, exorbitant, à 7 euros. Vous me direz que 7 euros ce n’est pas beaucoup, oui, en effet, mais à Madrid, ma référence fétiche, des expos supérieures en volume et qualité sont d’accès gratuit. Je me demande donc à quoi servent mes impôts: peut-être sont-ils passés dans le bâtiment prétentieux qui héberge l’expo ou passeront-ils bientôt dans une initiative de scanérisation française visant à concurrencer Google,qui sait ?. Bref.

Le photographe l’écrit dans la revue de la BNF et l’indique à nouveau sur les cartels: c’est un choix évidemment délibéré que de se consacrer, cette fois, au paysage et non aux hommes, et de livrer un portrait de la France des sous-préfectures. Du coup, il manque quelque chose et on l’impression qu’on s’est arrêté dans la France des années 50: celles des 2CV, des bourgs avec leurs petits commerces et les prés alentours, la France des rivières, des lacs et des côtes sablonneuses ou abruptes. Une France figée dans un passé rassurant, rurale, traditionnelle, échappant à toute transformation.

Dans cet exercice, Depardon réussit parfaitement son travail de reporter documentaliste, mais on se demande s’il ne s’agit pas là moins d’un portrait actuel de la France que d’un travail de recherche de vestiges de la France d’hier dans la France d’aujourd’hui. Ce travail, laborieux, est éclairé dans la suite de l’exposition par une vue sur les coulisses: l’appareil du photographe, des négatifs mais aussi des cartes annotées et, surtout, ses cahiers de repérage (de banaux cahiers d’écolier) sont visibles. On peut aussi voir des photos du photographe en action sur le terrain. Ce n’est pas souvent qu’il est donné à voir de tels objets et situation.

Naturellement, les sources de Depardon sont également montrées (brièvement) avec Evans et Atget par exemple ainsi que certains travaux plus anciens qui sont des prémices des travaux exposés mais en noir et blanc. Un panneau est d’ailleurs consacré à cette bascule à la couleur, réalisée à Berck, avec des photos des mêmes sujets réalisées à la fois en noir et blanc et en couleur.

Le visiteur est aussi accompagné dans le repérage des photogrphies exposées avec des vues en diapositives exposées en fil de fer à huteur des yeux précisant le nom des lieux photograpgi&s et exposés dans la grande salle.

Au final, une exposition intéressante qui saura plaire au grand public comme aux amateurs plus avertis. Outre le prix, on regrettera aussi le comportement de quelques visiteurs, depuis la pétasse racontant sa vie sur son mobile jusqu’au « oh, t’as vu, c’est là qu’on était en vacances » en passant par les parents trainant de jeunes enfants manifestement fort peu intéressés et le faisant savoir.

Quoi qu’il en soit c’est à la BNF jusqu’au 9 janvier 2011. Et si, contrairement à moi, vous avez pas mal de temps devant vous en allant voir Depardon, vous pouvez aussi regarder les photos du collectif France14 qui sont visibles jusqu’au 20 novembre 2010 et que j’avais pour ma part ratées à Arles …si bien que je vais devoir retourner à la BNF.

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