Musée d’art moderne de la ville de Paris – Larry Clark – Kiss the past hello

Contrairement à hier, il n’y avait pas de grosse queue dehors devant le MAMVP du coup je suis entré (délesté de 5 euros). Comme je suis tout ridé, je n’ai pas à justifier que j’ai plus de 18 ans puisque, rappelons-le, l’entrée est interdite aux mineurs (ce qui fait que de nombreux actifs inoccupés d’Ile de France comme dirait l’INSEE pissent de l’encre sur du papier et des électrons sur le Web de manière assez vaine sur le sujet).

Du travail de Larry Clark je ne connaissais que quelques images cultes et le titre d’une de ses séries, Tulsa, rien de plus. L’expo commence par des photos de sa mère, ou plus exactement prises pas sa mère. C’est assez pitoyable, entre photos de chiens habillés et bambins à quatre pattes.

En suite arrive le dur du sujet, Tulsa, avec au fond de la salle le film du même nom (64 minutes, à réserver aux fans absolus). Il y a assez peu de photos et j’ignore si la série est complète: on y voit peu de sexe et beaucoup de piquouses, c’est un peu effrayant tout de même, non que les scènes soient saignantes mais la misère sociale est palpable.

Après, on voit Teenage Lust qui est pour l’essentiel un mélange de scènes de nus qui vont du naturisme à la la pornographie en passant par les gros plans gynécologiques. Cela m’a fait penser à Arles en 2009 quand on projetait The ballad for a sexual dependency de Nan Goldin aux Ateliers( il y avait une lise en garde à l’entrée, rien de plus). Sauf que là, avec Larry Clark, il s’agit de très jeunes gens.

Un peu plus loin, on voit 1992, qui se présente sous forme d’une mur entier couvert d’une mosaïque de photos montrant un jeune homme peu habillé (sexe plus ou moins à l’air) mimant le suicide par arme à feu et pendaison. Une série plutôt malsaine, comme le reste, même si l’éphèbe présenté fait davantage penser à un simulacre porno-soft pour Vogue qu’à une enquête dans un quartier chaud. En face, c’est I want a baby before u die: une vitrine accroché au mur qui présente coupures de journaux, photos et diverses cochonneries. Au fond de cette 2ème salle se trouve des photos de grands format en couleur où chacune est accompagné d’un autocollant en vis à vis: Punk picasso. C’est la seule série qui ne soit pas malsaine et reste dans le domaine de l’ordinaire: je ne sais si(il faut s’en féliciter ou non.

Dans la 3ème et dernière salle, c’est Los Angeles en grand formats couleur (Larry cède au contemporain) où l’on nous donne à voir un latino plus ou moins à poil avec ses copains et copines et puis aussi franchement à poil et de face.

Au final, entre provocateurs, je préfère Nan Goldin qui a fait la preuve, avec le travail sur le suicide de sa sœur, de sa sensibilité au-delà d’une approche frontale et brutale des milieux et pratiques les plus glauques. Chez Clark, il n’y a aucun espoir: on oscille entre la drogue et les armes;  le sexe (surtout masculin), est réduit à un organe projeté à la face du public et la sexualité (des adolescents) réduite à la pornographie de la pénétration et à la masturbation.

Au final, une exposition à réserver à un public averti, amateur d’histoire de la photographie, qui risque autrement de bailler d’ennui devant un tel spectacle.

Quant à la question est-ce une bonne chose d’avoir interdit l’exposition aux mineurs: la réponse est oui puisque cela préserve l’intégrité de la présentation. Il est clair que faute d’une telle mesure de protection d’ensemble il aurait fallu isoler les clichés pornographiques et mettre un disclaimer ce qui aurait rompu la cohérence de l’ensemble.

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